• L’étoile de mer japonaise invasive

                   Etoile de mer japonaise invasive

     

    Etoile de mer japonaise  (1)

     

    La grande étoile de mer japonaise jaune et pourpre (Asterias amurensis) est une autre de ces créatures attrayantes qui semblent inoffensives mais qui peuvent avoir des conséquences désastreuses lorsqu’elles envahissent de nouveaux habitats. L’espèce est originaire du Japon, du nord de la Chine, de la Corée, de la Russie et du grand nord Pacifique. On pense quel’introduction de cette espèce en Tasmanie (Australie) pourrait s’être faite sous forme de larves prises dans l’eau de ballast ou dans l’encrassement de la coque de bateaux en provenance du Japon. En 1995, sa densité dans l’estuaire tasmanien de Derwent s’est avérée être la plus élevée du monde (1 100 par m³). Il se pourrait qu’il y ait là près de 30 millions d’individus.

     

    Etoile de mer japonaise  (2)

     

    Ce vorace prédateur mange tout ce qu’il trouve pour autant que ce ne soit pas plus long qu’un de ses bras (jusqu’à 50 cm). Il raffole particulièrement de coquillages, crabes, oursins, autres étoiles de mer, oeufs de poissons et ascidiens, et il peut détecter et déterrer les proies qui sont enfouies dans le sable. Cette étoile de mer est devenue, depuis son arrivée en Tasmanie, le prédateur invertébré dominant de l’estuaire de Derwent. L’étoile de mer indigène Coscinasterias muricata est incapable de rivaliser en nombre, et l’envahisseur étranger la met en grand danger. Les fermes d’aquaculture, y compris les cordes à moules, les cages à huîtres, les lignes de coquilles St Jacques et les enclos de saumons qui fournissent des proies facilement accessibles, peuvent aussi être menacées par l’étoile de mer japonaise, encore que ce soit moins le cas lorsque le matériel est suspendu au milieu de l’eau.
    On ne connaît aucune méthode pratique pour éradiquer cette espèce une fois qu’elle s’est installée. L’enlèvement manuel par des plongeurs n’a eu un taux de succès – et encore, limité – que là où l’infestation était sporadique et avait une densité de moins de 2 par m², mais la collecte par les plongeurs est inefficace comme méthode de contrôle des grandes populations. En mai 2000, des pêcheurs communautaires de Hobart (Tasmanie) ont récolté 21.000 individus et l’on a estimé que cela représentait juste 5% de la population d’étoiles de mer dans les docks. L’enlèvement à la main, par dragage ou par des pièges n’a pas été efficace non plus. Les filets et la récolte commerciale (on broie les étoiles de mer pour en faire de l’engrais) ont connu un succès limité.

     

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    Certaines espèces pourraient servir pour le contrôle biologique de l’étoile de mer japonaise et l’on étudie la faisabilité et la sécurité de cette utilisation. La seule défense pratique contre l’invasion d’étoiles de mer japonaises est une vigilance continue à tous les points d’entrée potentiels, et une réaction rapide si une introduction a lieu. Pour maximiser la prévention de menaces futures, des informations au sujet de cette espèce ont été diffusées le long de toutes les côtes australiennes pour éduquer les communautés et les encourager à rapporter toute observation. En Nouvelle-Zélande, une législation a été mise en oeuvre pour empêcher le déversement des eaux de ballast qui auraient été prélevées dans l’estuaire de Derwent et la baie de Port Phillip au cours de la saison de reproduction de l’étoile de mer.

     

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