• Caulerpa taxifolia invasive

                     Caulerpa taxifolia invasive

     

    Caulerpa invasive (1)

     

    La plupart des espèces de caulerpes sont de belles algues. À la fin du XXème siècle, l’espèce Caulerpa taxifolia est devenue une des préférées lorsque le commerce aquariophile a commencé à croître dans le monde. Cependant, une « souche pour aquarium » de cette espèce s’est échappée et elle s’est avérée écologiquement et économiquement désastreuse lorsqu’elle a envahi des régions aussi éloignées l’une de l’autre que l’Australie, les USA et la Méditerranée. Cette algue s’est déjà acquis une très mauvaise réputation : c’est une des 100 espèces les plus envahissantes du monde.

     

    Caulerpa invasive (2)

     

    Un des pires cas d’invasion s’est passé en Méditerranée : le Musée océanographique de Monaco avait obtenu un hybride de Caulerpa taxifolia de vendeurs qui avaient probablement fait venir leur stock original du nord de l’Australie. Très vite de petits morceaux de la nouvelle algue se sont retrouvés dans la nature via le système d’élimination des eaux usées de l’aquarium. Ils ont fini par couvrir 13.000 hectares de fonds marins le long de 190 km de côtes. En 2001, l’algue s’était fait transporter vers de nombreux autres ports méditerranéens très fréquentés par les touristes, accrochée aux ancres ou aux filets de pêche.

     

    Caulerpa invasive (3)

     

    La Caulerpa taxifolia peut envahir de nombreux types de fonds marins, la boue, le sable ou des rochers, sans égards pour les autres formes vivantes. Elle commence son invasion en croissant plus haut que les algues ou les prairies marines résidentes et en leur faisant de l’ombre et elle continue en touchant les animaux marins tels que poissons ou homards qui dépendent de l’écosystème indigène existant pour leur nourriture. Les animaux qui ne peuvent pas s’échapper rapidement, comme les coquillages par exemple, sont tous simplement étouffés. La souche pour aquarium de Caulerpa taxifolia peut couvrir la totalité des fonds marins d’un tapis dense qui ne laisse aucune place pour d’autres espèces. L’algue envahissante se protège elle-même contre l’ingestion par les oursins ou des poissons en produisant une toxine. Les rares espèces qui peuvent la manger, comme la dorade de Méditerranée, peuvent accumuler les toxines dans leur chair au point que cela les rend impropres à la consommation humaine. Cette algue contrarie aussi divers intérêts économiques. Un tapis compact composé d’un seul type d’algue présentepeu d’intérêt pour les plongeurs amateurs et les touristes. Les pêcheurs professionnels sont aussi touchés parce que les dégâts causés à l’habitat réduisent les prises et parce que les filets et les hélices s’empêtrent dans les algues.

     

    Caulerpa invasive (4)

     

    Une infestation relativement réduite a pu être éradiquée dans le sud de la Californie en couvrant les algues de feuilles de plastique et en les empoisonnant au chlore ; on peut aussi utiliser d’autres traitements. Le coût de l’opération en Californie fut de 2,33 millions de dollars US en 2001-2002, pour les contrôles et le suivi, avec en plus un budget annuel pour la surveillance de 1,2 million de dollars US jusqu’en 2004. L’application de gros sel marin à une concentration de 50 kg/m² fut utilisée avec un succès relatif en Australie, permettant d’éliminer la Caulerpa taxifolia non indigène d’une superficie de 5 200 m² dans un cas, même si dans un autre cas, une surface de 3 000 m² a montré une réduction de la densité des algues mais pas une éradication complète. La Croatie a tenté une éradication en recouvrant les algues de feuilles de plastique. Le résultat fut satisfaisant, mais il faut dire que la surface couverte n’était que de 512 m². Il y eut aussi des éradications dans le sud de l’Australie et en Nouvelle-Galles du Sud, en Australie et, en Méditerranée française, l’arrachage manuel pratiqué par des plongeurs réussit à éradiquer la caulerpe sur une petite superficie. Mais ces méthodes impliquent beaucoup de ressources et, si un minuscule fragment d’algue échappe au traitement, l’espèce peut facilement se réinstaller.

     

     

     

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