• Production de soude.(La Saga du varech 5)

    Production de soude.(La Saga du varech 5)

     

     

     

    Le Droit de Varech.(La Saga du varech 1)

    Le droit de varech et dates de coupe.(La Saga du varech 2)

    Les herbes de mer du Cotentin.( La Saga du varech 3)

    Les fourneaux à varech en Cotentin.(La Saga du varech 4)

    Production de soude.(La Saga du varech 5)

    Le varech en cartes postales.(La Saga du varech 6)

    Le varech en cartes postales.(La Saga du varech 7)

    Le varech en cartes postales.(La Saga du varech 8)

    Le varech en cartes postales.(La Saga du varech 9 et fin)

     

     

     

     

    Un petit rappel sur l’historique du varech pour ceux qui n’ont pas lu les articles précédents.

    .Varech, source de richesses
    Au cours des siècles passés, les algues constituent l’une des principales richesses exploitées sur l’estran. Elles forment une grande partie des amendements marins, procurent un combustible et une alimentation animale pour les habitants du littoral. Toutefois, le droit exclusif seigneurial de l’ancien Coutumier de Normandie donne pouvoir à la noblesse et au clergé sur les ressources du domaine maritime.

    C’est seulement sous l’initiative de Colbert que celui-ci deviendra public. Sous l’Ancien Régime, le varech est la source de nombreux textes législatifs et procéduriers, dont l’Ordonnance de la Marine de Colbert, en 1685, qui définit trois catégories : le varech-épave, constitué par les algues arrachées par la mer et rejetées sur le rivage, libres de droit et de collecte, le varech de coupe, qui ne peut être récolté que par les habitants des paroisses sur le territoire desquelles se trouvent lesdits rochers, enfin, le « varech de fond », principalement les laminaires, peu exploité.
    Ainsi sont privilégiées les communes qui possèdent une façade maritime, jalousées par celles de l’intérieur. Il faut y voir une compensation nécessaire aux difficultés de la vie maritime et au manque de bois par rapport aux communes de l’intérieur mieux pourvues. Leur privilège est circonscrit dans les relais de la mer. « Qu’au surplus tout le monde a droit d’aller couper et enlever avec des bateaux le varech qui croît sur les rochers que la mer environne et ne quitte jamais… »

    .Des techniques multiséculaires
    Au XIXème siècle, cette activité va se développer en Manche avec une législation relevant d’un arrêté communal qui fixe les périodes de coupe du mois de janvier au mois de mai. Cette réglementation, toujours valable aujourd’hui, n’est cependant plus appliquée, alors qu’elle permettrait de mieux gérer les champs d’algues.
    Traditionnellement, ces ramasseurs sont des marins-paysans ou des cultivateurs à part entière, souvent des femmes, employées pour la cueillette des algues brunes, dites fucales. Mais seuls les inscrits maritimes peuvent aller en mer accompagner les dromes, radeaux de varech flottants, manœuvrés avec de longues perches plombées. Cette technique particulière de flottage, déjà relatée dans un texte de la vie de Saint-Yves daté de 1330, reste utilisée jusqu’au milieu du XXème siècle.

     

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    Si le travail le plus pénible était fait lorsque le varech était débarqué sur la dune, pour autant la tâche n’était pas terminée car il fallait faire sécher ces algues en les tournant et retournant comme le foin dans les prés. Dès qu’il pleuvait on le mettait en tas afin qu’il ne soit pas lavé, car l’eau entraîne l’iode et une fois brûlé les cendres seraient pauvres, donc mal payées par les usines qui traitaient la soude.

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    Un autre travail commençait, très pénible : le piffonage. A l’aide d’outils appelés piffons, barres de fer aplaties à un bout, on mélangeait et brassait cet amalgame pendant 2 à 3 heures dans des « fours à soude » ou « fours à varech »: des fossés creusés à même la dune. De 5 à 10 de mètres de long , les parois et le fond sont tapissés de pierres plates assemblées avec de la glaise.
    Ces fours étaient divisés en compartiments dans lesquels on brûlait le varech sec.

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    Une fois refroidi on en faisait des pains de 70 à 80 kg qui étaient transportés jusqu’à l’usine, (le plus rapidement possible afin qu’ils ne s’effritent pas) pour en faire de la teinture d’iode. Le goémonier était alors payé par rapport à la teneur en sel du pain…

     

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    On obtenait 2 à 3 kg d’iode avec une tonne de varech sec. La production moyenne annuelle de cette denrée pour un goémonier était de 10 à 12 tonnes, alors qu’elle n’était que de 6 à 8 sur le continent.

    Évidemment, ces feux dégageaient une fumée très dense, âcre, suffocante, qui enveloppait toute la côte, rendant plus pénible encore le gagne pain de ces hommes.

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    Pour le brûlage, on garnissait le fossé de paille ou de fougères bien sèches, on y mettait le feu en ajoutant des branchages puis, poignée par poignée on « chargeait » avec le varech, et là, entrait le savoir faire du goémonier : assez de feu mais pas trop  afin que l’iode ne se volatilise pas. Petit à petit les cendres s’agglomèrent et forment une espèce de lave.

    A bientôt pour La Saga du varech 6,7, 8, et 9 : le varech dans la Manche en cartes postales de Granville à Dielette.

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