• Anniversaire pour 110 ans de grand chantier à Dielette

     

     

     

    Anniversaire pour 110 ans de grand chantier à Dielette

     

     

    Au moment où les travaux battent leur plein sur le site de l’EPR de Flamanville, il est amusant d’évoquer un autre grand chantier qui s’est tenu presque au même endroit, il y a exactement un siècle : il s’agit de la réouverture et de l’extension de la mine de Diélette. Grâce aux archives locales, nous disposons de documents de première main sur le déroulement de ce chantier et sur les conditions dans lesquelles s’effectuaient les travaux : ces informations nous sont principalement fournies par les rapports rédigés par les ingénieurs des mines suite à leurs visites de sécurité à la mine de Diélette. En voici un historique condensé avec quelques commentaires.

     

    mine de Dielette

     

    Un premier rapport de juillet 1907 nous apprend que la mine, fermée en 1892, est devenue « depuis le 1er avril 1907, […] propriété de la Société des Mines et Carrières de Flamanville au capital de 360000 francs ». Les travaux prévoient alors la démolition et l’isolation des anciennes installations, pour en refaire « une nouvelle à 50 m en dessous de l’ancienne […] qui se trouvait à 88 m de profondeur. » Lors de la visite de l’ingénieur, « on était occupé à rétablir la voie de 1700 m de long qui reliait, le long de la mer, la fosse […] au port de Diélette ». L’ingénieur note également la difficulté à prévoir pour l’embarquement des produits d’exploitation : « le port actuel [de Diélette] est complètement inutilisable pour des bateaux d’un tonnage tant soit peu important ; d’autre part la côte, rocheuse et granitique, exposée à l’Ouest, est particulièrement difficile d’accès ; la mine est enfin loin de toute voie ferrée ». Il finit en signalant que « une vingtaine d’ouvriers sont actuellement employés aux travaux qui viennent de commencer ».

    Commentaire :

    Selon la valeur du franc de l’époque, ce sont donc 900000 euros que la Société des Mines et Carrières a versé pour le rachat de la mine de Diélette. Le problème de l’acheminement du minerai sera évoqué dans un rapport ultérieur avec la construction d’une plate-forme en mer pour l’accostage des bateaux. On verra dans les années qui suivent, l’augmentation significative du nombre d’ouvriers.

     

    En février 1910, l’ingénieur émet à l’intention de l’exploitant quelques recommandations de sécurité : celles-ci visent essentiellement à la protection du personnel, notamment pour le « garantir […] de toute chute de blocs provenant des anciens travaux ; qui devront, en outre, comme par le passé, être l’objet d’une surveillance constante, et pour protéger, dans la mesure du possible, les ouvriers […] contre les chutes de pierres ou d’objets ».

    Commentaire :

    Premiers accidents du travail et premières recommandations de sécurité !

    En juillet 1911, et dans le même esprit, « on recommande aux exploitants :

    1° de presser l’installation de nouvelles pompes, l’installation actuelle fonctionnant trop près de la limite de puissance et n’étant pas à même d’empêcher une inondation en cas d’une venue d’eau imprévue ; […]

    3° d’interdire tous travaux dans les parties de la mine qui viendraient à être inondées à l’exception des travaux nécessaires pour le dénoyage de la mine et sous réserve que toutes mesures d’hygiène seront prises (fourniture de vêtements imperméables, limitation du nombre d’heures de travail, etc.) ;

    4° de munir les recettes [abords du puits] intérieures de portes empêchant les receveurs d’avancer la tête à l’intérieur du puits pour voir si la cage arrive ;

    5° d’appliquer au plus tôt tous les règlements sur le repos hebdomadaire […]. » L’ingénieur conclut en précisant que « le nombre d’ouvriers occupés à la mine est de 137 dont 75 travaillent au fond. »

    Commentaire :

    Les coups de mine ont déjà provoqué plusieurs fentes ou cassures de terrain ayant entraîné l’inondation partielle de la mine : les pompes d’assèchement étaient donc devenues insuffisantes. On imagine aussi les accidents dus au choc de la cage d’ascenseur sur la tête des mineurs penchés pour la voir arriver. La réglementation sur le temps de travail (horaires journaliers ou hebdomadaires, ainsi que les temps de repos obligatoires) fait déjà l’objet de rappels à l’ordre. En deux ans d’exploitation, le nombre d’ouvriers a été multiplié par 7 ! Grand chantier oblige !

     

    Guerfa

     

    Octobre 1911 : outre une recommandation concernant « un meilleur aérage pour assurer l’évacuation rapide des fumées produites par les coups de mine », l’ingénieur revient sur les conditions de travail des ouvriers en ces termes : « Il a été reconnu, au cours de la visite, que vous aviez contrevenu à l’art. 1er de la loi du 13 juillet 1906 sur le repos hebdomadaire, en faisant travailler des ouvriers plus de six jours consécutifs, et à l’art. 1er, alinéa 2°, du décret du 24 août 1906 organisant le contrôle de l’application de cette même loi, en ne tenant ni le registre spécial, ni le cahier prescrits pourle contrôle des ouvriers qui prennent leur repos hebdomadaire par roulement. Ces contraventions tombent sous le coup de l’art.13 de la loi, qui prévoit pour chacune d’elles une amende de 5 à 15 francs appliquée autant de fois qu’il y aura de personnes occupées dans des conditions contraires à la loi. Je crois devoir vous avertir que toute nouvelle contravention serait dûment constatée par procès-verbal, et déférée à la justice ».

    Commentaire :

    Comme quoi le problème du respect du temps de travail ne date pas d’hier ! En juillet 1912, l’ingénieur, dans un rapport nettement plus détaillé que les précédents, revient sur deux difficultés majeures rencontrées sur le chantier : – « […] la dureté des granits et quartzites traversés. A cet égard l’emploi de marteaux, bien qu’accélérant le travail, ne donne encore qu’un avancement très faible (moins de 1 mètre par jour). » – « […] les venues d’eau […] ont fréquemment interrompu les travaux en 1911, les pompes étant trop faibles pour faire l’épuisement [l’assèchement] d’une manière satisfaisante. En temps ordinaire, il faut compter sur 100 à 120 mètres cubes par jour, mais il n’est par rare d’avoir à pratiquer des épuisements atteignant 5 ou 600 mètres cubes. Aussi installe t- on actuellement […] une salle de pompes pouvant, au moyen de pompes électriques, refouler au jour jusqu’à 1000 mètres cubes d’eau en 24 heures. » L’ingénieur précise plus loin : « Il semble à cet égard que la méthode des injections de ciment puisse donner des résultats heureux. Elle a été appliquée avec succès au fonçage [creusage] du puits 4 et depuis l’époque où elle a été réalisée, les venues d’eau dans le puits ont diminué considérablement. »

     

    mine Dielette grand chantier

     

    A la date de la visite, « 86 ouvriers sont employés à tous ces travaux » c’est-à-dire aux aménagements de la future zone d’extraction. L’ingénieur détaille également les installations :

    La fourniture d’électricité : « […] une centrale destinée à fournir le courant à tous les moteurs, treuils, pompes, marchandises d’extraction est en construction près de l’orifice des puits 3 et 4. Cette centrale mue par des turbines à vapeur sera, comptet-on, terminée avant la fin de l’année. » Pour l’acheminement des produits d’extraction, un moyen a été imaginé : « l’évacuation du minerai se fera à partir du carreau de la mine au moyen d’un câble aérien reliant le stock de minerai à un îlot artificiel pratiqué en mer et aménagé pour l’embarquement à bord des gros bateaux qui resteront ainsi en rade. Le câble sera soutenu au moyen de pylônes placés en mer et dont 3 sont actuellement réalisés. 2 de ces pylônes ont eu considérablement à souffrir des tempêtes de l’hiver dernier et l’on procède en ce moment à leur redressement.

    L’îlot artificiel mentionné plus haut, en construction à Cherbourg, sera amené en place à la fin du mois d’août et coulé par 18 mètres de fond. Les dépenses engagées pour ces installations d’embarquement sont considérables et atteignent déjà plusieurs millions. Il est néanmoins fort à craindre que la violence de tempêtes ne détruise plusieurs fois les ouvrages réalisés. La maison Cail, qui les établit, a d’ailleurs paraît-il décliné toute responsabilité en ce qui concerne le succès de cette entreprise. »

    Concernant le respect des conditions de travail, la situation semble s’être améliorée : « A la suite de cette visite, nous n’avons eu aucune observation à faire à l’exploitant soit en ce qui concerne la conduite des travaux, soit en ce qui touche à l’hygiène et à la sécurité du personnel. Les observations faites par les Ingénieurs dans leurs précédentes visites et concernant le repos hebdomadaire ont été suivies des modifications demandées et la situation actuelle semble normale à cet égard.

    Nous rappellerons cependant ici l’absence d’un délégué mineur mentionnée dans les procès verbaux antérieurs et due à ce que les propositions faites à plusieurs reprises en 1910 et 1911 par les Ingénieurs ne semblent pas avoir été prises en considération par l’Administration préfectorale. »

    Commentaire :

    On apprend ici le rôle de la plate-forme en mer qui subsiste aujourd’hui : c’était un quai de chargement du minerai sur les bateaux. Les difficultés rencontrées sur un chantier sous-marin sont celles que l’on peut aisément imaginer : l’infiltration d’eau dans les galeries d’extraction. Les techniques d’injection de ciment, encore utilisées aujourd’hui dans de nombreuses situations similaires, étaient sans doute à l’époque testées pour la première fois. On constate que l’exploitant n’est pas le seul parfois mis en cause dans les conditions de travail des ouvriers : c’est ici la préfecture qui tarde à appuyer la désignation d’un délégué représentant les mineurs.

     

    centrale grand chantier

     

    En 1913, l’ingénieur détaille l’avancement du chantier dont il décrit les installations :

    « Une centrale constituée par 2 turbines de 100 KW vient d’être terminée il y a quelques mois. Elle fournira du courant triphasé à 550 volts aux moteurs, treuils et machines d’extraction […]. Un compresseur pouvant alimenter 70 marteaux est également installé et fonctionne depuis le printemps. On procède actuellement à l’équipement du puits 4. Ce puits réservé à l’extraction comportera une machine d’extraction électrique placée à la partie supérieure du chevalement [charpente supportant la machinerie et située au-dessus du puits d’exploitation] et actionnant des cages à 2 berlines. La descente du personnel aura lieu par ce puits. Le puits 3 au contraire servira à l’établissement de 3 colonnes d’épuisement [remontée des matériaux], d’une colonne à air comprimé et de 5 câbles électriques. Il fonctionnera comme puits de secours et de retour d’air (aérage aspirant par ventilateur). Un accumulateur à minerai d’une contenance de 35000 tonnes vient d’être achevé. Il alimentera le câble aérien de 650 mètres reliant le carreau de la mine à l’îlot artificiel de chargement mis en place en juillet dernier.

    Toute cette installation d’expédition entrera en fonctionnement dans quelques mois, quand l’îlot artificiel aura été rempli de maçonnerie et définitivement établi. A l’heure actuelle, le caisson qui le constitue est coulé par 18 mètres de fond et lesté avec de l’eau, et l’on mène activement les travaux pour sortir, avant l’époque des tempêtes, de la situation critique où le mettent les courants marins particulièrement violents le long de la côte. Il restera enfin à mettre en place l’installation de concassage destinée à réduire les blocs de minerai à la grosseur du poing et à établir une trémie [réservoir pyramidal] de 1000tonnes constituant le stock de charbon nécessaire à l’alimentation automatique des 3 chaudières tubulaires de la centrale électrique. »

     

    Les conditions de travail :

    « Le travail au fond a lieu à 3 postes. La mine n’emploie pas d’enfants dans les travaux souterrains. Au jour, un seul est occupé dans les bureaux. Le repos hebdomadaire est régulièrement observé le dimanche, sauf pour 2 ou 3 hommes employés aux travaux d’entretien et aux réparations urgentes et pour lesquels il est établi un roulement particulier.

    Les étrangers employés à la mine sont au nombre de 47, savoir :

    – au jour : 12 Italiens, 6 Espagnols

    – au fond : 8 Italiens, 16 Espagnols, 4 Grecs, 1 Belge.

    Le personnel total atteint 199 ouvriers : 92 au fond, 107 au jour.

    Commentaire :

    Le personnel étranger atteint un quart de l’effectif total. 6 ans après la réouverture de la mine, le chantier semble atteindre sa phase finale : la phase d’exploitation pourra prochainement débuter.

     

    Mai 1914 : ce long rapport de l’ingénieur contrôleur des mines traite uniquement d’un problème de retenue effectuée par l’administration de la mine sur le salaire des ouvriers pour la pension. Une enquête avait été ouverte suite à une coupure du journal l’Humanité du 16 avril 1914.

    L’ingénieur rappelle d’abord que « la commune de Flamanville, de laquelle dépend le petit port de Diélette, très peu fréquenté bien qu’étant le seul port de refuge entre Cherbourg et Granville, et la mine de Diélette, comprenaient, à l’époque de la reprise des travaux de la mine en 1907, 1124 habitants. Ceux-ci étaient, pour les 2/10e seulement, occupés soit à la pêche ou au petit commerce du port de Diélette. […] Les seuls restaurateurs ou aubergistes de la commune, au nombre de 4 ou 5, se trouvaient donc à Diélette et disposaient dans leur ensemble d’une quinzaine chambres.

    Dès le début de la reprise des travaux, l’exploitant s’empressa de louer toutes les habitations disponibles du pays de manière à loger le plus possible les ouvriers qui lui étaient nécessaires.

    Car il est facile de concevoir que l’ouvrier sérieux, surtout s’il a de la famille, se préoccupe d’abord de l’asile en dehors de toute auberge où la promiscuité d’individus cosmopolites incite à la débauche ».

     

    personnel grand chantierpersonnel grand chantier

     

    L’ingénieur évoque ensuite l’augmentation du nombre d’ouvriers : 100 à 150 dès 1909, puis jusqu’à 200 ouvriers rien que pour la mine, auxquels s’ajoutèrent jusqu’à 200 ouvriers supplémentaires travaillant pour « d’autres entrepreneurs de travaux publics ou particuliers pour l’exécution d’installations extérieures nécessaires à l’exploitant de la mine de Diélette ». En conséquence, certaines dérives apparaissent : « Alors tous les petits restaurateurs et aubergistes de Diélette furent débordés. En même temps, cette région devenait le lieu de passage des ouvriers errants ou de fuyards ne restant là qu’un jour ou deux. Très fréquemment même, des ouvriers se faisaient embaucher au moment du repas, demandaient à l’employeur un bon attestant qu’ils travaillaient pour leur permettre de manger à telle ou telle auberge, et après le repas ils disparaissaient. Alors sous peine de ne plus recevoir les ouvriers inconnus, de véritables vagabonds, les aubergistes demandèrent aux entrepreneurs et à l’exploitant de la mine de Diélette de répondre du paiement de la pension des divers ouvriers employés chez eux, étant entendu qu’il s’agirait là d’un prix fixe pour la nourriture et le couchage à l’exclusion de boissons alcooliques et extra divers. Le prix de la pension en moyenne de 3,50 francs par jour fut alors garanti.

     

    cantine grand chantier

     

    «  Politique sociale de l’exploitant sur ce grand chantier : création de la cantine de la mine. « Mais alors, par l’entente des aubergistes ou cantiniers, les ouvriers risquaient à leur tour d’être lésés ; l’exploitant fit construire un bâtiment permettant de loger dans de bonnes conditions d’hygiène cent ouvriers. On appela ce bâtiment la cantine de la mine. Un employé de la mine nommé Recoura, marié, fut agréé pour la gérance de l’établissement mis gratuitement à la disposition des ouvriers et comportant le couchage individuel et l’éclairage électrique. C’était donc de la part de l’exploitant faire acte de bon socialiste. Donc, aucun loyer n’est payé directement ou indirectement à l’exploitant propriétaire de la maison. M. Recoura s’occupe de nourrir et coucher (fourniture de literie) à ses risques et périls pour la somme de 2,50 francs par jour (au lieu de 3,50 francs, prix des auberges) les ouvriers de la mine et du “service des travaux”. Au moment de la paye, il reçoit de l’employeur, comme les aubergistes et d’accord avec les ouvriers, autant de fois 2,50 francs que l’ouvrier a de journées chez lui et c’est là toute l’intervention de l’exploitant de la mine de Diélette, limitée bien entendu à ses seuls ouvriers. Lorsqu’un ouvrier se présente pour être embauché, on lui indique les auberges, la cantine, le prix de la pension et on lui demande de choisir. L’ouvrier peut à ce moment faire une avance de gage aux auberges et à la cantine, ce qui dispenserait alors l’exploitant de la garantie et retenue consécutive. »

     

    Points de vue divers sur cette politique sociale : « Il est bien évident que la cantine n’est pas bien vue des aubergistes parce que la concurrence au profit des ouvriers déplaît à ce genre de commerçants ; elle n’est même pas bien vue de certains ouvriers parce que l’exploitant y a interdit formellement la vente de boissons alcooliques qu’il ne peut interdire dans les auberges. Il en résulte que sur 100 places disponibles, la cantine ne comprend guère qu’une trentaine de pensionnaires.

    Enfin, dans l’intérêt des ouvriers, la direction des mines s’assure fréquemment que la nourriture servie par le cantinier est satisfaisante, afin d’éviter une exploitation scandaleuse de la part de celui-ci.

     

    minerai grand chantier

     

    En résumé, l’exploitant n’opère aucune retenue au sens exact du mot, et tel qu’a voulu le comprendre le législateur, en vue de se rembourser d’une somme quelconque pour fournitures diverses, étant donné qu’il ne fournit rien, ou plus exactement qu’il donne purement et simplement, dans l’espèce, aux ouvriers le local qu’il fournit. En payant directement au cantinier ou aux autres aubergistes, d’accord avec les ouvriers, le montant de la somme due pour le couchage et la nourriture, on évite le vagabondage et le vol, sans nuire en quoi que ce soit à l’intérêt et à l’indépendance de l’ouvrier, ni contrevenir, semble-t-il, au moins dans son esprit, au Code du Travail.

    Il nous semble donc, dans le cas qui nous occupe, que les faits de l’exploitant échappent à toute critique sérieuse puisqu’ils favorisent les conditions d’hygiène et de bien-être des ouvriers ; ils permettent même aux vagabonds de manger sans risquer d’être arrêtés après le repas puisque l’exploitant paye, quand même l’ouvrier part aussitôt son repas, sans avoir travaillé. »

     

    « Note complémentaire : lorsque l’ouvrier désire que sa nourriture soit garantie au cantinier ou aubergiste et en fait la demande à l’exploitant, un carnet à souches, dûment signé par l’ouvrier, indique la somme journalière (n’excédant pas 2,75 francs) que l’ouvrier veut disposer pour sa pension. En fait, ce n’est toujours qu’à la demande de l’ouvrier que ce régime est appliqué. Le jour de la paye, l’ouvrier et l’aubergiste sont payés en même temps de ce qui est dû à chacun d’eux. Ce régime de garantie de pension aux aubergistes ou cantiniers n’est appliqué qu’à 5 ou 6 % du personnel, c’est-à-dire aux manœuvres du jour voyageant beaucoup. »

    Commentaire :

    il est intéressant de constater comment fut mise en place une politique sociale de l’hébergement, et de s’interroger sur les critiques qu’elle a pu susciter, autant de la part des médias (intervention de l’Humanité) que des intéressés qui refusaient l’application d’un règlement assez strict (notamment en matière d’alcool). Les conclusions de l’ingénieur, finalement favorables à l’employeur, montrent combien une initiative louable à l’origine peut devenir critiquable quand elle est mal interprétée…

    La mairie de Flamanville et Lebosco

     

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