• Rénovation du caisson de la mine de Diélette

    Exploitation de la mine de Diélette

     

    Chose promise, chose due; voici mon topo sur la rénovation du caisson. Après 65 ans les souvenirs des dates se sont estompés! Texte peut-être un peu trop technique ?

     

    LA RÉNOVATION DU CAISSON

    Dans le cadre de la reprise de l’exploitation de la mine de Diélette, la remise en état du transporteur aérien, dont un des pylônes était gravement détérioré, s’avérait nécessaire. L’idée est donc venue de se servir du caisson de réserve, toujours gisant au bout de la jetée neuve, comme socle à un nouveau pylône métallique, et d’aller mouiller l’ensemble en remplacement de l’ancien pylône. Les bureaux d’études décidèrent donc de supprimer 4 des 8 colonnes, et de créer au sommet des 4 autres un cadre de poutres en béton armé qui recevrait lui-même un cadre de poutres métalliques sur lesquelles reposerait une charpente analogue à celle des anciens pylônes.
    L’entreprise THEG, agence de Tourlaville, se vit confier le marché de la partie béton armé. Après contact le 4 janvier 1949 avec la Direction de la Mine, qui nous a accordé un très bon accueil, nous avons donc procédé rapidement à la mise en place des installations provisoires du chantier. Pour être à l’abri des éventuelles tempêtes, le baraquement provisoire fut installé à l’origine de la jetée, avec la station de bétonnage et un petit atelier. Une voie de chantier établie sur la jetée neuve avec wagonnets poussés à la main acheminait le béton auprès du caisson. Quelques difficultés ont été ressenties pour recruter du personnel, ce genre de travaux n’étant pas courant à Diélette. Les Normands étant méfiants, il a fallu aussi quelques jours pour que soit accepté ce jeune « horsain », portant de grosses chaussures de montagne! Ensuite, tout s’est très bien passé!

     

    Le chantier a effectivement débuté fin janvier 1949 par la démolition des 4 colonnes abandonnées. Celles-ci étaient constituées d’un voile en béton, très fortement armé d’aciers doux. Cependant la démolition s’est passée sans problèmes. Les bureaux d’études ayant jugé devoir renforcer les colonnes conservées pour encaisser les efforts de la charpente, nous avons procédé à un chemisage en béton armé. Les coffrages circulaires ont été préparés à l’atelier de Tourlaville, les armatures sur place. Le bétonnage a été retardé par un fort coup de froid et quelques intempéries, mais s’est ensuite déroulé normalement. Il a été utilisé du ciment « à prise à la mer » et du sable et du gravier de la carrière Leroux. Au sommet des colonnes, nous avons créé des sommiers en béton armé dans lesquels ont été fixées des armatures de liaison avec les poutres. Ces dernières comprenaient deux poutres principales parallèles et deux entretoises.
    Les coffrages ont été préparés à Tourlaville ainsi que les armatures, le montage et la mise en place se faisant sur place. L’ensemble a été terminé au début de l’été.

     

    Le délai de prise du béton a été respecté et les travaux de charpente métallique ont commencé en septembre. Deux grosses poutres métalliques ont été posées, prenant appui sur les poutres principales en béton armé et liées à elles par des étriers. Des entretoises reliaient les poutres principales, formant contreventement horizontal. Tout se passait normalement, et le montage du pylône allait commencer quand une violente tempête le 24 octobre 1949 a littéralement, sous nos yeux, soulevé et jeté l’ensemble des poutres dans le port. Après expertises, l’absence de malfaçons étant constaté, il a été décidé de ne pas refaire le même système, manifestement non adapté, les grandes poutres métalliques offrant une trop grande prise aux vagues. Le pylône a été alors conçu et réalisé comme une petite Tour Eiffel à quatre pieds. Le caisson a finalement été acheminé et mis en place l’été suivant.

     

    Entre temps, nous avons réutilisé les coffrages des colonnes pour aller renforcer celles du caisson de la station en mer, avec acheminement du personnel et des matériaux par le transporteur aérien mis provisoirement en service avec charge admissible réduite en raison de la grande portée au-dessus du pylône effondré, et travail en fonction de la marée.

     

    Nous rendons hommage à la parfaite collaboration avec le personnel de la Mine, en particulier avec Monsieur VIDUVIER le Directeur, dont l’aide nous a été précieuse.

     

    L’auteur de ces lignes s’est, quelque temps après, définitivement lié à Diélette!

    Maurice Fage

    À l’époque, conducteur de travaux de l’entreprise THEG

    Octobre 2014 pour « Dielette et la Mer »

     

     

     

     

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