• Le chien de mer et la palangre d’Yvon

     

     

     

    Le chien de mer et la palangre d’Yvon

     

    Premiers bateaux de pêche réalisés par les Constructions Mécaniques de Normandie depuis 1987, les cinq palangriers commandés par le Mozambique s’apprêtent à quitter Cherbourg. Ils seront chargés la semaine prochaine sur un cargo, opération qui devrait durer trois jours, le départ étant prévu le 11 ou le 12 juillet. Après un mois de transit, le navire débarquera les palangriers au Mozambique vers la mi-août. Une fois remis à flot et reconditionnés, les bateaux effectueront leurs premières navigations en océan Indien, CMN assurant sur place une formation de deux semaines au profit des futurs équipages.

     

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    « J’aurais bien voulu avoir ça à trente ans ! »

     

    Officiellement réceptionnés le 19 mai par les autorités mozambicaines, les Pelamis 1 à 5, avant leur grand départ de France, ont effectué ensemble une sortie en mer. L’occasion pour CMN de prendre de belles photos de famille de la flottille, mais aussi de convier à bord d’anciens marins et patrons pêcheurs locaux ayant navigué sur des navires sortis du chantier cherbourgeois. Yvon David en faisait partie. Pour l’ancien patron, qui a notamment commandé le Père Yvon, un palangrier de 23 mètres construit dans les années 70, les bateaux mozambicains sont une réussite : « Ils sont très bien faits, il y a de la place à bord et ce sont d’excellents manœuvriers, ce qui est indispensable pour des cordiers. J’ai juste émis une petite réserve sur la quantité d’eau douce à bord, qui est peut être un peu juste si ces bateaux étaient amenés à faire des campagnes de pêche au thon de deux ou trois semaines en océan Indien. C’est ceci un problème que l’on rencontre souvent sur les bateaux, où il est difficile, sur les petites unités, de mettre en place des installations de production d’eau douce. Mais c’est ma seule remarque, autrement ils sont super et, pour être honnête, j’aurais bien voulu avoir ça à trente ans ! » On notera que les palangriers sont, en fait, conçus pour avoir une autonomie de 10 jours.

     

     

    Mais revenons à Yvon David et le chien de mer

     

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    Etrange destin que celui du chien de mer. Méprisé par les consommateurs français, il est très recherché dans d’autres pays. Aussi; ce petit squale à peau grise est-il aujourd’hui Pêché assidûment par les palangriers classiques et automatisés. A Cherbourg et à Douarnenez, quelques bateaux se sont spécialisés dans ce métier et des mareyeurs ont su trouver un marché à l’exportation pour ce poisson jadis dédaigné.

     

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    Mettre du chien dans la cotriade ! Je crois que s’il avait été cardiaque, cet excellent restaurateur de Douarnenez serait tombé raide mort, tant ma question lui apparut incongrue. Aujourd’hui encore, je me demande s’il serait prêt à pardonner ce qu’il a manifestement considéré comme une offense.
    Et pourtant, ce port de pêche français où l’on adore le poisson est réputé pour être l’un des premiers pour la commercialisation du chien.

     

    Autre remarque liminaire: si les français raillent souvent leurs voisins britanniques pour leurs goûts culinaires, je n’ai jamais entendu la moindre observation de cette nature à l’endroit des Italiens. Or le chien de mer pêché par les marins français est en majeure partie acheté, à bon prix, par les Italiens.

     

    Habitudes gastronomiques, dira-t-on. Il est vrai que tout au long de nos côtes elles sont nombreuses et vivaces ces coutumes, particulièrement en matière de produits de la mer. Mais si j’ai parfois suscité étonnement et surprise en citant dans un port ce qui se consomme dans un autre, je n’ai jamais provoqué de semblables moues et déclenché autant de réprobations qu’en évoquant le chien de mer! Ce fut presque toujours comme si j’avais parlé du compagnon de l’homme, naguère très présent dans les flottilles. Je l’assure, il n’y avait aucune confusion. Il était clair qu’il s’agissait de ce chien de mer, squalus acantbias, souvent, et peut-être pudiquement, nommé aiguillat.
    Parmi les nombreuses espèces de squales, le chien à la peau grise dont la longueur moyenne approche le mètre, est aisément identifiable grâce à l’épine qu’il porte à l’avant de chacune de ses deux nageoires dorsales. D’où aussi son nom de chien épineux.

     

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    Au pays des cordiers

     

    Dans le petit monde de la pêche, Yvon David a acquis une réputation qui dépasse depuis longtemps Cherbourg, son port d’attache, Fécamp et Dieppe, ses ports secondaires. « Chercheur », « gagneur »… On ne sait quel qualificatif lui convient le mieux. Comme tous les patrons, il note tous les faits qui caractérisent une pêche, le jour, le temps, le lieu, les conditions de mise à l’eau, les résultats. Mais jamais il ne rouvre ses cahiers qui s’entassent dans le placard secret de sa passerelle: en même temps qu’il les a écrits, les renseignements essentiels se sont fixés dans sa mémoire. S’il avoue être incapable de retenir le moindre numéro de téléphone, il remarque avec la même simplicité qu’il peut, trois ou quatre ans plus tard, dire ce qu’il a pêché en tel endroit et dans quelles conditions … Sa vie c’est la pêche. Aussi ses observations, toujours livrées avec réserve, prennent-elles souvent valeur d’informations quasi scientifiques.

     

    Congres et autres turbots ont depuis longtemps attiré les pêcheurs de Saint- Vaast-la-Hougue et de Cherbourg. Dans cette région de fonds souvent tourmentés et de courants puissants, l’exercice du chalut n’est guère possible, ce qui explique sans doute la spécialisation dans la corde, un métier particulièrement dur. Mais jusqu’avant la guerre la trentaine de cordiers qui opéraient, rejetaient le plus souvent les chiens à la mer. « Il fallut qu’on l’appelle saumonette, en même temps d’ailleurs que d’autres espèces, pour qu’on se mette à les garder’  » constate Yvon David.

     

    Au début des années quatre-vingts, la palangre automatique – on emploie désormais ici cette appellation d’origine méditerranéenne – a sensiblement amélioré les conditions de travail. Adoptant la technique norvégienne, Yvon David transforme son bateau la Belle Poule et devient rapidement le spécialiste du chien.

     

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    Bien connaître son poisson

     

    « Il me semble, dit-il, que le chien fait le tour des îles britanniques. Il arrive en Manche par l’Est en octobre et y flâne certaines années jusqu’en mai. Il va ainsi d’Est en Ouest sans progression régulière, réagissant souvent aux coups de vent qui peuvent lui faire parcourir bien des milles en quelques heures … ».

     

    Yvon David commence à prendre du chien en octobre au Royal Souverain et continue la pêche jusqu’au cap Lizard au printemps. Une quantité significative des chiens qu’il prend sur ses lignes ont autour de la tête des morceaux de filets qui proviennent des bouchots à moules de Hollande, ce qui indique bien leur progression. De même, il a souvent été averti par des patrons de chalutiers qu’ils venaient de trouver parmi deux tonnes de chiens, une vingtaine d’individus, la gueule perforée d’un hameçon – parfaitement identifiable- de la Belle Poule.

     

    Or chaque fois, ces chiens qui avaient d’abord goûté les appâts des cordes puis avaient cassé l’avançon, ont été capturés par des chalutiers travaillant à l’Ouest de la Belle Poule.

     

    Une autre constatation faite par Yvon David concerne la composition des bancs de chiens. Nous emploierons ici le terme « banc » par simplification car, scientifiquement, cette appellation est inexacte en ce qui concerne le chien. Il n’est en effet pas soumis à un comportement particulier comme les thons, sardines, maquereaux … qui réagissent en bancs. Comme bien d’autres squales, les chiens se réunissent en troupes par simple grégarisme.

     

    Toujours est-il que lorsqu’ils arrivent en Manche, les chiens se déplacent en bancs séparés selon les sexes, les mâles d’un côté, les femelles de l’autre. « Ces bancs sont parfaitement homogènes. Quand je trouve les mâles, je sais qu’il me faut faire route environ cinq minutes vers le Sud pour trouver les femelles. Les mâles sont toujours plus près des côtes anglaises, les femelles naviguent parallèlement, à un mille ou un mille et demi plus au Sud ».

     

    Chaque fois la Belle Poule met cap au Sud, car les femelles sont sensiblement plus grosses (8 kg) que les mâles (2 kg). De plus elles sont alors pleines – donc plus lourdes – ce qui d’ailleurs justifie la séparation des deux sexes. Par contre lande près de l’île de Man, tous sont rassemblés. Il s’agit semble-t-il de la période de reproduction. Il arrive qu’il y ait alors des concentrations de plus de cinquante tonnes de poissons.

     

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    Le chien aime le maquereau

     

    Suivre ce squale avec Yvon David est passionnant tant il est riche d’anecdotes qui sont de véritables observations. Il faut le regarder lorsqu’il tend ses lignes: les quelques quinze kilomètres de ligne supportant près de 14 000 hameçons ne sont jamais filés tout droit. « Il faut toujours zigzaguer afin de trouver les plus fortes concentrations ». A chaque changement de direction, il note soigneusement les coordonnées que lui indique son Decca, tandis que la machine automatique boëtte les hameçons et que les marins surveillent le bon défilement.

     

    « L’appât le plus efficace est le morceau de maquereau. En hiver, j’utilise le hareng mais cela ne peut être valable que de novembre à janvier. Après, il faut impérativement revenir au maquereau. Une année, à la fois à cause d’une pénurie de maquereau et par souci d’économie, j’ai fait l’expérience – qui nous a demandé du temps de boëttage – d’alterner l’appât, un hameçon de maquereau, un hameçon de hareng et ainsi de suite : deux heures plus tard, nous avons relevé les cordes; il y avait: un chien, rien, un chien, rien … La démonstration était surprenante.

     

    « On est très strict sur la qualité de l’appât et cela c’est notre « client » qui nous l’impose; s’il s’agit manifestement d’un animal vorace, c’est aussi un gourmet qui ne chasse pas n’importe comment et ne succombe pas au premier morceau de poisson venu. Il sait choisir, il goûte. Il lui faut du maquereau de qualité. Parfois nous devons aller en chercher jusqu’en Angleterre, à Plymouth, pour en avoir du frais, car le chien n’aime pas beaucoup le congelé. Par contre, c’est un poisson qui mange à n’importe quelle heure du jour ou de la nuit. Vorace, il ne semble pas connaître le cannibalisme, alors qu’il ne se prive pas de nous laisser uniquement les arêtes des morues lorsque nous tardons à relever nos lignes. S’il paraît manger en permanence, ce qui doit faire une consommation quotidienne de 1,5 kg à 2 kg, curieusement son estomac est toujours vide … ». Des mareyeurs ont confirmé cette dernière remarque.

     

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    Le goût de la chasse

     

    Yvon David est passionné par la pêche du chien. « C’est un métier de recherche, dit-il. Une chasse où l’on apprend tous les jours. Il faut quadriller une zone pour découvrir les concentrations, qui ne sont détectées au sondeur que lorsqu’elles sont très importantes. Il m’est arrivé d’en pêcher cinq tonnes en un lieu où mon sondeur ne m’avait rien montré. Le sondeur couleur, par contre, présente l’avantage de nous révéler la présence de la nourriture. C’est suffisant pour assurer une bonne prise.

     

    « Quand on trouve les chiens, on les pêche très vite. Que l’on soit obligé de virer à cause d’une panne de la machine à boëtter et l’on constate qu’il y a déjà des chiens qui sont pris. Des vieux Saint-Vaastais m’ont dit avoir vu des chiens suivre les cordes au moment où ils les mettaient à l’eau. Tout n’est pas toujours merveilleux, bien entendu, et il m’est arrivé de virer 4 000 hameçons sans voir un chien.

     

    « Une fois, après pareille mésaventure, j’avais décidé d’embarquer le matériel et de faire route vers un autre secteur. Le moteur tournait déjà à plein régime, quand le second venant à la passerelle m’indique incidemment que nous n’étions pas tout à fait bredouilles, nous avions embarqué une belle femelle grise à trois hameçons de la fin. J’ai immédiatement fait demi tour et suis retourné sur les lieux de cette prise, résultat: cinq tonnes de beaux chiens deux heures plus tard! Une femelle grise n’est jamais seule. Si cela avait été une noire, j’aurais poursuivi ma route ». Le noir, c’est le chien-ha également pêché et commercialisé en France.

     

    Il lui est aussi arrivé de constater que lorsqu’elles ont des petits, les femelles se cantonnent un certain temps dans des fonds de quarante mètres, alors qu’elles se trouvent habituellement par cinquante et soixante-dix mètres. Outre cette remontée, il semble qu’à cette époque les femelles se tiennent à quelques mètres au-dessus de leurs petits dans un réflexe de protection (?). Cela, ce sont les scientifiques qui peuvent peut-être le confirmer.

     

    Du chien, il en est pêché des quantités en Norvège – il arrive à Rungis avec une étiquette danoise! Les artisans britanniques de la pointe de Cornouailles (Penzance) capturent les chiens au filet droit. Son abondance est telle dans le canal Saint-Georges, tout au long de l’année, que la Belle Poule, désormais commandée par le second de Yvon David, et le Père Yvon, un autre cordier automatique de la famille, ont établi une base à Milford Haven au Nord du canal de Bristol. Le poisson revient à Cherbourg par car-ferries et les équipages parfois en avion.

     

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    Palangre : la première pêche

     

    La palangre est considérée par beaucoup comme le système de pêche le plus ancien, celui qui aurait été pratiqué sur la grève avant même d’embarquer sur des bateaux. La palangre est un engin universel aux innombrables variantes, constitué d’une ligne principale relativement grosse et de lignes secondaires accrochées à intervalles réguliers.
    Cela peut aller de quelques dizaines de mètres à plusieurs dizaines de kilomètres. Les lignes secondaires sont appelées en France, suivant les régions: avançons, brasols, empiles, pelles… C’est au bout de ces lignes secondaires que sont fixés les hameçons, eux-mêmes garnis de boëtte (appât).

     

    En France, palangre est un terme plutôt méditerranéen, dans certaines parties de la Bretagne on parle de baos, à Boulogne, Dieppe, Cherbourg, c’est l’appellation corde qui prévaut, du moins lorsqu’il s’agit de cordes traditionnelles car, à Cherbourg, berceau français de l’innovation dans ce domaine, on parle de palangre automatique!
    Il existe deux grandes catégories de palangres. La palangre de fond pour les espèces démersales comme le chien, la palangre dérivante pour les espèces vivant en surface comme les thons, requins, marlins …

     

    Traditionnel : un investissement réduit

     

    Si, à Cherbourg et Douarnenez, on rencontre des bateaux très spécialisés dans la pêche à la palangre, ailleurs elle n’est souvent pratiquée que durant une certaine période de l’année pour une espèce bien spécifique. L’avantage de la palangre -lorsqu’elle n’est pas automatisée – est de pouvoir être adaptée sur pratiquement tous les types de bateaux. Il ne s’agit en fait que d’embarquer des lignes lovées dans une corbeille, un panier ou autre ustensile simple. Le boëttage est fait à terre ou durant la route, mais il ne nécessite aucune installation particulière, seulement le savoir-faire et la dextérité des hommes. Certes, pour le virage, mieux vaut disposer d’un vire lignes, mais son installation est facile et son coût relativement réduit. Ainsi, chalutiers, senneurs peuvent aisément du jour au lendemain se mettre à la palangre; ce qui ne veut pas dire que le résultat sera acquis d’avance car, comme tout type de pêche, celui-ci réclame une connaissance du milieu, des habitudes des poissons, de leurs goûts et une technique de filage qui doit toujours tenir compte des courants et de la marée.

     

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    Tradition et modernisme

     

    La grande majorité des palangriers et cordiers sont aujourd’hui encore équipés de façon traditionnelle, c’est-à-dire peu de machines.
    L’automatisation a nécessité la transformation des bateaux traditionnels et surtout l’installation de matériel perfectionné certes; mais très coûteux, le système norvégien étant le plus répandu. S’il existe parfois, le débat entre pêche traditionnelle et pêche automatique paraît relativement faux. La question essentielle à laquelle il convient de répondre concerne le coût de l’investissement et sa rentabilité. Il est vrai qu’aujourd’hui l’amortissement ne pourrait pas être assuré pour toutes les pêches à la palangre automatique.

     

    L’exemple cherbourgeois du chien montre en tout cas que l’automatisation a permis des apports plus importants et plus réguliers. Et, contrairement aux craintes de certains, les cours ne se sont pas effondrés. Des marchés ont été trouvés et les prix ont augmenté.
    Et puis, l’automatisation a très sensiblement diminué la peine au travail. Il y a autant d’hommes à bord mais ils dorment un peu plus souvent et leurs doigts sont beaucoup moins souvent accrochés par les hameçons, la corde traditionnelle étant sans doute un des métiers les plus durs.

     

    « Donnez-moi un bon appât et… »

     

    Dans la pêche à la palangre, l’appât constitue le point capital. Ni chassé, ni piégé, c’est le poisson qui décidera (!) tout seul s’il mord ou non, s’il se fait prendre ou non. En supposant qu’il fasse jouer son libre arbitre, bien sûr! Mais, pas plus qu’on n’attrape les mouches avec du vinaigre, pas plus le poisson ne vient se satisfaired’un quelconque appât. Les leurres ne semblent être bons que pour les lignes traînantes – des engins actifs -, à la palangre le poisson a le temps de choisir.

     

    Aussi le premier souci des pêcheurs à la palangre est-il de trouver une bonne boëtte. Le mieux est d’en trouver à bon marché, près de pêcheurs exerçant un autre métier- chalutage le plus souvent – sinon ils pêchent eux-mêmes leur appât.
    Des Cherbourgeois vont parfois en début de marée jusque dans un port anglais pour trouver du maquereau. Il arrive aussi que faute de boëtte des palangriers restent au port.

     

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    Pas toujours écologique !

     

    La palangre est par excellence classée dans les engins dits « dormants », en ce sens qu’ils ne sont pas actifs, comme le chalut, la drague, la senne tournante … C’est le poisson qui doit « faire l’effort » de venir se prendre !

     

    A cause de cela, certains insistent sur le fait que la palangre est une pêche « écologique ». Le débat est loin d’être clos sur le sujet … Ici, comme en bien des domaines, il faut se défier d’une généralisation hâtive. Ainsi des scientifiques qui connaissent bien les pêches thonières démontrent-ils que les grands thoniers senneurs modernes, qui réussissent parfois à capturer plusieurs centaines de tonnes de thons d’un seul coup de senne tournante, sont moins destructeurs que les longues lignes qu’utilisent notamment les Japonais et Coréens.

     

    Les sennes pêchent en surface jusqu’à une profondeur maximum de cent trente mètres environ, alors que les longues lignes – des palangres – descendent jusqu’à deux, trois, voire cinq cents mètres. Or ce sont les thons adultes qui voyagent en surface, alors que les jeunes restent dans des eaux plus profondes.

     

    Résultat : ce sont les palangres qui, dans ce cas précis, pêchent des poissons immatures, mettant plus sérieusement en danger le renouvellement de l’espèce !

     

    Serge Lucas et le Chasse Marée

     

     

    Yvon David, en son temps, a été l’un des plus célèbres patrons pêcheurs du littoral français. Embarqué comme mousse à quatorze ans, novice puis matelot, il est devenu patron et armateur à vingt-deux ans. Né en 1932 à Fécamp, d’une famille de six enfants, père de quatre filles, grand-père et arrière-grand-père, il a exercé dans sa ville natale, mais aussi à Dieppe et à Cherbourg. Officier du Mérite maritime, il a également reçu à de nombreuses reprises le Ruban bleu des pêches ; et a été sacré champion d’Europe de la rentabilité. Il a « raclé » ses bottes sur vingt-quatre bateaux différents, dont les palangriers comme le Précurseur, qu’il a dessiné puis fait construire (premier cordier à pont couvert de France), et La Belle Poule.

     

    « LES MAREES DU PERE YVON » Editions DE LA RUE
    Ecrit avec Catherine Ecole-Boivin, ce livre sent bon les embruns du large dans le franc-parler des marins pêcheurs pour qui la mer est leur champ de labeur. Un témoignage sur la vie de ces hommes, mais aussi de ces femmes qui attendent et attendent encore…Les enfants qu’on ne voit pas toujours naître et grandir…
    Yvon David est l’un des plus célèbres patrons pêcheurs du littoral français. Plusieurs fois « ruban bleu » des pêches, champion d’Europe de la rentabilité, il a raclé ses bottes sur vingt-quatre bateaux différents dont « Le Précurseur » qu’il a dessiné et fait construire, premier cordier à pont couvert de France.

     

     

     

     

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    1. Pat
      Publié dans 12/11/2015 le 21:49

      Ce bateau était à Concarneau, en 1990, armé au chalut; Il portait toujours le même nom: Père Yvon. Non pas qu’il ne « marchait pas », mais les gars ne restaient pas, à cause des frais, dus à une consommation de gas-oil hors- norme ! Je connais le patron qui le commandait à cette époque.
      Pour la suite, je ne sais pas: Probablement une bien triste fin, comme tant d’autres dans ces années sombres qui annonçaient la fin de la pêche dans ce grand port, que fut Concarneau durant sans doute… Des millénaires !

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