• Mnemiopsis invasif

                           Mnémiopsis invasif

    C’est une réalité le Mnemiopsis leidyi, menace d’invasion la Manche et la Mer du Nord.

    Mnemiopsis leidyi est abondant en mer côtière peu profonde riche en apports organiques. Cette espèce est capable de remonter les estuaires. C’est une espèce euryhaline et eurytherme: elle tolère des variations de température et de salinité importantes. Elle supporte aussi des taux d’oxygène très bas. Elle est donc capable de coloniser et d’envahir n’importe quel milieu, même pollué.
    Description
    Mnemiopsis leidyi est un cténophore pélagique, transparent et ovale. Sa surface est parcourue par huit rangées de peignes ciliés. Le corps de l’animal est divisé embryologiquement en huit lobes. Quatre de ces lobes finissent par se souder deux à deux, et l’animal adulte possède donc six lobes, deux gros et quatre petits. Le gros lobe, bien visible et volumineux, alterne avec deux petits, moins visibles. Les premiers portent deux rangées de palettes ciliées, les seconds une seule. Selon la région du globe, la taille de ces lobes peut varier. Cet organisme est fortement réfléchissant à la lumière du soleil ou à celle d’un phare de plongée. Sa taille varie selon les régions du globe de 3 à 12 cm.

     

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    Projet MEMO : le Mnemiopsis leidyi est-il une menace pour la Manche/Mer du Nord ?
    Une équipe de chercheurs boulonnais participe au projet européen interrégional MEMO. L’objet de son étude : une parente de la méduse, très invasive, qui a décimé les stocks de poissons dans les mers noire et Caspienne dans les années 80 et 90 et pourrait bien déferler sur notre littoral.

    Un projet européen.- Nom de code : Mnemiopsis leidyi. Caractéristiques : très transparente et aimant voyager. Et aussi très collante mais pas urticante, contrairement à sa « cousine » la méduse. Cette charmante bestiole est l’objet de l’étude européenne MEMO (1) à laquelle participent Jean-Michel Brylinski et Dorothée Vincent, enseignants chercheurs au laboratoire d’océanographie et de géosciences de l’ULCO, à Wimereux, avec trois de leurs collègues. Lancé en janvier dernier, ce projet interrégional européen associe 4 pays : la Belgique (chef de projet), l’Angleterre, les Pays-Bas et la France (ULCO et Ifremer).
    2 Une espèce invasive… À l’origine américaine, ce « cténaire » a été introduit en mer noire dans les années 80, apportée par les eaux de ballast des bateaux, puis a colonisé la Caspienne. Dans ces deux mers fermées, elle a « complètement perturbé l’écosystème pélagique » explique Jean-Michel Brylinski.
    Vorace en zooplancton, larves et œufs de poissons, elle a décimé les stocks, en particuliers d’anchois, entraînant des « pertes économiques énormes ». On l’a ensuite repérée en mer baltique en 2006, en 2007 près du Danemark. Il y en a déjà beaucoup dans les mers intérieures hollandaises et « pas mal » au large de la Flandres. On en a vu en 2008-2009 pas loin de Gravelines puis à Calais. En « faible effectif, précise Dorothée Vincent, et on les a observées parce qu’on les cherchait ». Mnemiopsis leidyi est en effet « une espèce très fragile et très transparente… On peut facilement passer à côté »

     

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    Et collante.-Mnemiopsis, qui est très gluante, a aussi la fâcheuse tendance à colmater certains filets de pêcheurs, et peut poser problème aux systèmes de refroidissement des industries. Par exemple les centrales nucléaires…

    Trois objectifs. Les chercheurs boulonnais vont poursuivre 3 objectifs. Ils étudieront tout d’abord où se trouve l’espèce et en quelles proportions. Du 21 avril à fin juillet, ils iront jeter leurs filets à plancton à Calais, Dunkerque et au « point Somlit », en face d’Equihen. Ensuite, ils travailleront en labo, plus spécifiquement sur la nutrition de l’espèce : « nous l’élèverons et ferons des expériences pour savoir ce qu’elle consomme, en quelle quantité, et comment elle se reproduit… » Enfin, la troisième étape consistera à prédire le développement de l’espèce en Manche et mer du Nord et « à donner des mesures de prévention, si on peut ». L’occasion aussi d’opérations de communication lors de colloques et aussi auprès des pêcheurs, du grand public, etc.

     

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    Faut-il vraiment craindre une invasion de Mnemiopsis sur nos côtes ? « Nos écosystèmes sont différents de ceux de mers fermées et chaudes, relativise Jean-Michel Brylinski, il y a chez nous des courants de marée forts et cette espèce est fragile ». D’un autre côté, « elle s’adapte à toutes les conditions ». L’étude MEMO s’avère donc nécessaire.

     


      Le Mnémiopsis (Mnemiopsis leidyi) est un prédateur carnivore qui atteint 10 cm de long, qui mange toutes sortes de zooplancton y compris des oeufs et des larves de poissons, perturbant la chaîne alimentaire des zones qu’il a envahies. Les Mnemiopsis leidyi sont des cténophores ; ils ressemblent superficiellement à des méduses, mais biologiquement, ils sont assez différents et ils appartiennent à un phylum différent. Originaires des estuaires atlantiques américains où leur abondance est limitée par des prédateurs et des parasites indigènes, ils tolèrent d’extrêmement grandes variations de température et de salinité. Les populations de cténophores suivent des cycles d’« expansion-récession » et peuvent atteindre de très hautes densités.

     

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    Au début des années 1980, le mnémiopsis fut introduit accidentellement en mer Noire dans des eaux de ballast. Il fut aussi introduit en mer Caspienne dans les eaux de ballast de pétroliers. Dans son nouvel habitat dépourvu de tout prédateur, Mnemiopsis leidyi a dévasté tout l’écosystème de la mer Noire. La situation a empiré à cause d’une eutrophisation et d’autres pollutions. En 1992, les pertes annuelles causées par la chute des captures de poissons commercialisables étaient estimées à 240 millions de dollars US minimum.
    La prolifération des mnémiopsis a eu des effets en cascade à tous les niveaux de la biodiversité – même les poissons prédateurs et les dauphins ont disparu. Les stocks de poissons de la mer Noire et de la mer d’Azov ont souffert du fait que le mnémiopsis mange les oeufs et les larves. Les impacts sur l’écosystème de la mer Caspienne se sont fait sentir plus vite et plus fort qu’en mer Noire. En 2001, les répercussions étaient perceptibles à tous les niveaux – même le plus grand prédateur, le phoque de la Caspienne était touché.

    Par un étrange retournement de la situation, en 1997, un autre cténophore, le Beroe ovata, fut découvert au nord-est de la mer Noire. Comme il se nourrit de Mnemiopsis leidyi, il a entraîné une chute spectaculaire de leur nombre, aidant ainsi l’écosystème de la mer Noire à se restaurer et on a pu observer de meilleures conditions pour le zooplancton, le phytoplancton, les dauphins et les poissons ainsi que pour les oeufs et les larves de poissons. Il est possible d’utiliser Beroe ovata comme moyen biologique de contrôler Mnemiopsis leidyi. Cependant, utiliser une espèce exotique pour un contrôle biologique n’est qu’une solution à utiliser en dernier ressort car elle présente ses propres risques. En tout cas, l’introduction délibérée d’une telle espèce exotique ne devrait être envisagée qu’après avoir complètement analysé les risques et bien étudié les coûts et bénéfices, y compris environnementaux.

     

     

    En espérant que l’on ne verra jamais une prolifération de l’espèce ci-dessous :

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