• Silex, menhir et dolmen

    Silex, menhir et dolmen

    Le but de cet article est juste de préciser que la côte de Flamanville était visitée et « habitée » depuis fort longtemps. En effet il y a 110 000 ans, l’homme de Néandertal était au cap du pou. Il y a peu de temps, Dominique CLIQUET, archéologue au Service régional d’archéologie à Caen, responsable des fouilles sur le cap du Pou était à Surtainville pour une conférence informative, qui fut suivie par un nombreux public averti et curieux de connaitre ce que recèle ce site du paléolithique moyen d’Europe septentrional. Celle-ci avait pour thème : la campagne de fouilles qui se déroule sur le cap du Pou. Cet endroit, découvert par Yves Roupin en 1967, sera par mesure conservatoire acheté par le Conservatoire du Littoral car il y a urgence de réaliser une réserve archéologique de sauvetage : l’érosion littorale prive les chercheurs de quelques 1000 m2 tombés au pied de la falaise.

    Et un peu plus près de nous, mais à quelques 5 ou 6000 ans :

    Origines (3)

    le Dictionnaire archéol.de la Gaule (1875, p. 402) signale trois menhirs dans la commune de Flamanville.

    M. le commandant Jouan  a signalé un menhir mesurant 5 mètres de hauteur, il était enclavé dans un mur en pierres sèches et se voyait encore en 1880, près du dolmen la Pierre-Aurey ; il a disparu depuis cette époque.

    Dans un article publié par M. Ragonde (Soc. acad. de Cherbourg. 1833), l’auteur énumère et décrit les monuments mégalithiques qui se trouvent dans les environs de Cherbourg et il cite un dolmen « formé d’une pierre de granit, large de 6 pieds (1m949), posé sur trois autres verticales et hautes de 3 pieds (0m974) ce qui donne au monument une hauteur totale de 6 pieds (1m95) ». Ce dolmen se trouvait vers l’extrémité méridionale des falaises de Flamanville, en un lieu qui porte le nom de Corb, à 23 kilomètres, dans le S.-O. de Cherbourg.

    Origines (8)

    M. Jouan l’a cherché en vain, en 1880, lors de son inventaire sur les mégalithes des environs de Cherbourg.

    Vers le point le plus saillant de la côte Ouest du département de la Manche, au bord de la falaise granitique appelée le Nez-de-Flamanville, laquelle s’élève à 90 mètres presque à pic au-dessus des flots, se trouve un dolmen qui porte le nom de la Pierre-au-Rey ou Pierre-Auray ; elle se trouve enclavée dans le poste sémaphorique.

    Origines (4)

    Les guetteurs ont tenté de le faire disparaître, parce qu’étant juste à la hauteur du bureau où se trouvent les appareils du sémaphore et les lunettes, ils ne peuvent embrasser tout l’horizon. Ils sont obligés à chaque instant de sortir et d’escalader la table pour faire leurs observations, même au milieu de la pluie et du vent.

    Origines (1)

    Ne pouvant le supprimer, ils l’ont transformé : les intervalles des supports ont été bouchés et on a construit à l’extérieur des niches à lapins et à poulets : quant à l’intérieur, il leur sert d’abri pendant les tempêtes. Ce dolmen est formé de trois supports de granit enfoncés verticalement et dépassant le sol d’environ 1m20. L’ensemble du monument s’élève à 2m60 au dessus du sol. La table, formée d’un bloc ovoïde de granit, mesure 1m90 de largeur, 1m6o d’épaisseur. Du côté de l’Est, se trouvent quelques pierres formant un vestibule d’un mètre de largeur; elles sont recouvertes, aujourd’hui, mais en 1833, M. Ragonde les a vues émergeant du sol. En 1833, M. Ragonde publia une note sur le dolmen de Flamanville, la Pierre-à-Rey, dans les Mémoires de la Société académique de Cherbourg. Déjà, à cette époque, un poste de douaniers avait été installé près du dolmen ; c’est seulement, en 1859, qu’on y établit un sémaphore.

    Origines (2)

     

    Ornement en or— Le 3 juillet 1844, des ouvriers occupés à extraire du granit, trouvèrent, au bord de la mer, entre deux blocs de granit, une sorte de collier d’or, à 0 m40 environ au-dessous du sol; à côté, on ne trouva que des débris de charbons.

    Cette parure, ayant la forme d’une sorte de cor de chasse, pesait 353 grammes. La partie centrale n’offre aucune décoration, on remarquait, vers le haut, un ornement ciselé qui ressemblait à des dents fixées à un anneau. Les deux cônes du bas, divisés par cinq cercles, formaient quatre zones couvertes de lignes obliques et parallèles, dirigées dans chaque zone en sens inverse de leurs voisines. Le dernier cercle de base formait un bourrelet, mais celui du haut, était plat et terminé par une dentelure. Cet objet fût porté chez un orfèvre de Cherbourg qui l’expédia à Paris, mais son correspondant, au lieu de le porter au Cabinet des médailles, ainsi qu’on le lui avait recommandé, envoya une somme de 900 fr à son client de Cherbourg et le fondit. Grâce à un dessin exécuté par MM. Couppey et Menaut (Mém. de la Soc. des ant. de Normandie, 2e série, 4e vol., année 1844), la forme en a été heureusement conservée. Quant à l’origine de cette parure, il est fort difficile de se prononcer. Il est vrai que la presqu’île de la Hague a fourni de nombreux objets de l’époque gallo-romaine, mais nous croyons ce collier plus ancien.

    Origines (5)

     

    Dans la falaise de Flamanville, un peu au Sud du point avancé marqué la Cabotière.sur la carte, se trouve une grotte connue sous le nom de Trou-Baligan. Voici la description qu’en a donné M. Ragonde : « Elle a été évidemment formée par les dégradations successives d’une partie des terres sableuses qui se trouvaient entre deux couches inclinées du N.-E. au S.-O., des roches granitiques de la falaise…

     

    Origines (6)

     

    Sa profondeur est de 300 pieds (97 mètres). L’entrée, d’abord étroite, s’élargit et parvient à 6 pieds de largeur (1m94), mais elle finit par n’être plus qu’une fissure trop étroite pour y pénétrer. La hauteur de cette grotte est de 50 à 60 pieds (7m5o). Quand on y pénètre, on aperçoit dans le sable de la voûte d’énormes blocs de granit semblables à ceux qui pavent la grotte… Une pierre plate située à gauche, se trouvait placée sur quatre autres (Dolmen ?). Des pierres moins volumineuses étaient disposées autour comme des sièges. » (Mém.’ de la Soc. acad. de Cherbourg. 1833.)

    Origines (7)

     

    Depuis cette époque, les tailleurs de granit et les fortes marées ont obstrué cette caverne. Nous devons ajouter que dans toute la longueur du littoral de la Manche, se trouvent des cavités portant des noms plus ou moins légendaires. A Carteret, nous en avons visité récemment quelques-unes qui nous paraissent des fissures naturelles et qui ne pouvaient être habitées, puisque la mer vient à chaque marée en inonder le sol.

    On a trouvé des haches en bronze dans cette commune. (M. Jouan. Matériaux. 1881, p. 351.)

     

    SIOUVILLE

    Dans le rivage escarpé, d’une hauteur de 4 à 5 mètres, qui borde la côte Ouest de la Manche, au Nord du port de Dielette, entre le mont Saint-Pierre et le mont Saint-Gilles, M. Menut a recueilli de nombreux éclats de silex sans retouches qui avaient été détachés d’une sorte de limon jaunâtre. Quatre de ces éclats sont déposés au Musée de Cherbourg ; ils ne portent pas de retouches, il est difficile d’affirmer s’ils proviennent d’un effort humain : toutefois, le silex étant rare dans la contrée, ces éclats peuvent provenir de la taille d’autres pièces plus complètes.

     

     

     

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