• Carambolage maritime en Manche.

    Carambolage maritime en Manche dans le Pas de Calais.

     

     

    .C’était il y a quelques années.

    L’épave du Tricolor, ce bateau qui avait coulé dans la Manche au large de Dunkerque avec près de 3000 voitures à bord, avait été percutée par un cargo, le Nicola. Le navire avait réussi à se désencastrer. Le détroit du Pas-de-Calais où s’est déroulée cette double collision est l’un des plus fréquentés et dangereux au monde.
    Ce nouvel accident était l’illustration très concrète du risque que constituait pour la navigation l’épave du bateau norvégien Tricolor, coulé dans la Manche. Sa coque avait été heurtée par le Nicola, un navire battant pavillon dans les Antilles néerlandaises et navigant sans marchandise. Avec l’aide de deux remorqueurs, le Nicola était parvenu à se déséchouer.

     

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    Le Tricolor, un roulier norvégien avait quant à lui été percuté une première fois à 35 kilomètres des côtes, dans le détroit du Pas-de-Calais, au large de Dunkerque après une collision avec un porte-conteneurs, un navire-marchand des Bahamas. Il transportait à bord près de 3 000 voitures de luxe neuves et contenait quelque 2 000 tonnes de combustible pour sa propulsion, tandis que chacun des véhicules contenait 5 cinq litres d’essence. Les vingt-quatre membres de l’équipage avaient pu être sauvés.

    Le Deurloo, le navire d’assistance envoyé sur place par l’armateur, devra dans un premier temps inspecter le navire et contenir d’éventuelles fuites, avant d’entamer le pompage des 2 000 tonnes de carburant contenu dans les soutes, quand l’état de la mer le permettra. Les opérations de pompage ont été retardées en raison du mauvais temps sévissant dans la région. «Aucune pollution notable n’était à déplorer», indiquait la préfecture maritime de la Manche et de la mer du Nord.

     

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    .Echoué mais bien visible.

     

    Une opération plus que nécessaire, l’épave repose dans une voie de circulation très fréquentée du détroit du Pas-de-Calais, où près de 400 navires commerciaux –dont 50 déclarent transporter une cargaison dangereuse (hydrocarbures, gaz ou substances radioactives) croisent chaque jour une centaine de ferries, principalement sur le trajet Calais-Douvres. Une zone de grande affluence comme l’a expliqué Philippe Bacquet, directeur du Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage en Manche (Crossma) interrogé par l’AFP : «Le Pas-de-Calais est l’un des détroits les plus dangereux car étroit et très fréquenté. Il passe rien que sur le rail montant plus de 200 navires par jour. De nuit, où les accidents sont les plus fréquents car seuls les feux signalent l’épave et les patrouilleurs alentour, entre 80 et 90 navires remontent vers le Nord».

    Autre problème et non des moindres, le Tricolor est lui-même couché sur le flanc, dans une zone où la profondeur est inférieure à trente mètres. L’épave est donc exactement à fleur d’eau, au beau milieu de la Manche. Mais pour Philippe Bacquet, «théoriquement, il ne devrait pas y avoir d’accident avec la bouée, les annonces aux marins, la présence de patrouilleurs de gendarmerie». En effet, de gros moyens ont été mis en place pour éviter d’autres collisions. Une première bouée lumineuse a pu être posée par le service des phares et balises du ministère des Transports. En attendant le mouillage d’une seconde balise, une patrouilleur de la gendarmerie et le navire d’assistance envoyé par l’armateur tournent dans la zone. Les Etats riverains la Belgique et la Grande-Bretagne ont accepté de participer aux opérations de surveillance.

     

    Carambolage maritime en Manche (3)

     

    .Dispositif de découpage et de relevage.

     

    Un appel d’offres pour le relevage de l’épave a été lancé par l’armateur le 17 janvier 2003. Trois sociétés ont postulé. C’est en définitive au consortium d’entreprises  » Combinatie Berging Tricolor « , mené par la société Smit Salvage B.V. qu’a été confiée l’opération de démantèlement de l’épave. Le contrat a été signé le 11 avril.

     

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    L’opération consistait dans le découpage de l’épave en 9 tronçons d’environ 3 000 tonnes chacun à l’aide d’un câble tranchant de 6 cm de diamètre. Chacune des sections est hissée par une grue flottante et déposée dans une barge qui permet d’acheminer les morceaux de coque et les véhicules contenus dans l’épave vers le port de Zeebrugge. Au moins 141 jours de travail sont prévus, avec des mesures de sécurité en matière de circulation au voisinage du chantier et la présence sur zone d’un navire antipollution pendant les opérations de découpe (il reste environ 140 m³ d’hydrocarbures dans des zones inaccessibles du navire).

     

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    La phase de préparation des opérations de découpage a débuté le 22 avril. Fin juin, les travaux effectués avaient permis d’expertiser la coque et d’effectuer une cartographie sous-marine de la zone autour de l’épave. Des bollards (points de saisine) ont été fixés pour permettre la remontée des tronçons à l’aide de grues.

    Les travaux de découpage ont commencé le 22 juillet 2003, retardés par une météo défavorable. Les opérations d’enlèvement des derniers éléments de double-fond de la coque du navire ont été achevées le 19 juillet 2004, laissant place à la récupération de la rampe tribord, puis au « grappinage » des débris sur le fond. Les opérations d’extraction de pièces à l’aide de grappins géants et l’enlèvement des grands tronçons ont duré plusieurs mois.

     

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    Le nettoyage fin a ensuite pu commencer (pour remonter les voitures et engins de travaux publics gisant sur le fond).

     

     

     

     

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