• Sauvons la limule à sang bleu

     

     

     

    Sauvons la limule à sang bleu

     

     

    C’est quoi une limule ?

     

    Les limules sont des arthropodes marins qui ont 500 millions d’années d’existence, qui ont survécu à 17 âges glaciaires et aux extinctions massives. Leur carapaces les fait ressembler à des crabes d’un monde extraterrestre tant leur corps nous est étranger. Pensez donc : les limules possèdent 10 yeux et peuvent rester 16 heures en apnée. Pourtant elles sont plus proches des scorpions que des crabes et ne sont pas des crustacés, mais des arthropodes, famille plus large que les crustacés.

     

    Limule (1)

     

    La limule peut mesurer jusqu’à 50 centimètres et vivre jusqu’à 30 ans. Elle fut menacée d’extinction à la suite de son utilisation par les hommes comme engrais, sous prétexte qu’elle était responsable d’une consommation excessive de mollusques. Elle fut en voie d’extinction jusqu’à ce que l’on découvre, dans les années 1960, les propriétés uniques de son sang désormais très étudié. La limule est pêchée, puis relâchée après prélèvement sanguin et marquage (pour lui éviter un deuxième prélèvement sanguin).
    La limule vit au fond des eaux peu profondes (5 à 10 mètres) et se nourrit de petits animaux marins comme des poissons ou des crustacés qu’elle broie avec la base de ses pattes antérieures, sa bouche étant dépourvue de dents. La reproduction a lieu en début d’été, la femelle venant à terre une fois l’an, à la pleine lune. Elle creuse un trou peu profond (20 centimètres environ) et y dépose quelques milliers d’œufs qui éclosent au bout d’un mois.

     

    Limule (2)

     

    Sa vision:

     

    La limule possède dix yeux. Une particularité biologique fait que ses quatre yeux primitifs ne détectent que les objets en mouvement. Sa vision a fait l’objet de multiples recherches. Chaque ommatidium conduit à une seule fibre nerveuse. De plus, les nerfs sont de grande taille et leur accès est relativement aisé. Cette particularité anatomique permit aux scientifiques d’analyser les impulsions nerveuses en fonction de la lumière. Des phénomènes visuels comme l’inhibition latérale purent ainsi être observés.
    D’autres expériences ont permis de démontrer que les limules mâles utilisent la lumière et la perception des formes pour trouver des partenaires de jour comme de nuit. L’œil latéral de la limule offre une image dont la résolution avoisine 40 x 25 pixels. Elle est fortement bruitée mais suffisante pour l’animal.

     

    Limule (3)

     

    Propriétés particulières du « sang » de limule:

     

    L’hémolymphe (équivalent fonctionnel du sang chez les arthropodes) des limules est de couleur bleue du fait de la présence d’hémocyanine au lieu d’hémoglobine. Ses cellules sont des amibocytes qui réagissent en présence d’endotoxines bactériennes (composés ayant un effet pyrogène dangereux lorsqu’ils sont injectés chez l’homme) en produisant une protéine transformant l’hémolymphe en gel. La limule n’ayant pas de système immunitaire, ce gel lui permet de bloquer les infections bactériennes.
    Cette particularité fait que, depuis les années 1970, on utilise l’hémolymphe des limules pour produire un réactif, appelé lysat d’amebocyte de limule (LAL), employé notamment dans le domaine pharmaceutique pour tester l’absence d’endotoxines dans les médicaments, les produits de dialyse et le matériel médico-chirurgical.

     

    Limule (4)

     

    Leur sang est capable de détecter d’infimes contaminations bactériennes. Cela fait que ce liquide bleu est extrêmement recherché et coûte une véritable fortune, environ 15.000 dollars (environ 11.000 euros) le litre. Mais leur sang bleu vaut une véritable fortune dans le domaine biomédical. En effet, le liquide qui coule dans ces arthropodes permet de détecter et de détruire les contaminations bactériennes les plus infimes. Les limules sont des « fossiles vivants » qui parcourent les côtes océaniques depuis 450 millions d’années et leur sang bleu explique en partie la longévité de l’espèce. Il doit cette couleur à l’utilisation du cuivre pour transporter l’oxygène dans ses vaisseaux sanguins contrairement aux animaux qui, comme nous, se servent de l’hémoglobine, une protéine qui contient du fer. Le sang des limules réagit ainsi à la présence de bactéries et se coagule autour des intrus. Les humains se servent de ce sang bleu pour détecter la présence, même infime, de bactéries sur de l’équipement médical, des vaccins ou tout produit injectable. S’il y a coagulation c’est que des microorganismes indésirables sont présents. Cette réaction met 45 minutes là où chez les mammifères cela prendrait deux jours.

     

    Limule (5)

     

    Pour cela, les chercheurs doivent extraire du sang des limules ce que l’on appelle le lysat d’amebocyte de limule. Or, ce produit n’est pas synthétisé de manière satisfaisante. Plusieurs entreprises se chargent donc de récolter 250.000 limules chaque année le long de la côte Est des Etats-Unis. Ils sont emmenés dans des usines où ils sont nettoyés et se voient prélever jusqu’à 30% de leur sang. La plupart des arthropodes survivent à l’opération et sont relâchés quelques jours plus tard dans la nature. Les pêcheurs les déposent alors plus loin que là où ils les ont trouvés afin de ne pas capturer trop vite les mêmes animaux. Ce procédé a bien sûr un impact sur les limules qui se déplacent ensuite beaucoup moins pour se reproduire et pondre. Ils sont également pêchés pour être consommés, en particulier en Asie, ou pour servir d’appât à poissons, si bien qu’ils sont maintenant protégés dans certaines régions.

    Martin Koppe

    Maxisciences et Fréquence terre

     

     

     

     

    3 commentaires ont été rédigés, ajoutez le votre.

    1. Armadeo
      Publié dans 10/05/2018 le 11:30

      Tout à fait d’accord avec vous, Jacques Micelli. Je me dis parfois que l’être le plus nuisible sur notre belle planète bleue est l’être humain qui utilise toutes ses richesses à son seul profit, sans respect pour la Terre, sans respect pour les autres espèces. La terre devrait être un paradis, mais les hommes la transforment souvent en enfer. Réagissons avant qu’il ne soit trop tard. Apprenons à aimer et respecter la vie sous toutes ses formes.

    2. Martin
      Publié dans 09/05/2018 le 13:14

      Super article

    3. Jacques Micelli
      Publié dans 14/04/2018 le 10:25

      Laissons ces pauvres betes vivre et arretez de vous gaver de pognon sur l ex cuse de sauver l humain qui lui detruit tout

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