• L’entretien de la pêcherie La Maillard

     

     

    L’entretien de la pêcherie La Maillard

     

     

    Pêcherie La Maillard : quand Marcel et Jean-Claude travaillent avec Dame Nature

     

     

    Elle a beau passer les siècles sans prendre trop de rides, il n’en demeure pas moins que la pêcherie La Maillard n’échappe pas aux caprices de la nature, obligeant ses « anges gardiens », Marcel et Jean-Claude LE PEU, à intervenir sans cesse, non pas pour contrer les éléments, mais pour infléchir leurs mouvements. Les travaux de printemps en images avec les explications de Luc CHATELAIS, bénévole de l’Office de Tourisme, notre spécialiste ès pêcheries.

    Que faire quand Dame Rivière Sienne décide de maltraiter La Maillard ? Marcel et Jean-Claude ont la réponse : ruser plutôt que s’opposer.

    Le problème : la Sienne se rapproche dangereusement du bras nord de la pêcherie.

    La solution : Les Lepeu ont décidé de construire un « héron » pour dévier le cours de la rivière. C’est un petit barrage élaboré avec des pieux de 3 mètres plantés tous les 50 cm. Des branches de saule sont tressées entre les pieux. Un « héron » décrirait une petite « haie » dont l’orthographe serait « hairon ».

    La mécanique : les branches ainsi disposées arrêteront les algues et le sable qui vont s’accumuler au pied du barrage, incitant la rivière à passer plus à droite et à s’écarter ainsi de la pêcherie, tout en douceur.

     

     

    Maillard (1)

     

     

    Photos ci-dessus et ci-dessous : première étape : Marcel et Jean-Claude mettent en place des palets (des pieux de 2 mètres de hauteur)

     

     

    Maillard (2)

    Maillard (3)

     

     

    Vue du « cours » qui vient de Regnéville sur Mer, le long de la haie nord, menaçant la pêcherie.

     

     

    Maillard (4)

     

     

    L’étape du « branchage », la pose des branches qui permettront de faire barrage à l’eau, les pieux permettant de résister aux courants.

     

     

    Maillard (5)

     

     

    Jean-Claude à l’oeuvre. Tout un savoir faire ! Dans un premier temps, il pose les branches en partant de l’extérieur du héron. Il ne tasse pas les branches afin de laisser passer le « cours », le courant qui est rapide, par en dessous.

     

     

    Maillard (6)

     

     

    Arrivé auprès de la pêcherie, il commence à tasser le premier rang.

     

     

    Maillard (7)

     

     

    Puis Jean-Claude et Marcel placent un second rang en partant à l’envers, depuis la pêcherie vers l’extérieur, afin de croiser les branches. Le héron prend peu à peu forme.

     

     

    Maillard (8)

     

     

    Le premier héron est presque achevé.

     

     

    Maillard (9)

     

     

    Les premiers effets se font ressentir : peu à peu, la rivière prend une nouvelle orientation et commence à contourner le héron.

     

     

    Maillard (10)

     

     

    Les branches vont arrêter les algues et le sable va s’accumuler au pied du barrage, incitant la rivière à s’écarter de la pêcherie. Mais c’est lors de la prochaine grande marée que l’on pourra réellement vérifier l’efficacité du barrage.

     

     

    Maillard (11)

     

     

    En fait, Marcel et Jean-Claude ont dû placer également un petit héron plus près du bénâtre, car la rivière, après avoir contourné le premier héron, se rapprochait de celui-ci.

     

     

    Maillard (12)

     

     

    Discussion « par-dessus la haie » entre Marcel LE PEU (à gauche sur la photo) et Alain MAHE, qui s’occupe de la pêcherie La Petite, située de l’autre côté de la Sienne. Les deux hommes savent qu’il faut conjuguer expérience et bon sens pour aider leurs pêcheries à braver le temps « qui passe » et le temps « qu’il fait. » Ce temps qui permettra de vérifier in fine le bon fonctionnement des hérons fabriqués pour La Maillard.
    L’entretien de la pêcherie demande une lutte incessante contre les divagations de la rivière, qui est gênée par le banc de sable de la pointe d’Agon qui avance irrémédiablement. Et s’il faut toujours un filet d’eau passant dans la pêcherie pour alimenter la mare, il ne faut cependant pas que le fort courant de la rivière (surtout aux grandes marées) traverse La Maillard. Cela exige de l’ingéniosité et de nombreuses heures de travail … mais La Maillard le vaut bien !

     

     

     

     

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