• Une vague de glace ravage les maisons

     

     

     

    Une vague de glace ravage les maisons

    rafraîchissant mais pas marrant !

     

    Le 11 mai 2013, une vague de glace déferlait sur les côtes du lac des Mille Lacs, dans le Minnesota, aux États-Unis. La vague a touché 4 km de côtes, et plusieurs maisons ont été endommagées.

     

    Vague de glace (1)

     

    Les murs de glace ayant pénétré dans des maisons atteignaient un mètre de haut, mais à l’extérieur, certains de neuf mètres ont été observés. Bien que la propagation des blocs gelés rappelle celle d’un tsunami, l’événement ne peut être considéré comme tel. Un tsunami est une onde océanique (ou lacustre) provoquée par un mouvement rapide d’un grand volume d’eau. Or, la vague de glace du Minnesota résulte d’une configuration météorologique bien particulière.

     

    Le 11 mai 2013, le nord-est des États-Unis était soumis à un système dépressionnaire (donc cyclonique) important. À l’ouest du Minnesota, au niveau de Chicago, le système était anticyclonique, si bien que le Minnesota a connu une incursion d’un front polaire.

     

    Vague de glace (2)

     

    Les vents, dont la vitesse variait entre 60 et 80 km/h, étaient si froids que la température de l’air était inférieure à zéro. Le lac était gelé, et la force des vents froids a propulsé la glace vers les côtes. Le sol, en revanche, n’était pas gelé. Ainsi, à son contact, les blocs de glace ont légèrement fondu : c’est précisément cette eau de fonte qui a favorisé la propagation de la vague. Elle a agi tel un lubrifiant : l’eau a réduit les frottements entre la glace et le sol, et a donc facilité la dynamique d’avancée de la glace.

     


     

    Le présentateur météo Sam Champion explique sur la chaîne américaine ABC pourquoi le vent, qui a propagé la glace sur les côtes du lac des Mille Lacs, était si froid. On peut observer au-dessus de Boston une perturbation cyclonique et une zone anticyclonique vers Chicago. L’État du Minnesota, coincé entre ces deux systèmes, a subi une incursion d’un front polaire matérialisé.

     

    Le météorologue Todd Borek avait comparé cet événement à la dérive d’un iceberg. Pour ce dernier, les vents, mais surtout les courants océaniques, lui permettent de dériver. Pour la vague de glace, c’est un peu le même cas de figure : l’eau de fonte favorise la dérive des blocs de glace vers l’intérieur des terres.

     

    Vague de glace (3)

     

    Par ailleurs, en observant de plus près la propagation de la glace, on s’aperçoit que ce ne sont pas réellement des blocs qui se propagent, mais plutôt des aiguilles de glace (cela se voit et s’entend très bien sur la vidéo). Ces aiguilles sont des cristaux qui se développent lorsque la température du sol est positive, tandis que celle de l’air est négative.

     

    Le même phénomène s’est produit quelques jours plus tôt au Canada, aux abords du lac Dauphin. Près de 30 maisons ont été touchées, les vents avoisinaient les 90 km/h et les murs de glace ont presque atteint les dix mètres. Les deux événements sont très probablement liés : l’intervalle de temps entre les occurrences correspond au temps qu’a mis la configuration atmosphérique à traverser la frontière. Le caractère exceptionnel de ce type de catastrophe est tout simplement dû à la rareté d’un tel système atmosphérique.

     

    Vague de glace (4)

     

    « Vous êtes conscient que votre maison est bâtie avec du ciment, des blocs de béton et de l’acier, mais la glace passe à travers, sans difficulté, c’est un peu comme un cure-dent, commentait Dennis Stykalo, un Minnesotain qui a perdu sa maison. Cela montre juste la puissance de la glace. Il n’y a rien que vous puissiez faire, vous vous écartez de son chemin et la regardez avancer. » Si l’événement est parfaitement naturel, il faut bien reconnaître qu’il est fascinant.

     

    Delphine Bossy, Futura-Sciences

    et  Mille-Lacs

     

     

     

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