• Construction de la station de chargement en mer à Diélette (3)

     

     

     

    Construction de la station de chargement en mer à Diélette,

    des minerais de fer dans les cargos (3.fin).

     

     

    Station en mer

     

    Pendant que les opérations de lestage se poursuivaient, on exécutait, à la partie supérieure, l’installation métallique, confiée à la Société des Appareils de levage, de Paris. Elle comporte un poste de chargement à terre, alimenté par l’accumulateur à minerai de 20000 tonnes, et deux transporteurs aériens jumelés, à grand débit, aboutissant à la station de chargement du caisson. Cette station permet à la fois le chargement du minerai et le déchargement du charbon.

     

    caisson3 et 4

     

    Le minerai de fer, préalablement concassé, est amené dans l’accumulateur au moyen d’un tapis roulant incliné qui débouche sur un transporteur à courroie desservant l’accumulateur sur sa longueur de 60 mètres environ. Le minerai est repris sous l’accumulateur par les deux transporteurs aériens, alimentés au moyen de douze goulottes de chargement avec trappes à bascule réparties sur la longueur de l’accumulateur.

     

    caisson8.9.

     

    A chacun des transporteurs correspondent six goulottes, au moyen d’une boucle principale de voie de roulement; dans chacune des boucles principales est installée une voie de recoupement circulant devant deux goulottes seulement, et permettant d’effectuer un circuit raccourci.

     

    caisson10 et 11

     

    La longueur des transporteurs aériens est de 660 mètres entre stations extrêmes; ils sont capables chacun d’un débit théorique de 250 t/h, ce qui permet de charger en 12 heures un cargo de 3500 tonnes environ, en tenant compte des manœuvres.

     

    caisson12.13.

     

    La densité du minerai de fer transporté est de 2400 kg/m3.
    La capacité de chaque benne est de 500 litres, ce qui correspond à 1 200 kg de minerai environ, et la charge totale de chaque benne pleine est de 1725 kg. La cadence théorique est de 200 bennes à l’heure pour le débit horaire de 250 tonnes, et la vitesse de marche est de 2m 50 à la seconde. L’espacement entre deux bennes est de 15 mètres; une benne passe toutes les 18 secondes, et chaque ligne en comporte 40.
    Le diamètre des câbles porteurs (côté des charges) est de 35 mm; ils sont tendus à 48 tonnes. Du côté des vides, ce diamètre est de 36 mm; les câbles sont tendus à 25 t 5. Le diamètre des câbles tracteurs est de 15 mm.
    La puissance nécessaire à l’entraînement des deux transporteurs est de 35 CV (moteur électrique à 550 volts, 50 p/s).
    Tous les aiguillages et croisements de voies sont automatiques.

     

    Station de départ

     

    La station à terre comporte le mécanisme d’entraînement et les contrepoids des câbles porteurs. La boucle principale, côté Diélette, est prolongée par une boucle auxiliaire pour décharger les bennes revenant de la station en mer, pleines de charbon, dans une trémie débouchant sur un élévateur à godets qui dessert l’accumulateur à charbon. L’autre boucle principale comporte une transmission auxiliaire réduisant la vitesse à 65 cm/s pour permettre la visite des câbles et, éventuellement, le transport du personnel jusqu’à la station de chargement en mer.

     

    Chargement-minerai-Dielette (8)

     

    Cette dernière station comporte deux circuits de voies de roulement correspondant à chacune des lignes et alimentant chacun une goulotte télescopique. Les bennes sont déchargées dans ces goulottes, et le minerai s’écoule directement dans le navire. Des voies de croisement auxiliaires permettent de faire débiter simultanément les deux lignes dans une même goulotte.
    La disposition des circuits est telle, d’autre part, que l’une quelconque des lignes peut alimenter la goulotte normalement affectée à l’autre ligne. La station en mer comporte les poulies de renvoi des câbles tracteurs, ainsi que les ancrages des câbles porteurs.

     

    Chargement-minerai-Dielette (10)

     

    Les goulottes télescopiques se composent de trois parties : une partie fixe formant entonnoir de déversement pour les bennes et fixée à un bâti métallique monté sur châssis roulant; une partie relevable, articulée sur le châssis, et dont le mécanisme de commande par câbles se trouve assujetti dans le précédent bâti ; enfin, l’extrémité télescopique.
    Les manœuvres de translation des goulottes, de relevage des parties mobiles et de déplacement des parties télescopiques se font au moyen de treuils à main; toutefois, on projette d’électrifier les mouvements de translation.

     

    On a, en outre, prévu sur la charpente de la superstructure métallique une grue roulante et pivotante avec benne preneuse automatique, permettant de puiser le charbon dans un navire amarré, puis de le verser dans une trémie située dans un angle de la station, côté Diélette. Sous cette trémie, les bennes de la ligne de transport correspondante viendraient se charger pour transporter le charbon à terre, dans l’accumulateur de charbon.

     

    Chargement-minerai-Dielette (9)

     

    Pour s’opposer aux vents très violents, on a prévu des dispositifs d’amarrage pour le châssis de la grue et pour la flèche.
    A l’arrivée au poste à terre, les bennes chargées de charbon s’engagent sur la boucle auxiliaire, côté Diélette, et se déversent dans une trémie qui débouche sur un élévateur vertical à godets comportant 92 godets d’une capacité unitaire de 20 litres environ. La distance d’axe en axe des tourteaux de commande est de 27 mètres; la vitesse des chaînes portant les godets est de 0 m 45 p/s; le débit horaire est de 40 tonnes et la puissance du moteur est de 13 C.V. à 1000 t/mn environ.
    L’installation aérienne servit déjà pour le remplissage du caisson. En effet, on a rempli les compartiments avec 14 000 tonnes de béton de minerai pesant 3000 kg/m3, fabriqué à la station terrestre.

     

    Chargement-minerai-Dielette (6)

     

    On s’est servi d’un monocâble utilisant le treuil de la ligne, côté Diélette, de la station terrestre, en prenant appui sur les pylônes en mer de la ligne principale. La station de déchargement de ce monocâble, établie au niveau de la partie supérieure du caisson en béton armé, a été réalisée de façon à ne pas entraver le montage de la charpente métallique définitive, d’un poids total de 190 tonnes; ce montage s’est effectué en même temps que le remplissage du caisson et a été terminé à peu près en même temps. Le personnel chargé des travaux, ne pouvant se rendre régulièrement sans danger à la station en mer, a dû loger dans des baraquements établis dans la charpente métallique de cette station.

     

    Chargement-minerai-Dielette (7)

     

    Le monocâble, d’un débit horaire de 15 tonnes, était équipé de bennes de 110 litres, correspondant à une charge utile de 330 kg, pour un poids total de 440 kg. La cadence du fonctionnement était de 45 bennes à l’heure; la vitesse d’entraînement, de 1m 80 à la seconde, ce qui correspond au passage d’une benne toutes les 80 secondes (espacement entre deux bennes, 144 mètres). Le câble, de 20 mm de diamètre, était tendu par un contrepoids de 8 tonnes, et la puissance du moteur nécessaire à l’entraînement était de 15 C.V.

     

    Le montage du transporteur, réalisé par la Société des Mines de Diélette sous le contrôle de la Société des Appareils de levage, est terminé depuis quelques mois, et le premier bateau a été chargé le 27 mars 1930.

     

    Chargement-minerai-Dielette (11)

     

    On s’est souvent demandé si le caisson résisterait sans dommage aux tempêtes extrêmement violentes qui se produisent fréquemment sur cette partie de la côte. Sans prétendre répondre d’une façon absolue, nous pouvons signaler que l’hiver 1929-1930 a été particulièrement dur : le 18 novembre, une tempête très forte se produisait à Diélette; une pinasse, chargée de poutres en fer et mouillée près du caisson, a été soulevée par une lame, puis elle a coulé; cette même tempête a renversé une grue qui a coulé au fond du port et a éventré la coque d’une embarcation utilisée par les scaphandriers; un gros chaland s’est échoué sur le rivage; et, malgré toutes les précautions prises, une partie du plancher et des charpentes du caisson et du monocâble a été entraînée à la mer, mais le caisson n’a aucunement souffert .

     

    La Société des Mines de Diélette, entièrement satisfaite des résultats obtenus, se proposa d’ailleurs de donner plus d’importance à cette station de chargement.

     

    G. LEFLOT et D. LAGARDE

     

    Les 1er et le 2ème articles :

    Construction de la station de chargement en mer à Diélette (1)

    Construction de la station de chargement en mer à Diélette (2)

     

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