• La mine sous la mer

     

     

     

    La mine sous la mer

     

     

    A l’emplacement exact de la centrale nucléaire et du chantier de l’EPR de Flamanville au nord-ouest du Cotentin, se dressaient il y a 50 ans les bâtiments de la mine de fer de Diélette. Exploitée pendant un siècle, cette mine sous la mer était unique en son genre car ses 15 kilomètres de galeries s’enfonçaient sous les eaux froides de la Manche à 150 mètres de profondeur.

     

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    Chaque jour près de 600 tonnes de minerai étaient extraites à la dynamite puis chargées à bord de bateaux principalement en partance pour la Grande‐Bretagne et les pays scandinaves. Face au chantier de l’EPR, on aperçoit encore les vestiges du « wharf », la plateforme de chargement jadis reliée à la mine par un téléphérique. Les infiltrations d’eau de mer étaient le plus grand ennemi de la mine, 11 m3 suintaient dans les galeries chaque minute. Toute la sécurité reposait sur la station de pompage qui tournait 24 heures sur 24. En cas de panne, les mineurs disposaient de moins de 20 minutes pour rejoindre la surface.

     

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    Durant un siècle, le village de Flamanville a vécu au rythme de sa mine si particulière, accueillant des ouvriers venus d’Italie, d’Espagne, de Pologne, de Tchécoslovaquie. Si le travail était dur, les salaires y étaient bien meilleurs que dans les fermes environnantes. Les familles des mineurs étaient logées gratuitement à l’écart du bourg dans les corons de la Cité Sainte-Barbe. Politiquement, la cité constituait un « îlot rouge » qui contrastait avec la campagne normande plutôt conservatrice. Composée pour l’essentiel de mineurs, l’équipe de football de Flamanville était réputée pour sa ténacité et sa rudesse dans toute la Normandie. En dépit de sa teneur en fer exceptionnelle, l’extraction du minerai cessa en 1962. Le site de Diélette n’était plus rentable face aux exploitations à ciel ouvert d’Afrique. Trop coûteux, le combat incessant contre la mer devenait impossible à poursuivre. A la veille de sa fermeture, la mine employait plus de 200 personnes.

     

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    On pourrait croire que, 50 ans après sa fermeture, le souvenir de la mine est définitivement effacé. Il reste pourtant encore profondément ancré dans la mémoire de Flamanville et de ses habitants. Beaucoup sont issus de familles de mineurs. Une vingtaine d’entre eux sont encore vivants. Chaque année, les anciens se retrouvent toujours début décembre pour célébrer la Sainte Barbe et retrouver pour quelques heures une fraternité et une camaraderie que les années n’ont pas entamées, celle des mineurs de fond.
    Sophie Bourhis

     

    Un film de Pierre-François Lebrun.

    Avec l’aimable autorisation de Laurent Marvyle

     

    Vous pouvez voir l’article « Dielette une mine de fer sous la mer »

     

    lebosco

     

     

     

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    1. Dupont Bernard
      Publié dans 27/02/2018 le 09:14

      Après m’être intéressé au Fer en Basse Normandie, j’ai bien sûr été attiré par la mine de Diélette et son caractère tout particulier, je suis allé ramasser des cailloux avec mon aimant sur la plage, je suis allé visiter le musée de Flamanville, j’ai traversé le « coron » de Ste Barbe… et je me suis promis de revenir ! Le film réalisé par Laurent Marvyle est excellent et retrace bien cette épopée ouvrière à hauts risques ! Et les vieux qui restent sont si attachants !
      A bientôt !

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