• Qui l’eût cru : dans la baie Lituya une vague de 60 m déferle à 523 m de haut

     

     

     

    Qui l’eût cru : dans la baie Lituya une vague de 60 m déferle à 523 m de haut

     

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    Le 8 juillet 1958, un tremblement de terre de magnitude 8,3 dont l’épicentre se trouve à quelques dizaines de kilomètres de la baie Lituya (Alaska), frappe les montagnes qui bordent la baie et provoque un glissement de terrain sur le flanc ouest de l’une d’entre elles.

     

    baie-lituya-1Schéma montrant le déplacement des masses lors du mégatsunami de 1958.

     

    Sa topographie fait alors que des vagues de plus de 200 mètres s’y forment.  Les masses rocheuses plongent alors dans la baie Lituya, plus précisément dans le Gilbert Inlet, créant une onde de choc qui donne naissance à un tsunami. La vague progresse tout d’abord dans le même sens que le glissement de terrain mais finit par heurter la montagne située sur la rive opposée de la baie. À ce stade, elle possède encore toute son énergie. La gigantesque masse d’eau s’élève le long de ses pentes et arrachent la végétation proche du rivage et décapent le sol jusqu’à la roche :

     

    baie-lituya-2Carte de la baie Lituya après le mégatsunami de 1958

     

    « La belle forêt d’épicéas avait été balayée par l’onde gigantesque. Et non seulement la forêt, mais aussi toute la terre sur laquelle elle avait poussé […] tout avait été nettoyé jusqu’à la roche nue, jusqu’à l’os de la planète… »

     

    baie-lituya-2Vue du tronc d’un arbre arraché par la vague. Le tronc se situe à environ 11,3 km du point d’origine de la vague.

     

    Les traces du passage de l’eau seront observées jusqu’à une altitude de 523 mètres, faisant de ce tsunami l’un des plus hauts jamais observés. Toutefois, cette caractéristique est à modérer du fait que ce n’est pas la vague en elle-même qui mesurait 523 mètres de hauteur mais son déferlement, ce qui peut sensiblement fausser les mesures.

     

    baie-lituya-3Vue aérienne de la baie Lituya marquée par le passage du tsunami parti du fond de la baie, au niveau du glacier

     

    La vague, d’une hauteur estimée à 60 mètres, poursuivant son parcours, traverse la baie Lituya dans sa longueur en occasionnant le même type de dégâts tout le long du rivage mais jusqu’à une altitude inférieure, l’énergie du tsunami se dissipant au fur et à mesure de son avancée en raison de l’élargissement de la baie et de la présence de l’île en son centre. Arrivant au détroit qui fait communiquer la baie avec l’océan Pacifique, la vague ne parvient pas à franchir significativement les hauts-fonds et le tsunami ne s’étend pas à l’océan.

     

    baie-lituya-4Vue aérienne du glacier Lituya avec le lieu du déclenchement du tsunami en bas de l’image : le glissement de terrain est entré dans la baie sur le rivage en bas à droite et à la vague a atteint 500 mètres d’altitude sur le rivage opposé où l’absence de végétation est clairement visible.

     

    Les dégâts sont surtout représentés par l’arrachement de la végétation le long du rivage et le décapage du sol. Mouillés à côté de l’île du Cénotaphe, trois bateaux de pêche sont emportés par l’énorme vague, tuant deux à cinq personnes. L’un des bateaux a été retrouvé vide dans la baie, et un autre a totalement disparu ; le troisième, occupé par un père et son fils, est passé au-dessus de l’île du Cénotaphe, a été emporté dans l’océan puis, lors du reflux, est revenu à l’intérieur de la baie Lituya :

     

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    « Ils ont raconté : à huit kilomètres de leur mouillage, ils avaient vu se dresser une montagne d’eau qui aussitôt fonça sur eux à une vitesse effroyable. Ils eurent néanmoins le temps, presque par réflexe, de lancer leur moteur et ce fut vraisemblablement ce qui les sauva. L’onde colossale avait encore quelque cinquante mètres de haut lorsqu’elle arriva sur eux ; elle les souleva et les porta par-dessus l’île, dont ils aperçurent sous eux, par transparence, la cime des grands sapins… Jusqu’à combien de milles en mer furent-ils emportés ? Ils ne le savent pas, car déjà le reflux les ramenait dans la baie. Sur l’île basse et plate il n’y avait plus un arbre debout. Voilà comment, par des témoins, qui ont vécu une aventure unique, on sait ce qui s’est passé là-bas. »

     

     

    Wikipédia et lebosco

     

     

     

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