• Les physalies sont arrivées sur la côte ouest du Cotentin

     

     

     

    Les physalies sont arrivées sur la côte ouest du Cotentin

     

     

    Il y a quelques semaines déjà, c’est la Bretagne qui était touchée. Aujourd’hui elles sont arrivées jusqu’à Sciotot et Siouville-Hague.

    Galères portugaises, Physalies ou Vessies de mer (Physalia physalis) est une espèce de siphonophore marin, c’est-à-dire une colonie comportant quatre types de polypes soutenus en surface par un flotteur de 10 à 20 cm. Malgré les apparences, ce n’est pas une sorte de méduse.

    Elle fait partie du neuston, cette catégorie d’organismes aquatiques liés à la surface. De ce fait, bien qu’elles vivent habituellement dans les mers tropicales et subtropicales, les vents dominants peuvent les déporter sur de grandes distances, notamment vers les côtes européennes où l’on assiste certaines années à des échouages massifs.

     

    PhysalieCrédit : François Moiteaux

     

    La physalie et l’Homme

     

    Le venin de la physalie (physalitoxine) est dangereux pour l’homme. L’envenimation se traduit par une douleur intense, accompagnée de multiples symptômes : douleurs musculaires locales ou généralisées, gêne respiratoire, crise hémolytique aiguë et défaillance rénale ; elle peut même déboucher dans certains cas sur la mort : la dose létale de physalitoxine chez l’homme est de 0,2 mg/kg. Les animaux échoués sont encore dangereux, et ne doivent pas être manipulés sans protection.

     

    Attention, lorsqu’une physalie Physalia physalis est échouée sur une plage, il ne faut surtout pas la toucher ni la ramasser sans précaution : les tentacules conservent leur pouvoir d’envenimation très longtemps, jusque 2 mois suivant le décès ! Même si les brûlures sont graves, elles sont rarement mortelles, au contraire de ce qui peut exister avec certaines méduses. Régulièrement, le traitement médical d’urgence est nécessaire et les blessures peuvent prendre des semaines à guérir. En cas d’envenimation marine, allez directement à un poste de secours sans vous frotter sinon, la situation empire ! Pour retirer les restes des tentacules, on enduit la surface touchée de mousse à raser qui va détacher les morceaux de tentacules de la peau : il reste alors à supprimer l’ensemble avec un bout de carton rigide ou même une carte bancaire peut aider à cette dernière opération.

     

    PhysalieCrédit : François Moiteaux

     

    Structure

     

    Le flotteur, un pneumatophore, est une sorte de ballon ovale translucide et quasi symétrique avec une ligne de crête aux couleurs de l’arc-en-ciel avec une tendance vers le pourpre, le vert, le bleu et le violet.

    Ce pneumatophore permet à la Physalie de se déplacer grâce aux courants marins et au vent. Il est rempli d’air mais peut contenir une teneur certaine en monoxyde de carbone (jusqu’à 13 %), produit in-vivo. Pour échapper à une attaque venue de la surface, le pneumatophore peut être dégonflé permettant ainsi à la Physalie de plonger brièvement.

    Sous les flotteurs partent de multiples filaments de plusieurs mètres de long (10 mètres en moyenne, mais pouvant atteindre 50 mètres). Extrêmement urticants, leur brûlure est plus intense que celle de l’ortie et peut provoquer un état de choc chez ceux qui en sont victimes dans l’eau. Le poison est produit par les nématocystes des cnidocytes et peut tuer de petits poissons, proies qui seront attirées vers et digérées par les gastrozoïdes (un des types de polypes de la colonie).

    Les filaments microscopiques, les nématocystes, peuvent conserver leur pouvoir urticant longtemps après la mort de l’animal.

     

    PhysalieCrédit : Anne Capart-Bisbrouck

     

    Habitat et répartition

     

    Cet animal vit principalement dans les mers tropicales et subtropicales des océans Atlantique et Indien (même si certaines autorités constituent cette population en une espèce distincte, Physalia utriculus). Des individus isolés peuvent cependant être transportés par les vents et les courants jusqu’aux plages françaises, généralement en fin de vie.

    La Physalie évolue en masse simultanément, généralement en pleine mer (les échouages sur les côtes sont généralement accidentels). Sous les tropiques, on peut rencontrer des bancs formés de plusieurs millions d’individus.

     

    PhysalieCrédit : Anne Capart-Bisbrouck

     

    Reproduction

     

    La reproduction est assurée par les gonozooïdes, un des quatre types de polypes de la colonie. Les nouvelles colonies sont formées par bourgeonnement où des polypes se séparent de la colonie principale, donc de manière asexuée. La reproduction a lieu principalement entre le printemps et l’été, et les larves sont planctoniques.

     

    Physalie

     

    Alimentation

     

    Certains des polypes qui ont une forme de tentacule sont constitués de cellules urticantes capables de paralyser des poissons. Ensuite, d’autres polypes également à forme de tentacules transportent le poisson paralysé jusqu’à d’autres polypes spécialisés afin que celui-ci soit digéré. Elles consomment aussi des crevettes, des copépodes et d’autres petits crustacés.

     

    Physalie

     

    Cet animal connu et redouté depuis longtemps possède de nombreux surnoms : vessie de mer, galiote portugaise, galère portugaise, méduse cerf-volant… Le nom le plus courant, traduit tel quel dans les autres langues (anglais, espagnol, allemand, néerlandais) est « galère portugaise », du fait de la vague ressemblance avec les « galiotes » portugaises, petites galères à voile ronde.

    Pour son nom scientifique, Physalis signifie « vessie » en grec.

     

    Physalie

     

    Wiki

    Lebosco