• Les fleurs de givre de l’Arctique

     

     

     

    Les fleurs de givre de l’Arctique

     

     

    Les étranges fleurs de givre qui croissent sur les berges russes glacées de l’océan Arctique où bouillonne une vie microscopique constituent à elles seules un phénomène étonnant et peu étudié. Le champ où elles se constituent ressemble plus à l’image d’une autre planète tirée d’un film de science-fiction. Pourtant, c’est précisément en ce lieu que la vie se développe secrètement.

     

    Quelle idée nous faisons-nous de l’Arctique ? Nous imaginons un océan recouvert d’une couche de glace, un désert neigeux interminable, du vent, du gel… Nous ne nous attendons pas à y découvrir un étrange sol recouvert de fleurs blanches translucides. Pourtant, les fleurs de glace constituent un phénomène d’une beauté inhabituelle, rare et peu étudié.

     

    Fleur givre (1)

     

    Ces fleurs de givre se forment sur une fine couche de glace. Comme l’eau peut passer de la phase solide à la phase gazeuse sans passer par la phase liquide, une couche d’humidité sursaturée se forme sur la couche superficielle de glace de l’océan arctique. En raison de l’écart de température de 20°С entre la glace et l’air, celle-ci refroidit rarement et se condense. Par exemple, quand la température de la glace dans la couche d’humidité est d’environ 0°С et la température de l’air de -20°С, les fleurs arctiques se développent. Ces cristaux de gel peuvent atteindre quelques centimètres de hauteur. Au bout d’un certain temps, des aérosols salés sédimentent sur les cristaux. C’est pourquoi le taux de sel présent dans ces fleurs est quatre fois plus élevé que dans l’eau de mer.

     

    Fleur givre (2)

     

    Au premier regard, les fleurs de givre s’apparentent à des cristaux immobiles. Pourtant, leur nature est bien différente. Ce sont en réalité de singuliers écosystèmes miniatures. Pour des raisons encore inconnues, la quantité de microorganismes vivants se développant dans les rudes conditions climatiques de l’Arctique sont plus nombreux dans ces fleurs glacées que sous la couche de glace. En effet, chaque fleur contient environ un million de bactéries. Voilà pourquoi certains scientifiques pensent que la vie sur notre planète est peut-être apparue dans des conditions identiques.

     

    La nature arctique est incomparable par son ascétisme. Les collines de neige et de gel se fondent dans le ciel nuageux. La limite entre ciel et terre est souvent imperceptible. Seuls les contours flous du soleil pâle qui percent les nuages neigeux et les sombres tâches d’eau s’étant faufilée dans l’épaisseur de la glace remplissent de couleur la toile blanche que constitue ce morceau de terre préservé de l’homme, à la manière des peintures d’un artiste invisible. Impossible de traduire en mots ce tourbillon de sentiments et d’émotions qui s’éveillent en vous lorsque votre regard découvre un champ entier de fleurs de glace.

     

    Fleur givre (3)

     

    Malheureusement, les fleurs de givre de l’Arctique sont aussi fragiles qu’éphémères. Dès que la couche de glace s’épaissit, sa température se rapproche de celle de l’air ; par conséquent, les fleurs disparaissent. De plus, la taille et l’aire des fleurs dépendent de la condition de la couche sursaturée, sensible à différents facteurs, dont le vent.

     

    Les scientifiques supposent que les fleurs de givre peuvent présenter des dangers pour l’atmosphère, malgré leur grande beauté. Leur exposition au soleil entraîne des réactions chimiques : par conséquent, les fleurs émettent du méthanal et des composés de brome, qui altèrent la couche d’ozone. Les scientifiques ne peuvent pas encore se prononcer sur leur influence sur les processus naturels. Cependant, l’augmentation de jeunes glaces et de fleurs devraient stimuler l’étude de ce phénomène naturel.

     

     

     

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