• Histoire de la SNSM de Dielette

    Histoire de la SNSM de Dielette

     

    Pour le grand public des premières années du dix-neuvième siècle, la mer n’existe pas. Lointaine, mystérieuse, elle demeure toute entière contenue dans une littérature aux frontières de l’imaginaire. La discipline rigoureuse, la souffrance, le scorbut, les privations, le naufrage et la mort sont acceptés par tous comme les fatalités de la vie maritime. Plus que la technique, la politique des nations, l’état d’esprit des peuples ne se prêtent pas encore à la conception du secours en mer. Les grandes reflexions humanitaires s’arrêtent sur les quais de Brest ou de Southampton.

     
    Le geste généreux du sauvetage est vieux comme le monde. Le droit romain en fait obligation. Par une ordonnance de 1681, Louis XIV recommande de toujours secourir quiconque est en danger de se noyer.
    Au Havre, dont l’entrée du port est particulièrement dangereuse pour les voiliers par certains vents, les lamaneurs (en charge du pilotage des navires) disposent à partir de 1752 d’un « magasin de sauvetage » contenant filins, poulies et cabestans.
    Au siècle des frères Lumières, les hommes ont décidé de prendre en main leur destin.Les fortunes de mer ne relèvent plus désormais de la fatalité.L’idée du sauvetage bénévole n’est pas encore née, mais de gros efforts sont faits de chaque côté de la Manche pour créer des postes de secours disposant du matériel nécessaire.

     
    En 1789, à Shields, sur la côte Est de l’Angleterre, une terrible tempête provoque le naufrage de plusieurs navires. Des notables locaux lancent un concours de plans pour la construction d’une embarcation permettant de secourir des naufragés. Il est remporté par le charpentier Henry Greathead qui devient officiellement l’inventeur du canot de sauvetage insubmersible.
    En France, l’histoire du sauvetage en mer débute véritablement à Boulogne en 1825 avec la création de la Société Humaine et des Naufrages.Bientôt, des oeuvres analogues se mettent en place à Dunkerque, Calais, Le Havre et Dieppe.
    En 1854, Théodore Gudin, propose qu’une institution organise le sauvetage à l’échelon national.Son projet n’aboutit qu’en 1865, avec la création à Paris, par l’Amiral de France Rigault de Genouilly, de la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés (SCSN).Quatorze stations de sauvetage sont aussitôt créées, dont la moitié en Bretagne. Bien d’autres suivront.

     
    Chaque station de sauvetage dispose d’une « maison abri » » servant à entreposer le matériel. Les premiers canots sont à voiles et à avirons. Leurs qualités essentielles sont l’insubmersibilité, le redressement spontané après chavirage et la vidange automatique de l’eau embarquée. A partir de 1912, ils sont progressivement remplacés par des canots à moteur.
    En 1873, Henri Nadault de Buffon (1831-1890) fonde, à Rennes, la Société des Hospitaliers Bretons (HSB). C’est à la fois une « institution de sauvetage et de sauveteurs, d’assistance mutuelle, de bienfaisance, de moralisation et d’encouragement au bien ». Elle installe des postes de secours en Bretagne et en Vendée, puis sur l’ensemble du littoral français.
    Au fil des années, la Société des Hospitaliers Bretons s’équipe de canots et complète ainsi le dispositif de la Société Centrale de Sauvetage des naufragés, en particulier sur les plages.

     
    En 1967,les deux sociétés fusionnent alors pour donner naissance à
    la Société Nationale de Sauvetage en mer (SNSM).Reconnue d’utilité publique en 1970.
    Dans un prochain article, nous verrons tout particulièrement l’histoire de la SNSM de Dielette, agrémentée de cartes postales d’époque des différents canots.
    Aujourd’hui comme hier, les équipages des canots sont constitués de volontaires. Une allocation est prévue pour les sorties et les exercices, mais elle est si modique au regard des risques encourus que le bénévolat est de règle.La SNSM fonctionne grâce aux dons et aux subventions. Son slogan :
    « Notre force, c’est votre soutien. »

     

     

    Le 6 février 1867, le trois-mâts norvégien « Fire somer » fait naufrage devant Dielette, et on déplore 7 noyés.
    A la requête du Marquis de Sesmaisons, Conseiller Général de Les Pieux, la station de sauvetage de Dielette est créée en 1867.Deuxième station de la Manche après Barfleur.

     

    Histoire.SNSM (1)

     

    Au temps des canots à avirons, l’équipage se compose d’un patron, d’un sous-patron et de dix canotiers. Le patron est un marin-pêcheur du pays possédant une grande expérience de la mer et connaissant parfaitement les parages, ayant l’aptitude au commandement et accepté par tous. Lorsqu’il est absent, c’est le sous-patron qui prend le commandement du canot.

     

    Histoire.SNSM (2)

     

    Par tradition, les équipages se recrutent parmi les hommes du village.Ce sont des marins expérimentés qui ont pratiqué le rude métier de la pêche côtière ou l’aventure de la grande pêche en Atlantique Nord. Pour qu’une opération de sauvetage réussisse, les canotiers peuvent compter sur leur sens marin, leur entraînement et l’exactitude de leurs réflexes.

     

    La station de sauvetage de Dielette verra sept embarcations jusqu’à nos jours :

     

    # de 1867 à 1907, le « Commandant Albert », canot à rames de 9,78 m.

    La station est dirigé par un comité local présidé par le châtelain de Flamanville.
    L’équipe de canotiers est composée de 22 hommes :
    -1er patron : Mr Piel patron pêcheur
    -1er sous-patron : Mr Toulorge
    -prix Amiral Jacquemot en 1892. 300 francs pour le sauvetage du sloop « gagne-petit » le 1er juillet 1891 et « le jeune constant » le 7 décembre 1891.

    -2ème patron : pierre Bourget
    -2ème sous-patron : louis Pezet . Tous les deux reçoivent la médaille de bronze le 27 mars 1892 et un diplôme d’honneur pour les canotiers.

     

    Histoire.SNSM (3)

     

    # de 1907 à 1919, le canot « Octave Lemaître », canot à rames de 8,50 m.

    Charles Milcent, conseiller municipal et président du comité local de sauvetage l’inaugure le 3 novembre 1907. Marie-Louise Milcent est la marraine et monsieur Buhot, maire de Flamanville, est le parrain.

    Baptême du canot de sauvetage Octave Lemaître

     

    Histoire.SNSM (4)

     

    Premier lancement de l’Octave Lemaître

     

    Histoire.SNSM (5)

     

    L’Octave Lemaître à la voile

     

    Histoire.SNSM (6)

     

    Sorties de l’Octave Lemaître

     

    Histoire.SNSM (7)

    Histoire.SNSM (8)

     

    Manoeuvre du canot de sauvetage

     

    Histoire.SNSM (9)

     

    Lancement du canot de sauvetage un jour de tempête

     

    Histoire.SNSM (10)

     

    Embarquement des canotiers un jour de tempête

     

    Histoire.SNSM (11)

     

    # de 1919 à 1949, la « Léonie » canot à rames de 9,80 m.

    Baptême du canot de sauvetage « Léonie »

     

    Histoire.SNSM (12)

     

    Lancement du canot de sauvetage « Léonie », le jour de son baptême

     

    Histoire.SNSM (13)

     

    Halage du canot de sauvetage

     

    Histoire.SNSM (14)

    Histoire.SNSM (15)

    Histoire.SNSM (16)

     

    Ci-dessous, la même chose en plus petit, ce qui donne déjà une idée !

     

    Histoire.SNSM (17)

     

     

    La station de sauvetage sera fermée en 1949, et la « Léonie » sera vendue à la mine de Dielette.
    La station réouvrira en 1965, avec le développement de la plaisance.

    # de 1965 à 1997, le 4ème canot sera le « Saint-Gilles », canot pneumatique Mark 3, équipé d’un moteur hors-bord de 40 cv.
    et le « Saint-Gilles II » canot pneumatique équipé d’un moteur de 55 cv, sera le 5ème canot.

     

    # de 1997 à 2006, le « Capitaine Leroux des Rochettes », équipé d’un moteur hors-bord de 100 cv

     

    # et enfin, depuis 2004, le « Président Henri Varin » vedette nouvelle génération, équipée de deux moteurs de 200 cv turbo-diesel.

     

     

     

     

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