• Coquille Saint Jacques usurpation d’identité ?

     

     

     

    Coquille Saint Jacques usurpation d’identité ?

     

    Coquille Saint Michel ou coquille Saint Jacques ?

     

     

    La coquille Saint Jacques servait d’emblème aux pèlerins dans l’Europe du Moyen Age. D’où tirait-elle son nom? Le sanctuaire de Saint Jacques à Compostelle n’est pas au bord de la mer et les routes qui y mènent ne permettent pas de ramasser des coquillages. D’où venait l’association d’idées entre l’apôtre Jacques et un coquillage marin? L’auteur propose une réponse iconoclaste qui passe par. .. le Mont Saint Michel.

    Dans l’Europe des vingt-huit, se posent des problèmes de traduction pour lesquels un dictionnaire ne suffit pas. Prenons le commerce des produits de la mer. Comment traduira-t-on si l’on n’est pas d’accord sur les noms dans le pays d’origine ? En France, une même espèce animale, poisson ou coquillage, peut s’appeler différemment en Méditerranée, dans l’Atlantique ou en mer du Nord; pis, son nom peut varier d’un port à l’autre sur une même côte; pis encore, le même nom peut désigner deux espèces très différentes.

    Les pêcheurs du département de la Manche, pour un modeste coquillage torsadé et grisâtre, dont ils ont le quasi-monopole (1), hésitent entre « buccin », « bulot » ou « ran », voire « calicocot » ou « torion » (2). S’ils veulent l’exporter en Europe du Nord il faudra le baptiser wulk en néerlandais, Wellharnschnecke en allemand, valthornssndcke en suédois, kanksnegl en danois et autrement en lituanien, en estonien ou en letton. (3) Cela finira, valens nalens comme disaient nos ancêtres, par le nom anglais whelk. Promu par les forces obscures de la mondialisation ce whelk sera vite adopté car, avec une seule syllabe, il gagne de la place dans les messages.

    A moins que l’on décide à Bruxelles de se rallier au nom latin? Les scientifiques du monde entier l’ont déjà fait et dans le mélange de latin et de grec qui leur est commun, ils s’accordent sur buccinum, (ici b.undatum) un mollusque gastéropode qui prend pour pied son ventre mou.

     

    Coquille Saint-Jacques (2)

     

    Qu’arrivera-t-il à la coquille Saint Jacques?

     

    Pourra-t-on s’accorder sur son nom dans diverses langues, par exemple en lui reconnaissant une même valeur symbolique? Son nom en français lui assure un protecteur solide mais ce nom est bien long. Les forces obscures de la mondialisation et de la simplification vont tenter, j’imagine, de contester le patronage du saint; il est vrai que ce coquillage peut aussi être appelé « peigne » en français. Pline disait déjà pecten par analogie avec le peigne que portaient les dames romaines dans leur chignon (4).

     

    En allemand et dans les trois langues scandinaves on garde la même image (le peigne se dit kamm ou kam ; en allemand l’orthographe de kammmuschel comporte trois lettres m accolées l). Pour une fois le nom anglais escallop ou scallop ne s’impose pas. Certes il existe shell en une syllabe, mais les Anglais y voient la marque d’un géant pétrolier, ou une coquille vide, incomestible. Ce serait un comble de baptiser ainsi le fruit de mer préféré des gourmets et des chefs à trois étoiles. Il paraît que la coquille Saint Jacques vide contribue, elle aussi, à l’alimentation mais à celle du …. bétail ! Après broyage, elle apporte du calcium … En tout cas les Anglais ne disent pas « shell of St James » et certains de leurs dictionnaires associent plutôt coquille et pèlerinage en Terre Sainte (5).

    Comment un coquillage est-il devenu au Moyen Age l’emblème incontournable qui décore le chapeau, le vêtement ou la besace du pèlerin de Saint-Jacques-de-Compostelle ou d’ailleurs? Quel mollusque a servi de modèle? Des gens sérieux ont dit que, pecten jacobeus, l’espèce méditerranéenne, s’était imposée et non celle de l’Atlantique, pecten maximus (6). Or pour les savants les différences entre les deux espèces sont faibles; ni les pèlerins ni les artistes ne pouvaient les distinguer.

    Le saint protecteur est-il lui-même bien identifié? Ils étaient deux Jacques à l’époque de Jésus-Christ et tous deux apôtres. Heureusement Jacques-le Mineur s’efface sans heurt devant Jacques le Majeur qui fut pêcheur de métier, évangélisateur putatif de l’Espagne et qui est enterré, dit-on, en Galice à Santiago de Compostela. Les artistes médiévaux dans toute l’Europe, ont représenté Saint Jacques le Majeur en pèlerin, patron des pèlerins.

     

    Malgré les mauvaises langues qui disaient que le corps vénéré à Compostelle était celui d’un hérétique du IVème siècle, (ce qui flattait le particularisme des Galiciens, majoritairement celtes avant d’être espagnols) (7). La légende officielle veut que le corps de l’apôtre soit arrivé miraculeusement dans une barque. On n’a pas dit dans une coquille flottante ….

    A part Botticelli et sa Vénus, nul n’a vu flotter une coquille de peigne portant un corps humain.

    Le grand Saint Jacques aurait-il fait un autre miracle où un coquillage aurait joué un rôle? Non. Compostelle est-elle une ville au bord de la mer? Non. Les chemins de pèlerinage longeaient-ils quelque rivage marin? Non.? » Alors d’où vient la coquille? Ni en espagnol, ni en portugais le nom du coquillage ne renvoie à Saint Jacques. L’un dit venera et l’autre vieiria. Abandonnons le surnaturel. La coquille vide est un ustensile utile pour mendier et surtout pour puiser de l’eau au hasard des routes .Elle pourrait, au même titre que le bâton, symboliser le pèlerin. Mais alors, les messagers, très nombreux aussi au Moyen Age, avant que la poste ne prenne sa forme moderne, auraient dû être représentés, en plus du bâton, avec la coquille pour boire en route. Ce n’est pas le cas! (9) Alors si rien de rationnel ni rien d’irrationnel n’éclaire l’équation « coquille de peigne = Saint-Jacques + pèlerin », je voudrais esquisser une théorie, en m’excusant d’avance de son côté un peu chauvin, bas-normand.

     

    Le croyant qui partait en pèlerinage lointain, que ce soit vers Jérusalem, Rome, le Mont Saint Michel ou Saint-Jacques-de-Compostelle, voulait rapporter un souvenir et, montrer à son retour que le but avait été atteint. On sait par des textes d’époque que certains emportaient des outils pour casser un caillou du Golgotha ou de la muraille des sanctuaires.(10-11) Restons avec celui qui va prier l’Archange Michel. Parti de Tours, de Dijon, de Francfort ou de Liège, jamais il ne voit la mer! La première fois qu’il la découvre, il découvre en même temps le Mont, récompense suprême. Sur la grève les coquillages abondent; ne dit-t-on pas proverbialement à l’époque, pour moquer un effort inutile: « qu’on porte des coquilles au Mont Saint Michel ou des feuilles en forêt » ? (12) Il se baisse et ramasse ces objets étranges, inanimés, imputrescibles. Il en met dans ses vêtements pour les rapporter à la maison. Sa femme, son curé, sa confrérie, voire le seigneur qui l’a envoyé marcher à sa place, seront convaincus par ces objets nouveaux, certainement cueillis au bout du voyage.

     

    Et voilà comment, me semble-t-il, une coquille vide, fût-elle de patelle, de pétoncle ou de coque devient naturellement emblème ou insigne (on disait « enseigne ») du pèlerinage réussi à Saint-Michel-au -péril- de- la- mer. Aucun autre sanctuaire n’offre une conjonction aussi évidente entre un coquillage marin et un saint. Enfin, argument supplémentaire, la célébrité du Mont-Saint-Michel commence au VIIIème siècle quand l’évêque Aubert y dépose les reliques venues d’Italie (13). A cette époque le sanctuaire de Santiago de Compostela n’existe pas. Il faudra plus de cent ans pour qu’il naisse, et deux ou trois siècles pour qu’il s’impose comme le lieu de pèlerinage le plus fameux du monde chrétien, attirant les pèlerins les plus huppés, s’annexant le coquillage symbolique et laissant, dit-on, au Mont normand une clientèle plus populaire (14). Il faut dire qu’à l’époque la marche vers Compostelle, à la différence de celle du Mont, avait un air de croisade, de guerre sainte, dans un pays où la reconquête sur les Sarrasins n’était pas achevée. (15) Accessoirement, l’antériorité des pèlerinages à Saint Michel pourrait expliquer aussi que les Espagnols crient: « Montjoie » en français quand ils arrivent à Santiago.

     

    On aurait dû dire « coquille Saint-Michel » ! Pourtant je ne trouve nulle trace de cette appellation dans les livres d’aujourd’hui, ni dans les guides de découverte, ni dans les ouvrages de biologie marine destinés au grand public, ni même dans l’excellent

    « Vocabulaire des côtes de la Manche » où ont été recueillies vers la fin du XX’ siècle des centaines d’appellations françaises et dialectales (2). Celui qui en a parlé cent ans plus tôt c’est Edouard Corroyer, historien et architecte du Mont (16). Il a nommé et dessiné la « coquille St Michel ». Ce sont, dit-il, les coquilles « naturelles » de la baie .Elles sont noires ou brun très foncé et possèdent une oreillette qui « permet de les fixer facilement sur les vêtements des pèlerins ». Usant du jargon des héraldistes, Corroyer indique que les armoiries de l’abbaye sont » d’argent aux coquilles de sable, ces dernières plus ou moins nombreuses suivant les époques « Ces armoiries sont déjà attestées avec trois coquilles sous l’abbatiat de Robert de Jolivet au début du XVème siècle et recopient probablement des blasons plus anciens. Et à Genêts (localité où le pèlerin aborde les grèves) la sénéchaussée, elle aussi, arbore un blason à trois coquilles ; par ailleurs, des coquilles entrelacées décorent, à partir de 1469, le manteau et le collier d’or des Chevaliers de l’ordre fondé par Louis XI pour remercier l’Archange d’avoir soustrait le Mont à l’occupation anglaise.

     

    Ces utilisations décoratives, pas nécessairement liées aux pèlerinages (17), confirment à mes yeux l’abondance ou la spécificité des coquillages marins dans la baie du Mont-Saint- Michel. Quel animal servait de modèle? Probablement pas la coquille Saint Jacques qui ne se trouve pas normalement sur les grèves car elle vit à une profondeur plus grande. Je pense que la description que donne l’architecte est celle du « pétoncle » ou « peigne variable » (pecten va rius ou mieux chlamys varius) qui possède en effet une grande oreille d’un seul côté alors que la coquille Saint Jacques en a deux, symétriques. Les tailles des adultes sont différentes: Le pétoncle ne dépasse pas 5 cm alors que la coquille St-Jacques atteint facilement 15 cm.

     

    Mais rien n’est simple … Sur nos côtes existe un autre peigne: chlamys opercularis qui présente deux oreilles symétriques avec une taille de 5 à 6 cm ; le « Vocabulaire » affirme qu’on le vend à Granville sous le nom d’olivette » et ailleurs de « vannette » ou « vanneau » par allusion à l’instrument à vanner le grain. Ce qui n’empêche qu’à Cherbourg la « vanne » désigne la coquille Saint Jacques!

     

    Les héraldistes, ils sont peu nombreux heureusement, ajoutent à notre confusion et continuent à dire « vanner » pour une coquille Saint Jacques vue du côté concave et « coquille » pour la même vue du côté convexe.

    Pour finir, j’ai consulté un autre historien incontournable du XIXème siècle, l’abbé E.A. Pigeon qui était chanoine de Coutances et s’était fait construire à Genêts un manoir avec vue sur la Merveille de l’Occident. J’espérais qu’il m’aiderait à promouvoir la « coquille St Michel ». Il n’en fut rien. Le chanoine Pigeon, qui écrit pourtant moins de dix ans après Corroyer, ne la mentionne même pas; pas plus d’ailleurs que la coquille Saint Jacques! Pour lui, sans états d’âme, l’insigne de tous les pèlerins est une « coque de Genêts », aujourd’hui cardium edule, que les « michelots », des pionniers, ont exportée vers les autres sanctuaires. Et toujours sans états d’âme, il reconnaît son « bivalve des grèves » sur le collier de l’ordre militaire de St-Michel, sur le blason de l’Abbaye et sur les sceaux de la sénéchaussée de Genêts depuis 1387 au moins et jusqu’à 1830, à « la chute des Bourbons ». (19)

     

    Il paraît difficilement contestable que l’association d’idées entre pèlerinage et coquille soit née au Mont- Saint-Michel. Aucun autre sanctuaire, redisons-le, n’offre une conjonction aussi évidente entre un coquillage marin et un saint ! Qui plus est, on trouve dans la Baie des coquillages ordinaires qui ont le même dessin qu’une coquille Saint- Jacques et dont la taille convient mieux pour faire un insigne. Mais pourra-t-on rendre à César ce qui est à César et à Saint Michel la coquille usurpée par Saint Jacques? Non sans doute. On n’arrachera pas à pecten maximus son nom français de coquille Saint Jacques.

     

    Ce qu’on pourrait faire de mieux serait, comme au XIXème siècle de baptiser « coquille Saint-Michel » le vulgaire pétoncle et sa cousine vannette. Ce qui suppose l’accord de tous les pêcheurs de la Baie, tant normands que bretons …. Mais ce qui ne réglerait pas le problème de la traduction dans les autres langues d’Europe.

    Et enfin, il faudra aussi définitivement renoncer à associer un symbole de la piété médiévale à une espèce biologique unique, dotée d’un nom latin universellement reconnu. Nous nous consolerons en pensant qu’ailleurs sur la planète, le même constat s’est imposé. Le lotus, fleur sacrée des Égyptiens, est- il un nénuphar, un nymphéa ou un nelumbo ? Est-il semblable au lotus des bouddhistes d’Inde? Ou à celui de la Chine? Jamais on n’aura la réponse. Jamais on n’enfermera le religieux dans les certitudes, d’ailleurs provisoires, de la science.

     

    François SIMON (Carolles. Manche)

     

    Post-scriptum : Au moment de mettre sous presse, je découvre le petit livre d’une journaliste ‘! » désireuse, elle aussi, d’arbitrer entre St Jacques et St Michel. Elle rend, hélas, son verdict en faveur du premier. Mais pour expliquer le lien entre l’apôtre et la coquille de peigne, elle s’appuie sur une thèse compliquée où des plongeurs professionnels cueillent les coquilles au fond de la mer de Galice puis les chargent sur des mulets vers Compostelle.

    J’emprunte à son étude deux citations qui vont dans mon sens:

    D’abord celle d’un bénédictin, inspirateur de Corroyer. Il écrivait en 1868 que dans tous les lieux de grand pèlerinage, même éloignés de la mer, on vendait des coquilles à l’imitation de celles ramassées dans la baie sainte, « dès les premiers temps des pèlerinages au Mont. »

    Ensuite, une citation percutante de La Varende affirmant en quelques lignes ce que j’ai mis trois pages à expliquer: « l’on peut croire sans témérité que la coquille devenue insigne générique du pèlerin est née au Mont Saint Michel. Saint-Jacques de Compostelle est à trente-cinq kilomètres de la mer; c’est peu en comparaison des distances parcourues, mais ce n’est pas le littoral. Dès le Xème siècle, ces insignes apparaissent au Mont Saint Michel. D’ailleurs la coquille Saint Jacques, le Godfish des Anglais, le pecten jacobeus diffère de la coquille Saint-Michel; elle est beaucoup plus grande. La nôtre doit être la palourde, la bucarde, encore appelée la coque qu’on rencontre abondamment sur les grèves découvrantes. »

     

    Glossaire

    (1) Dans Envies de Normandie, brochure éditée par les deux conseils régionaux pour le salon de l’Agriculture 2003, on peut lire » les casiers du Cotentin remontent 90% des bulots pêchés en France ».

    (2) LEPELLEY (René) et l’Université du 3° âge de Basse-Normandie. Vocabulaire des côtes du département de la Manche; relevés et étymologie des noms des espèces marines. Université de Caen et Ch. Corlet, 1985.

    (3) Toutes les dénominations commerciales étrangères proviennent du DICTIONNAIRE MULTILINGUE des poissons et Produits de la Pêche/ multilingual.. ..products préparé par l’O.C.D.E. publié par Fishing news books Itd, Surrey England 1968, 430 pages.

    (4) The Scallop, su/dies of a shell and ils influence on humankind, par huit auteurs, publié à Londres par the SHELL transport and trading company limited 1957. Hors commerce, collection de l’auteur 135 pages.

    (5) The new GRESHAM dictionary of/he english language, London, 1925

    (6) MAÎTRE-ALLAIN (‘Thierry) La vie au bord de la mer, Les carnets d’Arthaud, 1991 .Mais Le guide des coquillages marins de Delachaux et Niestlé, éd.fr 2000, dit exactement l’inverse ..,

    (7) Mentionné dans l’émission de radio France-Inter, Daniel Mermet, 2002

    (8) Le premier « guide » connu a été écrit en latin vers 1140

    (9) His/ory of the mail and the posts, around the world from antiquity ta the 20th c.. Manuscrit de l’auteur non publié, 1997

    (10) Les chemins de pèlerinage dans la Manche, Ouest- France, 1999, p.114

    (11) Encyclopaedia Universalis, vol. 12 p.733

    (12) Adaptation en français des proverbes flamands illustrés en 1559 par le tableau de Brueghel à Berlin, proverbe n° 49 ..

    (13) La date de 708 est « crédible » mais pas correctement attestée. Revue de l’Avranchin etc., tome 80, 2003, fasc. 394 p. 68

    (14) Si telle est bien la signification du proverbe:  » les petits gueux vont au Mont Saint Michel et les grands à St Jacques.

    (15) Revue de la Manche, tome 39 1997 fasc.154, avril.

    (16) CORROYER (Edouard) Histoire et légendes du Mont-Saint-Michel, 1877, – aussi ROBERT (Bruno), Randonnées sur les chemins de Paradis, Ed. Ch. Corlet 1984, qui reprend Corroyer sans le commenter.

    (16) CORROYER (Edouard) Histoire et légendes du Mont-Saint-Michel, 1877 ,réédition Jean de Bonnot, 1983 et aussi ROBERT (Bruno), Randonnées sur les chemins de Paradis, Ed. Ch. Cori et 1984, qui reprend Corroyer sans commentaire.

    (17) La valeur décorative de la coquille St Jacques est appréciée depuis la plus haute antiquité. On connait de nombreuses reproductions datant d’avant l’ère chrétienne (grecques, romaines et aussi précolombiennes)

    (18) DUFLOT (Michèle) D’un pèlerinage à l’autre, L’OMBRE DE LA COQUILLE, laissez-passer symbolique, éd. de Matignon, 1998, 43 pages. Elle cite Jean de La Varende, Le Mont-Saint-Michel, Calmann-Lévy 1941, ré-éd. Presses du Village, 1992.

    (19) Le Mont-Saint-Michel et sa baronnie GENÊTS-TOMBELAINE, ré-éd. A de Schuyter, Bécherel, 1997 p.211. Le livre original date approximativement de 1885.

    ln cauda venenum : Je ne résiste pas au plaisir d’une digression perfide, pour montrer qu’on peut être ami du site, bon historien mais en même temps mauvais futurologue et prêt à anéantir le caractère maritime du Mont! Le chanoine Pigeon écrit en effet, c’est la dernière phrase de son livre: « Nous croyons donc qu’à une époque assez rapprochée, nos grèves seront conquises et qu’à la place de ces sables improductifs et souvent dangereux, nous aurons des plaines d’une fertilité étonnante, un port à Genêts, enfin des fermes modèles qui ramèneront la vie et la richesse dans le pays. »

     

    Coquille St Jacques

    DES COQUES: Leur forme rebondie les a fait comparer à un cœur, en latin cardium.

    Elles sont, et de loin, les coquillages les plus visibles de la Baie du Mt. St. Michel. Glanées plutôt que pêchées, les coques apportent encore aujourd’hui des ressources à certains habitants du littoral.

    UNE COQUILLE Saint Jacques: Vivante, elle n’est pas fixée mais posée au fond de la mer; elle déploie un grand nombre de barbes ou tentacules dont certaines portent des

    « yeux ». Elle est capable de nager et même de fuir brusquement par saccades. On croit que l’espèce est grégaire et entreprend des migrations. On ne sait pas complètement la cultiver; on se contente de produire du naissain et d’ensemencer certaines zones marines. On l’exploite par dragage donc en aveugle. Des pêcheurs à pied en récoltent parfois à Chausey aux très grandes marées.

    DEUX ESPECES DE PÉTONCLES : : A gauche chlamys opercularis, à droite chlamys varius ou varia. Certains auteurs disent pecten ou aequipecten. En français, certains appellent pétoncle blanc celle de gauche et pétoncle noir celle de droite. On ne s’accorde pas sur « vanneau », appliqué tantôt à gauche et tantôt à droite … J’ai dit pourquoi on serait fondé à les appeler « coquilles Saint Michel » … La première n’est jamais fixée aux rochers, la deuxième l’est souvent. La pêche commerciale se fait par dragage.

     

    Vous pourrez découvrir l’article sur l’histoire de la coquille saint Jacques

     

     

     

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