• Pourquoi traverser l’Atlantique à la godille ? Faisable ou pas

     

     

     

    Pourquoi traverser l’Atlantique à la godille ? Faisable ou pas

     

     

    Atlantique à la godille

    Atlantique à la godille

     

    À Trébeurden, dans les Côtes-d’Armor, Hervé Le Merrer, marin expérimenté, se consacre depuis deux ans à la préparation de son nouveau défi : traverser l’Atlantique à la godille en 40 jours et en solitaire, du Cap Vert à la Martinique. Il naviguera à bord d’une petite embarcation de 5,60 mètres, avec un aviron high-tech.

     

    Un Homme : Hervé Le Merrer

     

    Atlantique à la godille

     

    Hervé Le Merrer est un habitué de l’Atlantique. Il en connaît les joies, mais aussi les pièges. Ce skipper de Trébeurden (Côtes-d’Armor), a 48 ans et est skipper professionnel depuis 1989. J’ai été capitaine de Fujicolor, de l’Albarquel, de Damoiselle… et aujourd’hui du bateau Port de Gravelines (ex La Poste). J’ai traversé l’Atlantique à 21 reprises en solitaire ou en équipage. J’ai eu la chance de naviguer sur des bateaux d’exception, de restaurer des vieux gréements et aussi de construire mon propre bateau, le premier de la série des POGO pour la mini transat 1993. J’ai gagné le prologue de l’édition 1997 de la mini transat où je terminais 20ème et aussi, en équipage, les trois étapes du tour d’Islande en 2004.

    Fin novembre, il s’envolera en direction de l’île de Hierro, la plus petite des îles Canaries. C’est de là qu’il appareillera « vers le 15 décembre, en fonction des conditions climatiques », pour son nouveau défi : la traversée de l’Atlantique à la godille en quarante jours.

     

    Un pari fou, pourquoi traverser l’Atlantique à la godille ?

     

    Après des années de voyages en Afrique, en Amérique du Sud, dans les Caraïbes… je suis revenu en Bretagne et j’ai redécouvert le plaisir de la godille, que j’avais apprise à 15 ans à l’école de voile. Presque tombée en désuétude alors qu’elle peut être utile dans bien des situations. La godille consiste à propulser un bateau avec un aviron placé à l’arrière. C’est un moteur écologique en somme. Pour l’anecdote, en 1997 pour rejoindre la ligne de départ de la mini transat j’avais sorti mon bateau à la godille…

     

    Atlantique à la godille

     

    « Je godillais depuis toujours, mais j’ai découvert que cela pouvait être aussi une grande discipline sportive. » Il y a deux ans, dans le Finistère, terre de godille, naît le projet d’une traversée de l’Atlantique à la godille. « Un pari fou, mais tout à fait faisable. »

     

    Atlantique à la godille

     

    La godille n’a encore jamais été expérimentée au large et c’est le défi que je me lance aujourd’hui à la fois pour vivre la mer avec lenteur, éprouver l’Atlantique différemment et pour faire connaître cette pratique magnifique, écologique et sportive.

     

    EIZH AN EIZH, un bateau breton

     

    Avec l’aide de l’architecte Serge Gabriel, « Nous avons imaginé et réalisé plusieurs plans de bateaux, avant de concrétiser ce modèle. » Cette embarcation de 5,60 mètres, qui ressemble beaucoup à une caravelle, a été baptisée Eizh An Eizh (« Huit à huit », en breton, comme le mouvement de la godille). Il est adapté à une navigation en haute mer avec du courant et des alizés porteurs.

     

    Atlantique à la godille

     

    Il s’agit d’une réalisation en contreplaqué stratifié, « la solution la plus économique, si on se plante, il vaut mieux le faire avec un petit budget ». Mais les économies ne concernent pas la sécurité : « Le bateau est insubmersible et indéchirable sous la ligne de flottaison, avec à bord des moyens de communication modernes. »

     

     

    Une Première, du Cap Vert à la Martinique

     

    « Nous allons traverser la Manche, au printemps, avec quatre godilleurs, de Yealm à Trébeurden. » Un périple de 100 miles, « avec un objectif de moins de 40 heures ». Pendant l’été, Hervé Le Merrer et son équipe vont faire le tour de Bretagne en cabotage, pour promouvoir la godille de port en port et parler de son projet, explique-t-il. Le challenge, lui, est prévu pour l’hiver prochain : « Je vais tenter la traversée de l’Atlantique à la godille en solitaire, du Cap Vert à la Martinique. »

    Je partirai de l’île d’Hierro aux Canaries en décembre prochain pour rallier La Martinique soit une distance de 2700 milles. Mon objectif est de parcourir 30 milles par jour en godillant 8 heures par 24 heures (par séquence de 10 minutes environ) et en profitant des courants et des alizés. Si je respecte cette moyenne, je devrais mettre 50 jours pour arriver au port du François, où j’ai eu le bonheur de vivre et qui est mon objectif si les conditions météo le permettent à l’abord de la Martinique.

     

    Atlantique à la godille

     

    Le cockpit du Eizh An Eizh a été diminué pour créer un sas. À l’instar des sous-marins, les deux portes étanches permettront de garder l’intérieur hors d’eau. À l’extérieur, le marin godillera dans un trou dessiné pour cet usage. L’embarcation sera équipée de deux ballasts à l’arrière. « L’important est de pouvoir retourner rapidement le bateau en cas de chavirage. » Des essais de retournement auront lieu avant le départ, dans le port de Trébeurden. À l’intérieur, des équipements vont être réalisés pour bien caler l’ensemble des containers et du matériel, « pour éviter les coups dans le mauvais temps ».

     

    Un aviron high-tech

     

    Parmi les problèmes techniques à résoudre, celui de l’aviron n’est pas le moindre : « Sa longueur est de 3,75 mètres. Pas facile à ranger dans mon embarcation. » D’autant que ce n’est pas un aviron qu’Hervé devra embarquer, mais cinq, « en cas de casse ou de perte dans le mauvais temps ».

     

    Atlantique à la godilleL’aviron a été conçu numériquement par Éric Toullec.

     

    Le navigateur relève aussi que le confort doit être pris en compte, à raison de plusieurs heures de godille par jour, pendant de longues semaines. Gain de place, solidité, légèreté et confort font donc partie du cahier des charges qu’il a confié à son copain Éric Toullec. Entre deux contrats pour Yamaha, ce designer de véhicules basé à Trébeurden a accepté d’apporter son appui technologique pour la réalisation des avirons : « Les matériaux composites – fibre de verre et carbone – ont apporté gain de poids et amélioré l’énergie, ainsi qu’une solidité à toute épreuve », assure-t-il.

     

    Atlantique à la godille

     

    La godille sera montée en deux parties, la pale et le manche étant fixées et tendues par un filin interne : « Cette solution permet de démonter l’aviron pour le ranger dans le cockpit. » La ligne de vie interne peut également « modifier la flexibilité de l’engin par tension, suivant l’état de la mer. » Le manche, en « raquette », devra apporter un confort d’utilisation, et permettre d’y loger un GPS, visible en permanence pendant la navigation.

     

    Atlantique à la godille

    Premier test

     

    Le premier prototype de l’aviron a été testé lors du « championnat du monde de l’île de Groix ». Quelques modifications devront y être apportées, pour rendre la godille « un peu moins sportive, plus basée sur l’endurance ».

     

    Atlantique à la godille

     

    Hervé Le Merrer espère arriver au mois de février à la Martinique. En attendant, il reste au navigateur un challenge de taille : « La recherche de sponsors pour financer le projet », soutenu par la municipalité et le Yacht-club de Trébeurden et parrainé par Patrick Poivre d’Arvor.

     

    Un Parrain

     

    Patrick Poivre d’Arvor a accepté d’être le parrain de mon bateau. Et j’ai eu la chance de le rencontrer lors d’un dîner au restaurant L’Embarcadère de Perros Guirrec (22) tenus par mes amis, les chefs Louis Leroy et Aurélien Brodic.

     

    Atlantique à la godille

    J’ai besoin de votre soutien !

    Je travaille sur cette aventure depuis 1 an et demi et j’ai pu construire le bateau et les avirons grâce au soutien de partenaires et de bénévoles mais aujourd’hui j’ai encore besoin d’un minimum de 8 000 € pour acheter les équipements essentiels au bon déroulement de la traversée : (dessalinisateurs, panneaux solaires, balise de détresse, combinaison de survie…), la nourriture pour la traversée et assurer le transport du bateau par ferry jusqu’à l’île d’Hierro.

    C’est un premier objectif essentiel et vital pour moi. Chacune de vos contributions, quelques soit le montant sera la bienvenue.

    Si je collecte 10 000 € je pourrai bénéficier d’équipements plus perfectionnés notamment en ce qui concerne le GPS, l’Iridium…

    Si je collecte 12 000 €, je pourrai investir dans du matériel informatique et audiovisuel pour filmer et raconter mon aventure !

     

    Votre éléphant sur l’Atlantique

     

    Parmi les contreparties que je vous propose, il en est une qui me tient particulièrement à cœur, c’est « votre éléphant sur l’Atlantique ».

     

    Atlantique à la godille

    J’ai été marqué lors de mes séjours en Afrique par les massacres dont les éléphants étaient victimes. Comme je l’avais fait lors de la mini transat en 1997, où j’avais reproduit sur la coque de mon bateau un batik africain avec des éléphants, je souhaite à nouveau attirer l’attention sur l’importance de la sauvegarde de notre environnement et des espèces en danger. J’emmènerai symboliquement vos éléphants sur l’Atlantique.

    Chaque éléphant porte son numéro et est apposé sur la coque. J’espère qu’ils seront nombreux à m’accompagner et ne vous inquiétez pas, ces éléphants-là ne sont pas très lourds !

     

    Atlantique à la godille

    Atlantique à la godille

    Atlantique à la godille

     

     

    Pour donner un coups de main, allez visiter le site : https://kengo.bzh/projet/latlantique-a-la-godille

    Contact : Hervé Le Merrer, tél. 06 28 01 05 44. Page Facebook : l’Atlantique à la godille

     

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