• L’ancêtre du homard est né il y a 500 millions d’années

     

     

     

    L’ancêtre du homard est né il y a 500 millions d’années

     

     

    Ce fossile, ancêtre du homard, de 10 cm de long est le premier de ce type avec des pinces à avoir été découvert, et il est si bien conservé qu’il a permis une reconstitution en 3D de l’arthropode.

     

    ancêtre du homard

     

    Mille-pattes, crabes, fourmis, écrevisses ont quoi en commun ? Ils ont le même ancêtre vieux de plus de 500 millions d’années. Le fossile de cet arthropode, ancêtre du homard, a été découvert en 2012 et en 2014 dans des schistes argileux de Marble Canyon, dans le Kootenay National Park de Colombie Britannique.

     

    L’âge de ce gisement est celui des schistes de Burgess de la carrière Walcott dans le Yoyo National Park (dans le même État) où ont été découverts début XXème des dizaines de milliers de spécimens de fossiles représentant un biotope marin inconnu. Le site de Marble canyon, à 40 km au sud de la carrière Wallcott, à 2000 m d’altitude a été trouvé en 2012 par le conservateur en paléontologie des invertébrés du Royal Ontario Museum (ROM), Jean-Bernard Caron, qui avait décidé d’essayer de suivre les strates fossilifères présentes dans la carrière Walcott.

    Il aura fallu six ans pour trouver ce nouveau gisement riche de plus de quinze mille spécimens récoltés et plusieurs espèces encore jamais observées ou identifiées.

     

    ancêtre du homard

     

    Des pinces en forme d’ouvre-boîte

     

    Baptisé d’après Tokumm Creek, que le canyon Marble surplombe et qui est baigné par la rivière Vermilion, le fossile de l’ancêtre du homard, famille des mandibulés (arthropodes à mandibules) a été appelé Tokummia katalepsis (en grec, action de saisir) par ses découvreurs. Les mandibulés sont des arthropodes dont la tête porte des appendices caractéristiques, souvent très chitinisés : les mandibules.

     

    Leur groupe comporte aujourd’hui des millions d’espèces et représente l’un des succès de la vie et de l’évolution des plus importants. « En dépit du fait qu’ils ont aujourd’hui une diversité colossale, l’origine des mandibulés restait un mystère », explique Cédric Aria, de l’université de Toronto, premier signataire de l’article présentant les travaux sur le fossile (publiés dans la revue Nature). « Nous savons maintenant à quoi ressemblent les tout premiers mandibulés avec tous leurs traits caractéristiques ». Sur son blog, Cédric Aria n’en revient pas de cette chance. Car il a commencé son doctorat en 2012 avec pour mentor Jean-Bernard Caron. Sa thèse, portant sur Tokummia, l’ancêtre du homard, vient d’être achevée et il est déjà parti au Nanjing Institute for Geology and Paleontology en Chine, pays qui possède de très beaux gisements datant de cette époque (à Chengiang).

     

     

    Tokummia, l’ancêtre du homard, vivait dans un océan tropical et devait être un redoutable prédateur avec ses 10 cm, une taille respectable pour la faune de l’époque. Avec ses pattes robustes, il devait aimer, comme les homards, marcher sur le fond et ne nager qu’occasionnellement. Il avait une vaste carapace dite « bivalve » le couvrant presque complètement. Grâce aux différents spécimens trouvés, ses mandibules en forme de pinces, portées au bout de longs bras épais et articulés ont pu être décrites dans le moindre détail. Ses pinces se présentent un peu comme un ouvre-boîte pour les conserves, avec l’une des pinces portant comme une petite dent. Le corps de l’animal est composé de 50 segments, ce qui rappelle la façon dont les myriapodes (mille-pattes) sont construits.

    Source : Nature

    Jean-Luc Nothias

    Lebosco