• D’où nous vient la rose des vents des pêcheurs normands ?

     

     

     

    D’où nous vient la rose des vents des pêcheurs normands ?

     

     

    Il a fallu inventé la rose des vents pour représenter graphiquement un phénomène invisible et pourtant souvent exploité par l’homme. La rose des vents permet donc au marin de matérialiser sa route, en dehors de tous repère visuel terrestre.

    La rose des vents comprend, outre les quatre points cardinaux, un certain nombre de points intermédiaires variant dans le temps en fonction des connaissances et des avancées technologiques. Pourtant l’antique rose des vents à quatre branches, utilisée par les navigateurs phéniciens et le moderne compas GPS des fusées interplanétaires donnent le même type d’information, avec il est vrai, des degrés de précisions incomparables.

     

    Rose des vents

     

    De nos jours les marins se servent de cartes, de compas, de lochs, de sextants, de sondeurs, de signaux radio et d’une foule d’aides électroniques qui donnent au navigateur sa position exacte sur la surface du globe. Les premiers navigateurs n’avaient rien de tout cela.

    Aujourd’hui, la rose des vents est le plus souvent visible sur le compas des navigateurs pour maintenir le cap et la boussole, les cartes marines et géographiques etc…

     

    Des origines de la navigation

     

    La navigation (du latin  » navis « , navire, et  » agere « , conduire) est l’art de conduire un navire sur mer, dans les meilleures conditions, d’un point de la Terre à un autre.

    Il fallut des centaines d’années aux premiers d’entre eux pour créer un outil aussi simple qu’un plomb au bout d’une ligne pour mesurer la profondeur de l’eau sous la coque. Durant cette période on naviguait de jour, toujours à vue de la côte, et l’on mouillait au crépuscule. Lorsqu’il leur arrivait d’être repoussés en pleine mer hors de vue d’une côte, les navires étaient perdus.

     

    Rose des vents

     

    On pense que les Phéniciens, au 1er millénaire avant Jésus-Christ, furent les premiers à se servir des étoiles pour se diriger la nuit, et que cette connaissance leur soit venue de navigateurs orientaux. Parlant de la constellation de la Petite Ourse, le poète grec Arastos dit :  » En se guidant sur elle, les hommes suivirent la route la plus courte… « . La Petite Ourse, qui comprend l’étoile polaire, toujours située au Nord, était le repère nocturne des Phéniciens. Ils savaient aussi qu’à midi, le Soleil se trouve franc Sud. Connaissance utile lorsqu’elle est associée à une autre aide à la navigation, la Rose des vents.

     

    La Rose des vents était un tableau circulaire sur lequel on avait tracé les directions de certains vents à l’époque d’Homère, vers 900 avant Jésus-Christ, les marins grecs fondaient leur orientation sur quatre vents particuliers, soufflant des quatre points cardinaux. Les marins grecs ont utilisé les quatre vents correspondant aux quatre points cardinaux, mais bien vite ils durent y ajouter les quatre vents intermédiaires : Boreas (nord), Kakas (nord-est), Apeliotes (est), Euros (sud-est), Notos (sud), Lips (sud-ouest), Zephuros (ouest) et Skibos (nord-ouest). Les Italiens ont appelé ces vents comme suit : arachnidae (nord), Grecale (nord-est), Levante (est), Scirocco (sud-est), Mezzodi ou Ostro (sud), Garbino, renommé plus tard Africo ou Libeccio (sud-ouest), Ponente (ouest) et allactaga (nord-ouest).

     

    Rose des ventsLes vents normands de lassociation CAPAC

     

    À l’Antiquité la rose des vents italienne sera adoptée par les marins de la Méditerranée. Sur beaucoup de portulans de l’époque apparaîtra une rose des vents avec les initiales italiennes T, G, L, S, O, L, P et M. D’autres peuples à tradition maritime possèdent également des noms spécifiques pour les directions intermédiaires telles que le nord-est. Ainsi en breton, les huit directions s’appellent (à partir du nord, dans le sens des aiguilles d’une montre) : norzh (ou : sterenn), biz, reter, gevred, su, mervent, kornaoueg, gwalarn. Par la suite, la Rose des vents porta douze vents, puis seize et finalement trente-deux.

     

    Dans un monde en développement ou le trafic maritime ne cessait de croître, il est surprenant que l’on ait si peu tenté de dresser des cartes marines. La première carte, en argile moulée, actuellement au British Museum, est datée d’environ 700 ans avant Jésus-Christ. Un peu plus tard, 200 ans avant Jésus-Christ, les géographes grecs tracèrent une carte ou le premier méridien et l’origine des latitudes y figuraient. Ce n’est que beaucoup plus tard qu’Ératosthène traça une nouvelle carte du monde, avec des méridiens de longitudes et des parallèles de latitudes disposés de façon à passer par des points géographiques importants.

     

    Rose des ventsRose des vents de Pierre Longuemare et Albert Lohier

     

    Au 1er siècle de notre ère, Marinos de Tyr entrepris de tracer des cartes marines de la Méditerranée et des eaux arabes. La grande difficulté résidait dans la transposition correcte d’une surface courbe sur une surface plane. Ce problème fut résolu par Ptolémée, aujourd’hui connu comme le père de la cartographie. Vers l’an 130 de notre ère, il élabora un procédé de projection conique simple. Il inventa plus tard, une méthode plus complexe, dite projection de surfaces égales, qui lui permit de dresser une carte sur 180º de longitude depuis les îles Canaries.

    La géographie de Ptolémée reste encore célèbre et fournit toujours pour l’histoire, des renseignements des plus précieux…

     

    Rose des ventsRose des vents de la Clé des runes

     

     

    Lebosco et Actumaritime