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    Du rififi sur le bar

     

     

    Bar : le Royaume Uni demande des mesures d’urgence contre les pélagiques

     

     

    chalutiers-pelagiques

     

     

    le 22/12/2014
    Non tranché au Conseil des tacs et quotas, la question de la pêche du bar revient encore plus vite que prévu sur le tapis. Le Royaume-Uni a demandé officiellement à la Commission européenne, le vendredi 19 décembre, des mesures d’urgence pour protéger le stock de bar, en bloquant la pêche par les pêcheries pélagiques cet hiver.

     

     

    Le ministre anglais s’appuie sur l’article 12 de la PCP (politique commune de la pêche), qui prévoit que la Commission puisse, « en cas de menace grave pour les ressources biologiques », adopter des actes d’exécution immédiatement applicables pour une durée de six mois, renouvelables une fois. Elle peut prendre ce type de mesures de son initiative ou sur demande motivée d’un État membre.

     

     

    Les États membres concernés – en l’occurrence la France, la pêche pélagique au bar étant une spécialité hexagonale – ont alors sept jours ouvrables pour répondre. Ce qui en cette période de fêtes, avec les jours fériés, amène au 2 janvier ! « Cette demande n’est pas très fair-play alors que c’est la trêve des confiseurs ! » commente un responsable professionnel, alors qu’il avait été convenu de poursuivre les discussions en janvier. Le Comité national des pêches (CNPMEM) et les fédérations d’organisations de producteurs Anop et Fédopa se sont entretenus dans l’urgence ce lundi 22 décembre avec la DPMA (direction de la pêche maritime et de l’aquaculture), en visioconférence. La Commission européenne dispose quant à elle de 15 jours après avoir été saisie de la demande, soit seulement jusqu’au 8 janvier, pour annoncer sa décision.

     

     

    La menace est à prendre très au sérieux, et pas seulement pour les pêcheries pélagiques, bien conscientes du danger. Car des mesures ne touchant que ces pêcheries ne suffiraient même pas à atteindre le RMD (rendement maximum durable) en 2015 pour le bar : il faudrait pour cela, selon le Ciem, diminuer de 60 % la mortalité par pêche et de 70 % les captures. Les pélagiques en représentent environ 30 %, tout comme les pêcheurs de loisir, les autres métiers constituant le reste des prises (ligne, chalut de fond, filet, etc.). Au final les mesures d’urgence se retourneraient donc probablement aussi contre les plaisanciers qui les ont réclamées.

     

     

    La France a récemment soumis un ensemble de mesures de gestion pour limiter la pression de pêche sur le bar, dans une volonté d’équilibrer les efforts entre flottilles. Pour Les Pêcheurs de Bretagne, la pêche pélagique au bar concerne une trentaine de navires qui réalisent environ 40 % de leur chiffre d’affaires sur cette espèce.

     

     

    demande du Royaume-Uni de protéger le stock de bar
    communiqué de l’OP Les Pêcheurs de Bretagne « inquiétudes sur le bar »

     

     

    Du rififi sur le bar:

    Les ministres des pêches de l’Union Européenne se sont quittés, à l’issue du sommet le 16 décembre, sur un statu quo en ce qui concerne le bar. «Il n’a pas été possible de se mettre d’accord sur des mesures appropriées, constatait le comité national des pêches.
    La Commission, suivant les recommandations des scientifiques attachés à une limitation drastique de l’effort de pêche sur cette espèce, proposait pour sa part de réduire de 70 % le volume des débarques, sans pour autant aller jusqu’à imposer des quotas.  » Un total admissible de capture aurait permis des mesures de gestion; au moins avec les pays intéressés en Manche », observe Daniel Lefèvre, le président du comité régional de Basse-Normandie. La France y serait en particulier favorable: les 1100 tonnes débarquées par les professionnels représentent 70 % des débarques en Manche et mer du Nord. Mais voila que le Royaume-Uni, dont les professionnels utilisent pourtant peu le chalut pélagique, vient de demander à la Commission, en vertu de l’article 12 du règlement de la politique commune des pêches, de prendre en urgence des mesures de gestion sur le bar. « Nous sommes surpris de cette démarche, quelques jours après le conseil européen. Et nous sommes très inquiets de la position que va adopter la Commission, relève Daniel Lefèvre.

     

     

    La Commission a maintenant quinze jours pour répondre à l’interpellation britannique.

     

     

     

     

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