• Le semi-rigide, embarcation idéale ?

     

     

     

    Le semi-rigide, embarcation idéale ?

     

     

    Les plaisanciers en raffolent, la SNSM s’en équipe de plus en plus : qualités et limites.

     

    Au dernier salon nautique, ils donnaient le tournis tellement ils étaient nombreux. Depuis le petit Bombard à moins de 10 000 €, moteur compris, jusqu’au Phantom à 170 000 € !

     

    Ils étaient au pavillon 1, près des voiliers, mais ils occupaient aussi un étage du pavillon 2.

     

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    Certains, souvent italiens deviennent de vrais palaces flottants avec bain de soleil, table, voire petite cabine et design aguichant. D’autres « pneus » conservent un «look» plus baroudeur. Notamment ceux qui sont conçus pour les «professionnels », les bénévoles de la SNSM étant évidemment considérés comme tels. Ces derniers ont été nombreux à aller faire un tour du côté du stand Zodiac Milpro pour aller voir le 750 SRA (A pour aluminium- : le plus grand et le plus récent des modèles qui entrent dans la flotte SNSM… à deux exemplaires pour le moment. Deux prototypes spécialement équipés selon les spécifications des sauveteurs en mer. Un pour la Direction de la Formation de Saint-Nazaire. L’autre peut-être encore en route (par cargo) pour la lointaine station de Thio, en Nouvelle-Calédonie, au moment où vous lisez ce magazine.

     

     

    Atouts du semi-rigide

     

    Un fond rigide en CVR (Composite verre résine) ou parfois en aluminium, des boudins gonflés qui assurent la flottabilité (il peut y avoir de la flottabilité en plus dans les fonds, notamment dans les modèles « pro »), un ou plusieurs moteurs hors-bord.

     

     

    Quel est l’attrait de ce type d’embarcation ?

     

    N’insistons pas trop sur la légèreté et le prix. Une robuste et vaste embarcation comme le 750 SRA dépasse allègrement les deux tonnes. Le plus gros des pneumatiques à fond CVR de la gamme SNSM coûte environ 100 000 e tout équipé contre 130 000 € environ pour la plus petite et légère des vedettes.

     

    Pour voir le vrai intérêt des semi-rigides, il suffit de regarder un des petits films réalisés au cours des essais par Jean-Pierre Guemri Otmane du service technique de la SNSM. Deux costauds dans son genre sont penchés sur le bord de l’embarcation pour relever dans un filet spécial (le filet Markus) un troisième costaud inerte faisant office d’homme à la mer. Le semi-rigide s’enfonce à peine de ce côté-là sous leur poids. Stabilité formidable qui permet également au plaisancier de ne pas s’inquiéter si toute sa famille ou ses amis se précipitent tous ensemble d’un côté. Si on y ajoute la flottabilité qu’assurent les boudins, ces embarcations permettent, à taille égale, d’emmener, en toute légalité, plus de monde qu’une coque ouverte rigide, souligne Stéphanie de Loustal, la rédactrice en chef de Moteur Boat. Ce facteur est aussi intéressant pour les sauveteurs, même s’ils ne sortent qu’à trois. Ils emportent du matériel… et peuvent avoir à ramener du monde. Les grands modèles permettent même de transporter une victime allongée sur son « plan dur » ou sa civière.

     

     

    Transportable, à faible tirant d’eau, il ne craint pas les chocs

     

    Pour une bonne partie des plaisanciers, le semi-rigide reste une embarcation transportable sur une remorque. On peut la stocker à terre hors saison, se passer de mouillage pour certains, changer de plan d’eau. De nombreux modèles, déjà vastes, ne dépassent pas les fatidiques 2,55 mètres de largeur qui permettent de les tracter sur route. En dégonflant les boudins sur le côté, on arrive même à en transporter des plus importants, souligne Stéphanie de Loustal. Cette mobilité routière et cette possibilité de mise à l’eau à partir d’une plage intéressent aussi certaines stations des sauveteurs en mer.

     

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    Par exemple, quand une vedette classique ne peut pas sortir de certains ports à marée basse ou qu’il faut couvrir une portion de côte très importante comme en Nouvelle-Calédonie. De même, les sauveteurs, comme les plaisanciers, sont intéressés par le faible tirant d’eau et la possibilité d’aller tout près des plages ou des cailloux. Souvent, le pneumatique – c’est parfois l’annexe de la vedette de sauvetage – est le bon moyen de s’approcher d’un bateau échoué, d’aller passer une remorque ou de transborder les naufragés. Joue aussi, dans ce dernier cas, surtout s’il y a de la mer, une autre qualité de tous ces gros boudins flottants. Celle-là même qui rassure les plaisanciers quand il faut manœuvrer dans un port encombré. On peut jouer à bateau tampon sans (trop) craindre d’abîmer son embarcation. Imaginez quand les sauveteurs doivent aborder une grosse coque rigide qui peut bouger violemment.

     

     

    Les sauveteurs les utilisent de plus en plus

     

    La SNSM n’est pas insensible aux contraintes budgétaires c’est certain. L’argent public se fait rare et il faut gérer au plus près pour que la générosité privée trouve toute son efficacité. Si les sauveteurs peuvent remplir une mission en utilisant un semi rigide de 5 mètres plutôt qu’un canot tous temps de 17 mètres, c’est une source d’économie. Mais pas seulement. C’est aussi, bien souvent, une source d’efficacité.

     

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    Reprenons l’exemple de la plage de Wissant déjà évoqué dans un précédent sujet sur le kitesurf (Sauvetage #130, disponible sur www.snsm.org, onglet actualité, magazine Sauvetage-. Le semi-rigide partant de la plage portera assistance plus rapidement au sportif en difficulté que le canot tous temps venant de Calais ; pourtant pas si éloigné.

     

    Les statistiques de plus en plus fines des sauveteurs en mer montrent qu’un nombre important des sorties les amènent à intervenir par temps maniable, près des côtes et de la station (4 milles nautiques en moyenne). En dérangeant trois sauveteurs seulement, le semi-rigide sera sur place en quelques minutes à 20, 25 ou 30 noeuds.

     

    Évidemment, quand le temps se gâte, cet avantage de vitesse disparaît. Surtout s’il faut aller plus loin ou rester en mer longtemps – pour rechercher un homme à la mer par exemple -les canots et vedettes retrouvent tout leur intérêt. Ne serait-ce que parce que les sauveteurs y sont plus à l’abri.

     

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    Des conseils qui valent pour tout le monde

     

    Au cours de notre enquête, notamment auprès d’Antoine Hery, responsable des formations semi-rigide au sein de la direction de la formation de la SNSM, nous avons entendu des conseils de bons sens utiles à tout le monde.

     

     

    Attention aux mises à l’eau !

     

    Le danger est à terre. Les phases les plus « accidentogènes » des sorties en semi-rigide sont les manœuvres de mise à l’eau et sortie de l’eau. Les cales sont souvent encombrées. Plusieurs personnes participent à l’opération. Attention en manœuvrant la voiture. Prenez votre temps pour glisser le bateau à l’eau ou de l’eau sur sa remorque.

     

     

    Une carte sous enveloppe étanche

     

    Les GPS et autres traceurs, c’est formidable. Mais en navigation, il est important de voir loin. Ayez une carte papier de votre zone de navigation, dans une poche étanche transparente.

     

     

    Deux mètres de bout salvateurs.

     

    Le point de tire le plus solide de votre semi-rigide est souvent le pontet ou cadène en inox, pris sur l’étrave, qui sert notamment à tirer l’embarcation sur la remorque. Problème : il est difficile à atteindre quand on est sur le bateau. Accrochez-y, avec une manille, deux mètres d’amarre costauds avec une épissure à chaque bout et assurez l’autre bout à l’avant du bateau, à portée de main. Si les sauveteurs doivent vous remorquer, ils pourront reprendre leur remorque sur ce bout. Ce bout peut également être précieux pour vous au mouillage.

     

     

    « Détrimez ! »

     

    Une commande permet de « trimer » son moteur hors-bord c’est-à-dire le relever jusqu’à sortir l’hélice de l’eau. Appuyer un peu sur ce bouton « up », ce qui relève le nez du bateau, a son intérêt par exemple par mer formée de l’arrière. Mais lorsqu’on ressent un problème de comportement du bateau, c’est en général qu’on a trop trimé. Dans le doute (et à l’arrêt avant de repartir), « détrimez » complètement.

     

     

    La mer est dure.

     

    À grande vitesse, un passager éjecté risque d’être assommé au contact avec la surface. D’où l’intérêt des gilets. Le conducteur lui-même peut être éjecté. Dites à vos passagers ce qu’il faudrait faire dans ce cas. Y at- il un deuxième coupe-circuit à bord par exemple ?

     

     

    Attention à la dérive.

     

    Panne, homme à la mer, bateau retourné ? Attention, un semi-rigide reste une coque relativement légère avec peu de pied dans l’eau qui a vite fait de dériver dans le vent.

     

     

    Sachez rentrer ou ne pas partir.

     

    Panne d’un moteur sur deux ? Crevaison d’un compartiment sur cinq ? Ce n’est pas dramatique ? On pourrait continuer ? Les sauveteurs rentrent ? Météo incertaine ? Des doutes sur le matériel ? Sachez renoncer.

     

     

     

     

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