• Quelques conseils pour piloter son bateau à moteur en mer

     

     

     

    Quelques conseils pour piloter son bateau à moteur en mer

     

     

    En mer et face à une vague se dirigeant vers votre bateau, il faut se dire que l’on a 2 solutions : battre en arrière le plus rapidement possible (on braque et on met la gomme !) ou affronter la vague TOUJOURS de face !

    Quelles que soient les conditions de navigation, lorsqu’on pilote un bateau rapide il faut respecter la double consigne de sécurité, qui demande de toujours garder une main sur le levier de gaz et de se raccorder au coupe-circuit.

    Il est préférable de ne pas trimer en positif, car la carène étant plus plate dans sa moitié arrière elle frappe sèchement l’eau. Si, au contraire, on fait « travailler l’étrave », la coque se maintient plus à plat et assouplit les chocs grâce au V plus marqué des formes avant.

     

    piloter son bateau

     

    C’est la situation la plus éprouvante, principalement à bord d’une coque planante conçue pour aller vite. Il faut en effet lui conserver une vitesse compatible avec un bon équilibre, tout en évitant un trop grand inconfort. Dans ces conditions, le pilote a beaucoup à faire. L’observation du plan d’eau loin devant le bateau lui permet d’anticiper sa conduite face à chaque vague qui se présente. En ralentissant avant d’atteindre la crête, il limitera l’effet de tremplin et l’amplitude du saut qui en résulte. Après avoir ainsi « arrondi » le passage de la vague, il pourra accélérer juste avant la retombée du bateau dans les creux afin d’éviter un à-coup dans sa progression à la rencontre de la vague suivante. Le réglage des trims et des flaps en position plus ou moins négative permettra de maintenir l’étrave du bateau au contact de la mer. Attention, toutefois, à certaines coques au V profond, très sportives, dont les formes avant sont tellement fines qu’elles risquent d’enfourner même par mer de face si l’on ne trime pas en positif.

    Les carènes semi-planantes et les carènes à déplacement des pêche-promenade, pêche-croisière et trawlers sont moins exigeantes et s’équilibrent nettement mieux à vitesse réduite face à des vagues courtes, que les carènes planantes. Leur poids et la façon dont travaille leur étrave les rendent pour la plupart nettement plus confortables que ces dernières par mer de face.

     

    En images :

     

     

    Pour faire le choix de fuir ou affronter la vague, il faut rapidement analyser la situation en identifiant le type de vague, les limites de votre bateau, vos capacités à gérer la situation et un éventuel plan de sortie, si ça tourne mal !

    Si c’est de la houle, il faut adapter sa vitesse à la taille de la houle, aux capacités de votre bateau et à votre capacité à gérer le croisement de ces facteurs (feeling !). Une allure faible rendra le bateau assez mou dans la houle et entraînera trop de roulis et de tangage donc n’hésitez pas à partir légèrement à l’hydroplane pour piloter son bateau sur la mer et casser la vague. Il se peut que le bateau prenne de plus en plus de tours/min, qu’il décolle par succession de rebonds et que vous ne sachiez plus gérer les chocs dus aux rebonds combinés à la sensation d’apesanteur donc…si vous n’avez pas l’habitude, pensez à garder une main sur les gaz pour couper à tout moment la vitesse et réaccélérer tout de suite !

     

    Mer de l’arrière

     

    Dès que la mer vient de l’arrière du travers, et jusqu’au plein arrière, le bateau est soumis à des accélérations liées au passage des vagues. À voir la moustache d’écume que soulève l’étrave lorsque le bateau dévale sur le flanc des vagues, le pilote discerne vite où se situe le risque d’enfournement. Il apparaît essentiel de relever l’étrave en usant du trim ou des flaps si l’on en dispose. C’est ainsi que les coques planantes pourront continuer à faire route relativement vite en raison de leur maniabilité et de leur vivacité. Les plus lourdes restent cependant les plus exposées à l’enfournement, même si leur étrave tulipée leur apporte une aide efficace.

    Certaines vedettes semi-planantes sont délicates à piloter dans ces conditions. Avec elles, il faut éviter d’atteindre la vitesse critique à laquelle leur quille occasionne des lacets qui les rendent difficilement contrôlables. Il en est de même des vedettes à déplacement, pourtant nettement moins rapides, mais dont « l’assise » dans la mer favorise, lorsque les vagues les rattrapent, un soulagement marqué de la poupe qui oblige à une incessante anticipation de leurs embardées, afin de limiter l’amplitude des manœuvres de barre.

    On pourrait dire que piloter son bateau, c’est adapter sa vitesse en fonction de ses réactions face à l’état de la mer. Mais ça ne suffit pas. Car la mer est changeante et chaque type de bateau fait preuve d’un comportement particulier. Le pilotage n’est donc pas une affaire si simple …

    Si c’est une déferlante…attention à vous !

     

    Vérifiez si la hauteur de la déferlante est supérieure à celle de vos francs bords. Si c’est une petite déferlante, pas de problème, vous sentirez un peu le mouvement. Si elle vous impressionne fortement, regardez rapidement si vous pouvez contourner la situation et si c’est le cas, faite le au plus vite…Courage FUYEZ!!!

    Vérifiez la puissance de la vague en évaluant la taille de l’écume à la crête (plus le rouleau est grand et blanc, plus c’est violent !).

    Selon la finesse de l’étrave, le risque d’enfournement peut commencer à se manifester, bien qu’il ne s’agisse pas encore de départs au surf. Il est prudent de relever un peu l’étrave en réglant le trim autour de la position neutre en fonction du comportement du bateau.

    Vérifiez si d’autres déferlantes suivent la première qui se présente à vous et leur puissance. Si la situation ressemble à un champ de bataille, préparez-vous à essuyez quelques sueurs !

     

    Si c’est trop tard ou si vous n’avez pas le choix, alors :

     

    Faites-le plus possible face à la déferlante

    Gardez votre sang froid

    Cramponnez-vous au volant

    Demandez aux autres membres de l’équipage d’aller le plus possible sur l’avant du bateau et de se tenir fermement.

    Plus la déferlante est haute, plus l’allure doit être faible, au risque de faire retourner le bateau avec les conséquences que cela comporte… (dessaler).

     

    Vous constaterez avec cette vidéo la difficulté à franchir une déferlante :

     

     

    Comme vous avez pu le voir, le bateau n’a pas pu prendre la seconde vague car son moteur ne démarrait pas…

    Donc difficilement mis en place, le bateau a dû subir la vague par le franc bord et a manqué de cabaner.

    Dans ce genre de situation, il est important de toujours garder le moteur en marche pour agir rapidement.

     

    Suivant votre cap, vous pourriez aussi être un jour confronté à des déferlantes par l’arrière.

    Que faire ? Le mieux est de maintenir votre attention sur votre route mais en gardant une extrême vigilance sur ce qu’il se passe derrière.

     

    La vidéo suivante vous montre un bateau plutôt malmené en Nouvelle Zélande subissant une barre houleuse à l’entrée d’un port :

     

     

    Comment prendre une vague d’arrière ?

    Le principe est le même, il faut analyser la vague (sa hauteur, sa puissance et sa vitesse)

    En se formant, la déferlante vous aspire d’abord pour ensuite s’abattre sur vous donc il est prudent d’avoir un moteur puissant.

    Si la vague est plus haute que la hauteur de votre tableau arrière alors accélérez à fond pour vous retrouver au bas de la vague. Il ne faut surtout pas se trouver à la crête de la vague, sous peine d’être ‘jeté dans le rouleau’ et subir le phénomène de « machine à laver » !

    Si la déferlante arrière est de taille raisonnable, le mieux est de placer l’axe du bateau perpendiculaire à la vague avec le tableau arrière parallèle à la vague pour recevoir un impact équilibré. Cet équilibre générera une ouverture propre de l’eau à l’étrave du bateau, pour engager une fuite stable.

     

    Mer sur l’avant du travers

    Même si la carène déflecte bien les embruns, il est impossible d’empêcher le vent de les rabattre sur le bateau lorsqu’on s’écarte du lit du vent. En revanche, bien des bateaux adoptent des mouvements plus confortables en épaulant la mer sous un léger angle, au lieu de l’affronter de face. C’est ainsi que l’on peut être amené à tirer des bords plutôt que de faire route directe en « piquant dans la plume ». Il n’y a pas de règle à ce sujet tant les différences sont grandes d’un bateau à l’autre. Le pilote pourra contribuer à amortir les chocs en « barrant à la lame » comme sur un voilier, remontant vers le vent en grimpant sur la vague afin de passer sa crête face au vent puis en abattant pour amortir la descente. Quant au réglage des flaps, il faudra chercher le meilleur compromis entre un bon équilibre et une maniabilité suffisante.

     

    Mer par le travers

    Comme dans le clapot court, c’est une situation relativement confortable avec une vedette planante. Avec cette réserve que l’effet de la houle, conjugué à celui du vent, prend une telle ampleur qu’il entraîne, au mieux, de la gîte et, bien souvent, un roulis marqué. Si l’on dispose de flaps, on réduira ces phénomènes en abaissant celui du bord sous le vent. Les carènes à déplacement sont particulièrement réputées pour leur sensibilité au roulis par mer de travers. Par mer forte, on pourra être contraint de faire tête sur les vagues les plus fortes, et en particulier celles qui peuvent déferler.

     

    Source

    Lebosco