• Les bactéries du carburant souci du plaisancier

     

     

     

    Les bactéries du carburant souci du plaisancier

     

     

    Beaucoup de plaisanciers ont déjà été confronté à ces problèmes de bactéries du carburant, et qui peuvent avoir des conséquences graves sur un moteur in-bord diesel.

     

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    Des bactéries du carburant ?

     

    De plus en plus de plaisanciers ont des problèmes de bactéries dans le carburant. La plupart du temps leur développement est dû à la présence d’eau dans le réservoir du bateau.

    Le carburant que nous utilisons dans nos moteurs est un mélange d’hydrocarbures, donc un produit organique susceptible d’entretenir la vie de microorganismes, surtout en présence d’eau.
    Les conditions de stockage du gazole sur les bateaux de plaisance sont particulièrement défavorables à ce point de vue : humidité ambiante élevée (d’où aspiration d’humidité dans les réservoirs du fait de la « respiration » liée aux variations de température), stockage de longue durée, températures ambiantes élevées (réservoir souvent proche du moteur).

    Le gazole est une matière organique et la présence de l’eau favorise le développement de champignons et autres levures ; en effet, ceux-ci ont besoin d’eau pour la germination, de carbone pour la nourriture et d’oxygène pour la respiration. Il en résulte des micro-organismes qui forment des amas gélatineux responsables d’incidents moteurs, par colmatage du circuit d’alimentation ou grippage de la pompe d’injection.

     

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    Empêcher si possible l’eau dans le carburant

     

    Un réservoir de carburant possède un évent de mise à l’air. La condensation de l’humidité atmosphérique qui pénètre par cet évent, se transforme en eau que l’on retrouve dans le réservoir. Une autre cause est le « retour carburant ». Un moteur qui tourne, prélève une certaine quantité de carburant dont une partie est consommée et l’autre plus importante, est renvoyée à haute température dans le réservoir. Cette température ne peut que favoriser le développement de vapeur d’eau. Pour minimiser le risque de condensation et la prolifération des bactéries du carburant, c’est de remplir le réservoir lorsque l’on rentre au port.

    Attention : dans certains pays « exotiques » utilisant les fûts comme logistique, la pratique de remplacer un peu du carburant détourné par de l’eau est assez répandue et peut avoir des effets catastrophiques (c’est la première cause d’accidents d’hélicoptères en Afrique…).

     

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    Les filtres à gazole

     

    Les filtres d’origine installés sur les moteurs ne sont que des modèles simples. Leur rôle est de retenir les impuretés mais pas l’eau, qui est la cause principale de la dégradation des pompes et des injecteurs. En pratique, on trouve bien souvent avant ce filtre (entre le réservoir et le moteur) un préfiltre décanteur qui assure la séparation eau/carburant. Comme le gazole est plus léger que l’eau, il reste dans la partie haute du filtre, tandis que l’eau, si elle est présente, sera dans la partie basse. Elle pourra être évacuée grâce à un petit robinet (encore faut-il y veiller et le faire).

     

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    Une observation visuelle permet de connaître l’état du gazole. Une coloration verte, noire ou marron, une eau trouble dans le filtre décanteur, des filtres recouverts de tâches, ou encore des boues ou des dépôts gélatineux dans le réservoir, sont des signes de pollution par les bactéries du carburant. Mais, attention, si on ne prend pas la précaution de le vérifier régulièrement et, si l’eau n’a pas été évacuée à temps, elle peut passer dans la pompe à injection et provoquer des dégâts importants.

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    Sur le marché, on trouve des préfiltres décanteur centrifuges. Ils travaillent en trois étapes : séparation, coalescence et filtration. Pendant la phase de séparation, l’eau et les particules solides plus lourdes que le gazole se déposent dans le fond du bol. Les particules en suspension viennent se déposer sur une coupelle et leur accumulation les rend plus grosses et plus lourdes, entrainant leur chute dans le fond du bol (coalescence). En dernier, le gazole passe à travers une cartouche filtrante imperméable à l’eau qui élimine les dernières particules très fines. L’installation d’un tel filtre ne pose aucune difficulté. Il se monte en série avant le moteur. Il doit être placé verticalement dans un endroit accessible. Quelle que soit la puissance du moteur, il existe des modèles adaptés en fonction de la consommation.

     

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    Traiter le carburant

     

    La contamination débute dans les réservoirs des raffineries, se poursuit dans les citernes des pompes et continue dans les réservoirs du bateau : il n’y a pas de génération spontanée, toute contamination provient de carburant déjà contaminé.
    Ces microorganismes les plus typiques sont : une bactérie Pseudomonas aeruginosa, une levure Candida tropicalis ou albacans et un champignon Cladosporium resinae. La contamination se traduit par la création de dépôts en fond de réservoir, une émulsification du carburant par effet tensio-actif qui perturbe le fonctionnement des filtres de séparation d’eau à coalescence (type RACOR),des risques de corrosion des éléments du circuit carburant (le pH devient acide) et surtout un risque de blocage des filtres par les impuretés créées.
    Conscients du problème, les pétroliers ont mis au point des produits préventifs pour éviter la naissance de bactéries du carburant et des curatifs pour les éliminer. Le but de ces produits (biocides) vendus chez les accastilleurs et les motoristes, est de détruire les micro-organismes et de stopper l’évolution des masses gélatineuses. Ils sont conditionnés en bidons doseurs. Suivant les marques, on doit ajouter, lorsque l’on fait le plein, une certaine quantité en fonction de la capacité du réservoir.

     

    Quelques conseils pour réduire les risques

     

    – Remplir le réservoir pour réduire la condensation lorsque l’on revient d’une sortie.
    – Vérifier périodiquement la présence d’eau dans le réservoir. Une trappe de visite est nécessaire, tous les réservoirs n’en possèdent pas. Si c’est votre cas, n’hésitez pas à en installer une.
    – Équiper la ligne de distribution, avant le moteur, d’un filtre décanteur de bonne qualité.

     

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    – Traiter le carburant avec un produit spécifique pour éviter le développement de bactéries.
    – Faire le plein du réservoir avant l’hivernage.
    – Installer les filtres conseillés par le fabricant du moteur.

    Maintenir le circuit propre, notamment en vidangeant régulièrement l’eau et les boues qui peuvent s’accumuler au point bas du réservoir (drain si existant ou aspiration par une trappe de visite qui devrait toujours exister : une bonne méthode est alors d’utiliser une seringue de vidange d’huile ou un système aspirateur d’huile moteur). Vider fréquemment les bols des filtres décanteurs. Faire le plein avant l’hivernage pour limiter le volume d’air « respirant », donc l’entrée d’humidité. La contamination ne peut se développer sans présence d’eau.
    L’adjonction systématique de biocide est efficace pour empêcher toute prolifération.

     

    Curatif :

     

    Si le circuit carburant est contaminé, la seule solution est un nettoyage complet, avec rinçage avec du gazole additionné de biocide à la concentration « choc ». Le remplacement de tous les filtres (préfiltre séparateur, filtre moteur) s’impose. La seule adjonction de biocide à concentration élevée, promue par beaucoup de vendeurs de produits, peut suffire mais les cadavres des microorganismes restent dans le circuit et peuvent quand même bloquer les filtres.

    A noter que l’adjonction de biodiesel, même propre, peut avoir pour effet de remettre en suspension, du fait des additifs ajoutés pour la miscibilité, les dépôts anciens et ainsi amener un blocage soudain des filtres.

     

    Biocides :

    De nombreux produits sont proposés dans le commerce:

    • Le BIOBOR JF de Hammonds fuel additives : Concentration conseillée : 1/7 000 (135 ppm) (la référence, recommandé par Airbus, Boeing, Dassault et Eurocopter ….)
    • Le Grotamar 82 de Schülke & Mayer : Concentration conseillée : 1/1 000 (1000ppm).
    • Le Grotamar 71A noter que ces produits sont assez onéreux, mais la concentration nécessaire est très faible.

     

    Remarque :
    On trouve des publicités, notamment sur Internet, pour des systèmes sensés détruire les bactéries du carburant par champs magnétiques, sans additifs. Des essais officiels sérieux de ces matériels miracles ont démontré leur inefficacité flagrante.

    Dans une bonne affaire il faut être deux, il y a toujours un pigeon !

     

    Lebosco

    Sources: Nautisme.com et Le site de Négofol

     

     

     

     

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