• Travaux de la jetée de Diélette,1718

    Les travaux de la jetée de Diélette commencèrent vers 1718.

     

    Diélette

     

    Elle fut construite en pierres sèches. En 1720, elle atteignait 25 toises de longueur sur 5 toises 4 pieds de hauteur, soit 259 toises 4 pieds 4 pouces de maçonnerie, à 21 livres la toise. Cela représentait une dépense de 5 454 livres 3 sols 4 deniers, supportés par le Marquis de Flamanville, propriétaire. La hauteur ne parut pas suffisante ; il fallait donc songer à surélever de 2 toises, et la munir d’un parapet. D’où une nouvelle dépense évaluée à 18 733 livres 16 sols. La construction n’allait pas sans contre temps. Non seulement la mer était souvent démontée, mais encore de singuliers phénomènes se produisaient parfois : tel un violent raz de marée, le 13 juillet 1725.
    Néanmoins, en 1731, les travaux les plus importants étaient terminés. C’est à cette date que fut levé et gravé par Villaret, un plan dont on trouvera ci-dessous la reproduction, d’après l’exemplaire conservé aux archives nationales.

     

    Villaret-1731 (1)Villaret-1731 (2)Villaret-1731 (3)

     

     

    La jetée de Diélette avait environ 75 toises de longueur ; à quelque distance de son origine s’élevait une maison appartenant au Marquis de Flamanville, de 12 toises et demi de longueur sur 4 toises 4 pieds de largeur, consistant en un vestibule, escalier, salle et cuisine ; deux chambres et trois cabinets au pignon du sud ; une écurie ; au pignon du nord une cave et une chapelle avec chambre au dessus ; et, vis-à-vis de la façade qui regarde la mer, une terrasse propre à mettre un canon pour la défense du port. Une tour était prévue, sur le rocher du sud du Rougnoux, pour servir d’amer.
    Le sieur Bougard, lieutenant sur les vaisseaux du Roi, avait publié un ouvrage intitulé Le Petit Flambeau de la Mer, ou le Véritable Guide des Pilotes côtiers, imprimé au Havre de Grâce. La première édition était de 1684 ; il y en eut plusieurs au XVIIème siècle, la dernière ayant paru en 1789. Or, dans ce manuel à l’usage des navigateurs, qui passe en revue les côtes du monde connu, et qui compte 411 pages, il y en a plus de deux consacrées à Diélette, avec un plan annexé, alors que Cherbourg n’est jugé digne que d’une seule !

     

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    Sur l’activité du nouveau port, quelques rares indications sont fournies par des documents des Archives du Calvados. Du 26 septembre 1727 au 30 novembre 1728, François Le Courtois de Tréauville expédia sur Saint Malo 500 boisseaux de pois, 400 d’avoine et 600 d’orge ; Gilles Vracq, de Flamanville, successivement 200 boisseaux d’avoine et 100 de pois, puis 300 d’orge et 100 d’avoine ; à nouveau 600 d’orge et enfin 700 de pois ; Charles Vracq, 60 boisseaux de pois. Un autre document (les Archives du Ministère de la Marine) fournit ces précisions : « Le principal commerce de Diélette consiste à la pierre de taille de la paroisse de Flamanville, dans laquelle il y a plusieurs carrières, de très beau carreau, on fait des croisées, des portes, des tours à pressoirs, des escaliers, des citernes et plusieurs autres usages. »

     

     

    Crédits: A;Rostand, Gallica, Le petit Flambeau.

     

     

    2 commentaires ont été rédigés, ajoutez le votre.

    1. Maurice Fage
      Publié dans 28/10/2014 le 11:22

      Bonjour!

      Sait-on la date à laquelle a été fait le dessin placé en début de l’article?

      Merci

      Maurice

      • lebosco
        Publié dans 28/10/2014 le 12:54

        Bonjour, si j’en crois les écrits, ce dessin a été fait entre 1666 et 1684.
        A+

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