• La puce d’eau, invasive

                             Puce d’eau invasive

     

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    La puce d’eau en hameçon (Cercopagis pengoi) est originaire du sud de l’Europe, plus précisément de la mer Caspienne, de la mer Noire et de la mer d’Azov et de petits lacs côtiers de cette région. Cette espèce peut tolérer une large amplitude de salinité et de température et il n’est donc pas étonnant qu’elle soit devenue envahissante en eau douce – dans les Grands Lacs américains et canadiens – et dans des environnements marins – comme la mer Baltique. La puce d’eau voyage en utilisant largement le même vecteur que tant d’autres envahisseurs dévastateurs : l’eau de ballast. La petite taille de la puce – moins de 2 mm – augmente son potentiel de causer des dégâts énormes.

     

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    Un des premiers impacts de la puce d’eau en hameçon est l’obturation des filets et l’encrassement des navires. En Amérique du Nord, les puces d’eau ont été découvertes pour la première fois dans le lac Ontario en juillet 1998, et il fut très facile de suivre leur rapide progression dans les lacs : en août 1998, des pêcheurs canadiens ont commencé à rapporter que ces formes gélatineuses, composées de centaines de puces, encrassaient leurs lignes et obstruaient leur matériel. En un mois, ces mêmes effets étaient rapportés dans tout le lac Ontario. Des navires de commerce ou des bateaux de plaisance ont sans doute transporté cette espèce du lac Ontario au lac Michigan parce que, mi-septembre, ces mêmes encrassements étaient rapportés là aussi. Si pour la pêche sportive, c’est une contrariété certaine, pour la pêche commerciale, les dégâts sont aussi financiers. Dans la Baltique, des pertes rapportées pour une seule ferme à poissons dans l’est du golfe de Finlande se montaient au moins à 50.000 dollars US, à cause de l’encrassement du matériel de pêche.

     

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    La puce d’eau affecte la biodiversité indigène directement et indirectement. Il peut y avoir des efflorescences algales néfastes parce que les puces d’eau mangent les organismes indigènes de la taille du plancton qui normalement, en les consommant, maintiennent ces efflorescences souscontrôle. En dévorant le zooplancton, la puce d’eau réduit la nourriture disponible pour de plus grandes espèces, comme les poissons, créant ainsi éventuellement un goulot d’étranglement pour la productivité de tous les poissons. Cette minuscule créature peut perturber complètement un réseau alimentaire et affecter la qualité de l’eau.

     

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    Les mesures pour éviter une dispersion plus large de l’espèce incluent l’échange de l’eau de ballast pour diminuer les risques de nouvelles introductions. Au niveau local, il est aussi critique de tout faire pour éviter la dispersion plus vaste de populations déjà présentes, et les mesures suivantes peuvent aider : les appâts vivants ou l’eau qui les a contenus ne doivent pas être rejetés dans les plans d’eau ; les bateaux et tout l’équipement devraient être lavés à l’eau chaude (plus de 40°C), avec un jet à haute pression, ou alors ils devraient être tirés hors de l’eau et séchés pendant au moins cinq jours avant d’être remis à l’eau ; les moteurs, les seaux des appâts et le matériel de pêche doivent être complètement séchés et nettoyés.

     

     

     

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