• Le Droit de Varech.(La Saga du varech 1)

               Le Droit de Varech.(La Saga du varech 1)

     

     

     

     

    Le Droit de Varech.(La Saga du varech 1)

    Le droit de varech et dates de coupe.(La Saga du varech 2)

    Les herbes de mer du Cotentin.( La Saga du varech 3)

    Les fourneaux à varech en Cotentin.(La Saga du varech 4)

    Production de soude.(La Saga du varech 5)

    Le varech en cartes postales.(La Saga du varech 6)

    Le varech en cartes postales.(La Saga du varech 7)

    Le varech en cartes postales.(La Saga du varech 8)

    Le varech en cartes postales.(La Saga du varech 9 et fin)

     

     

    Beaucoup d’entre nous savent ce qu’est du varech, en ont déjà vu ou en ont entendu parler. Je ne vais pas vous faire un cours de biologie, mais simplement essayer de vous narrer l’histoire passionnante du varech en quelques épisodes que je nommerai « Saga du varech ».

    Vous pourrez ainsi découvrir qu’il existait un droit de varech (mais pas ce que tout le monde pourrait penser), une Charte aux Normands ainsi que Le Grand Coutumier de Normandie et, ensuite plus près de chez nous le ramassage du varech destiné à plusieurs fins, comment il était ramassé, des luttes inter-communales Siouville-Flamanville pour s’approprier le varech, de la production de soude avec les fours côtiers, et une série de cartes postales de 1900 et des années 50 sur la récolte du varech du Mont Saint-Michel à la Hague.

    Tous ces articles sur le varech ont demandé beaucoup de recherches donc beaucoup de temps, aussi soyez indulgents pour les quelques manquements dans cette saga. Et si quelques-uns possédaient des informations ou documents pour parfaire cette saga, n’hésitez pas à me le faire savoir, je vous en remercie.
    .Le Droit de varech

    Droit de s’emparer de tout ce qui est rejeté par la mer sur ses côtes. Le droit de varech existait autrefois sur les côtes de la Manche.

         .vieux norrois vagrek, épave

    Les premières traces écrites sur le droit de varech, sont ces textes en latin, le latin étant l’écriture officielle avant 1539, Villers-Côterets, date à laquelle François 1er imposa le français comme langue officielle de l’administration.

     

    Varech1 (1)Varech1 (2)Varech1 (3)

     

     

    Le droit normand, systématisé dès le XIIIe siècle à travers le « Grand Coutumier de Normandie », présente bien des usages originaux reflétant la particularité d’une province ouverte sur la mer.
    En effet, la Normandie grâce à sa longueur de côte ainsi qu’a son peuplement viking est, dès le Moyen Age, empreinte d’une forte culture maritime qui se retrouve dans nombre de règle de droit, à commencer par l’un des plus spécifiques: le droit Varech.

     

    Varech1 (4)

    (Choses gaives du vieux français veut dire choses égarées.)

    mais il doit en garder un échantillon pour servir à la reconnaissance, en cas qu’elles soient réclamées; il doit pareillement laisser le prix en dépôt, pour être rendu au propriétaire, s’il vient dans l’année se faire connaître. (Traduit du vieux français)
    Grand coutumier de Normandie, manuscrit sur parchemin, fin XVe siècle

    Ce manuscrit est une compilation de plusieurs textes juridiques fondamentaux pour l’Histoire de la Normandie. Il débute par la Charte aux Normands, ensemble de privilèges concédés par Louis X le Hutin aux habitants du Duché de Normandie en 1315.
    La coutume, ensemble de règles juridiques sanctionnées par l’usage, a été très tôt mise par écrit en Normandie, sans doute avant 1220. Le Grand coutumier de Normandie, resté en vigueur jusqu’à la Révolution française, traite de l’organisation judiciaire, de la procédure et du droit des personnes.

    Symbole du particularisme normand, la Charte aux Normands octroyée le 19 mars 1315 par le roi de France Louis X le Hutin , confirmée par Philippe de Valois en 1339, bien qu’abolie par Louis XIV, continuera de figurer au titre des ordonnances royales jusqu’à la révolution française de 1789. Cette charte, sans équivalence dans la France de cette époque et aux valeurs quasi constitutionnelles, conférait à la Normandie une large autonomie vis à vis du pouvoir royal en matière fiscale, judiciaire et militaire.

     

    La Charte aux Normands, qui figure en préambule du Grand Coutumier de Normandie, manuscrit sur parchemin datant de la fin du 15ème siècle conservé aux Archives départementales de Seine-Maritime, est la première et la plus originale des chartes provinciales octroyées par la royauté. Cette charte, obtenue au lendemain de révoltes engendrées par une fiscalité étouffante et les abus répétés du pouvoir royal, est exceptionnelle à la fois par son caractère contractuel et sa persistance dans le temps.

    Ces libéralités, concédées à une Normandie « recouvrée » de fraîche date, en fait conquise par la force des armes et fatiguée des conflits opposant couronnes de France et d’Angleterre, mettent en évidence qu’elle n’est, à cette époque, ni intégrée, ni soumise. Il en sera ainsi durant de longues années. De la Guerre de Cent Ans, dont la Normandie sera un des enjeux majeurs mais aussi la principale victime , jusque sous le règne du roi Louis XIV, les Normands n’auront de cesse, de contester et s’opposer au pouvoir royal et de brandir la Charte aux Normands pour faire valoir leurs droits et marquer leurs différences.

    Violée à maintes reprises, à chaque fois reconduite et confirmée, la Charte aux Normands, qui ne compte pas moins de 24 chapitres ou alinéas, régira cependant la vie quotidienne en Normandie pendant plus de quatre cent ans. Cinq articles suffisent, à eux seuls, à mettre en lumière la spécificité et l’intérêt de ce document historique, à commencer par les alinéas 3 et 4 qui limitent les droits du roi dans le domaine militaire. La seule obligation faite aux Normands se borne, dorénavant, à l’accomplissement d’une période aux armées ne pouvant excéder quarante jours et à la fourniture d’un contingent de sergents. Les alinéas 17 et 21 sont, pour leur part, la reconnaissance officielle d’un droit ancestral. Seule la coutume a désormais droit de cité en Normandie. Les causes et affaires normandes ne peuvent être jugées qu’en Normandie, sans autre droit de regard ni d’appel que celui de l’Echiquier de Normandie. Enfin, antépénultième article, l’alinéa 22 met, quant à lui, la province à l’abri de l’arbitraire royal en matière fiscale ; le roi s’engageant à ne plus lever d’impôts nouveaux en Normandie sauf en cas de « grande nécessité ».

    Bien que cette Charte batte passablement en brèche son autorité, Louis X honorera sa parole et veillera à ce qu’elle soit appliquée dans son intégralité. C’est ainsi qu’il en confirmera tous les termes, en juillet 1315, quand il apprendra de la bouche de barons normands, venus le rejoindre à Crécy, que cette dernière n’est pas encore entrée pleinement en application.

     

    Un peu fastidieux en lecture, mais necessaire pour comprendre les futures enjeux économiques du varech.

     

    A bientôt pour le n° 2 de la Saga du Varech.

     

     

     

     

     

    Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.