• Les braconniers de la mer font fort, les gendarmes aussi

     

     

     

    Les braconniers de la mer font fort, les gendarmes aussi

     

     

    Gros trafic de coquilles Saint-Jacques et d’ormeaux, en ce mois de juin, à Saint Brieuc.

    Six pêcheurs braconniers et cinq restaurateurs sont impliqués dans un trafic de pêche à Saint-Brieuc. Des coquilles Saint-Jacques destinées à la vente étaient stockées dans des conditions d’hygiène déplorables.

     

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    « Ce trafic porte sur des centaines de milliers d’euros… » témoigne une source proche d’une vaste enquête portant sur de la pêche illégale et de la revente au noir à Saint-Brieuc et à Plérin. L’enquête menée par les gendarmes des affaires maritimes et la brigade de recherches de Saint-Brieuc a débouché par l’interpellation mardi matin de sept personnes soupçonnées d’être impliquées dans un trafic.

    Les pêcheurs braconniers sont accusés d’avoir monté un réseau illicite pour alimenter clandestinement des restaurateurs. Des centaines de kilos de coquilles Saint-Jacques, d’ormeaux, d’araignées et de divers poissons auraient ainsi été écoulées.

    L’enquête se poursuit à la suite du coup de filet réalisé par les gendarmes dans le milieu de la pêche à Plérin et Saint-Brieuc. Hier, le vice-procureur de la République Alain Le Coz et le commandant de la compagnie de Saint-Brieuc, Matthieu Glavieux, ont fait le point sur l’enquête préliminaire qui se poursuit.

     

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    Depuis leur interpellation, toutes ont retrouvé la liberté. « Sur les 15, poursuit Alain Le Coz, il y a six pêcheurs braconniers, dont des professionnels, trois revendeurs clandestins, cinq restaurateurs de Saint-Brieuc et des villes côtières touristiques et un débit de boissons. » Et le procureur précise que la patronne d’un bar du Légué n’a pas été menottée lors de l’interpellation. « Elle a été interpellée avec humanité, sans public, en dehors de son commerce ».

    Le réseau était très actif pour rechercher des clients. « Les revendeurs démarchaient des poissonneries, des banques et des comités d’entreprise… » À ce stade des investigations, la justice reproche aux pêcheurs braconniers d’avoir pêché illégalement depuis le début de l’année, 15 à 20 tonnes de coquilles Saint-Jacques brutes, plusieurs centaines de kilos d’ormeaux et quelques dizaines de kilos de poisson.

     

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    Les noix de coquilles Saint-Jacques étaient revendues au prix de 20 € le kilo. Soit un chiffre d’affaires de plusieurs dizaines de milliers d’euros.

    En attendant les convocations devant le tribunal correctionnel à venir, la justice a pris des mesures à titre conservatoire. « Trois navires (un semi-rigide avec un gros moteur et deux bateaux de plaisance de 7 à 8 mètres) trois voitures, du matériel de plongée avec des bouteilles, deux licences de pêche, du matériel nautique, de l’argent liquide… ».

     

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    Il est reproché aux suspects une vingtaine d’infractions pénales : du travail dissimulé, d’avoir perçu indûment des prestations sociales, des infractions à la pêche maritime…Et des infractions sanitaires. « Les coquilles Saint-Jacques et les ormeaux étaient stockés et transportés dans des conditions répugnantes » ajoute Alain Le Coz. Le commandant Glavieux évoque le syndrome de Diogène, un trouble du comportement conduisant à des conditions de vie négligées de l’un des mis en cause. « L’une des personnes interpellées vit dans ses déchets ».

    Ouest-France

     

     

     

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