• La Recouvrance, goélette brestoise

    La Recouvrance, goélette brestoise.

     

    La Recouvrance (1)

     

    La Recouvrance.
    Avec la goélette brestoise, on retrouve le temps où les bâtiments de guerre allaient à la voile, leurs équipages affichant plus volontiers leurs qualités maritimes que leurs qualités militaires.

    De tous les vieux gréements navigants sous pavillon français, La Recouvrance remporte indiscutablement la palme de l’élégance. C’est toute une atmosphère d’aventure qui émane de cette reconstitution de goélette aviso comme la marine de guerre en arma sous la Restauration. Car ces bâtiments étaient chargés de missions particulièrement romanesques. Lorsqu’elles étaient affectées à une escadre, elles jouaient le rôle d’éclaireur : à elles de déceler la présence de l’ennemi sans se faire repérer ; ce sont elles aussi qui étaient chargées de porter les ordres du navire amiral aux autres bâtiments de la flotte…

     

    La Recouvrance (2)

     

    Pour un jeune officier, tenir le rôle d’éclaireur et de courrier était certainement une mission de confiance excitante. Mais ce n’était sans doute pas un aussi beau commandement que celui qui consistait à être affecté en stationnaire – c’est-à-dire représenter l’autorité de l’État – dans les possessions et colonies que la France possédait en Afrique, en Amérique, dans l’océan Indien et en Océanie. Pour aller tenir ces postes éloignés, les goélettes aviso effectuaient donc de longues traversées : on en prend la mesure à travers les rapports de mer qui permirent aux initiateurs de la construction de La Recouvrance de choisir un plan de bateau dans les archives de la Marine nationale.

     

    La Recouvrance (3)

     

    On y rencontre par exemple le lieutenant de vaisseau Jules Collier qui, deux ans durant, a patrouillé entre Cayenne, les Antilles et Terre-Neuve ! Or, l’équipage embarqué pour ces missions était de cinquante hommes environ, pour lesquels étaient prévus quatre-vingt-dix jours de vivres. Mais où l’eau, la nourriture et le bois ou le charbon nécessaire pour cuisiner pouvaient-il bien trouver leur place ? Pour bien se représenter le mystère, il faut regarder La Recouvrance du haut du quai à marée basse, afin de disposer du recul nécessaire. Il faut bien convenir qu’avec une douzaine de passagers sur le pont, on est prêt de se bousculer ; avec vingt, c’est la foule. Alors cinquante ?

     

    La Recouvrance (4)

     

    Évoquer un confort spartiate paraîtrait encore exagéré ! Dans la coque (longue de 25 mètres et large de 6,40 m pour 2,80 m de profondeur) était ménagé un faux pont sous lequel se trouvaient les caisses à eau et la plus grande partie des vivres. Dans l’entrepont, la hauteur disponible n’atteignait pas 1,30 m : on ne s’y déplaçait qu’en se pliant en deux, les matelots ne pouvant donc se tenir debout qu’au niveau des écoutilles. À l’arrière de la goélette, un roof accordait toutefois aux officiers la « hauteur sous barrot ». Chaque homme d’équipage disposait d’un dérisoire volume où placer ses maigres biens et dormait dans un hamac.

     

    La Recouvrance (5)

     
    Tous les matins au branle-bas, les hamacs étaient roulés et rangés à l’extérieur dans le bastingage. Ce terme, que l’on confond souvent avec la rambarde ou les filières qui servent de garde-corps sur un bateau, désigne en réalité le coffrage qui, sur les bâtiments de guerre, était édifié au-dessus du pavois, de part et d’autre du pont. Ce rangement présentait deux avantages : faire de la place dans l’entrepont et former une muraille qui, lors des batailles, protégeait l’équipage des éclats de mitraille. Ainsi allait la vie sur les bâtiments de guerre…

     

    La Recouvrance (6)

     
    Le gréement des goélettes de la Marine répondait aux spécificités de leurs missions. Qu’il s’agisse d’éclairer une flotte ou de porter des ordres, l’aviso devait aller vite et être le moins gêné possible par un vent debout. La coupe relativement fine de la carène et les voiles auriques se prêtaient idéalement au louvoyage. Tandis qu’aux allures plus portantes, les deux huniers gréés sur le mât de misaine et la voile d’étai établie au-dessus de la misaine donnaient au bateau toute la puissance dont il pouvait avoir besoin. Au grand largue et au vent arrière, une immense fortune pouvait être déployée sous les huniers. Subtilité du gréement : afin de tirer le meilleur parti de cet ensemble de voiles carrées, on pouvait carguer alors la voile de misaine ! Sur les illustrations anciennes, on note par ailleurs que les goélettes portaient une surface de voilure plus développée encore que celle de La Recouvrance, qui a pourtant déjà fière allure ! Il y eut, dit-on, des accidents…La Recouvrance fut donc construite pour le grand rassemblement de vieux gréements organisé à Brest en 1992.

     

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    À l’époque, Cancale et Granville (bientôt) possédaient leurs bisquines; Saint-Malo se préparait à lancer un cotre corsaire : en pure logique, les villes maritimes s’attachaient à reproduire des voiliers représentatifs de leur histoire. La question se posait donc de savoir quel type de bateau pouvait caractériser Brest, qui a toujours été un port militaire? Dans la mesure où construire ne serait-ce qu’une corvette exigeait des budgets faramineux – sans même évoquer les problèmes de son exploitation future –, il fallait trouver un type de bâtiment de guerre… raisonnable. Quand aujourd’hui on croise La Recouvrance sous voile, on ne peut que féliciter les initiateurs du projet d’avoir retrouvé dans les archives la trace des magnifiques avisos de 1830.

     

    La Recouvrance (8)

     

    Symbole de Brest, la Recouvrance porte le nom du plus célèbre quartier de la Ville, celui où les femmes de marins priaient Notre Dame pour retrouver leur fils ou mari parti à la mer.

    Elle est la réplique d’un aviso, bateau militaire du début du siècle dernier, destiné à l’origine à transmettre les plis ou avis urgents. Ces fonctions furent ensuite étendues à la surveillance et à la protection du commerce sur les côtes d’Afrique et aux Antilles. Cinq navires, construits d’après le plan type « IRIS », dessiné par l’ingénieur Hubert participèrent à ces missions, avec chacun 50 à 60 hommes à bord.

    Le projet de construction de la goélette brestoise fut lancé à l’occasion du concours national « Bateaux des Côtes de France » en 1990. Une association se constitue et mobilise l’enthousiasme des brestois qui soutiennent le projet par le biais d’une souscription en complément de l’apport financier de la Ville de Brest suivie par le Département, la Région et quelques entreprises privées. Les travaux débutent en 1991. Ils sont réalisés par le Chantier du Guip, spécialisé dans la construction traditionnelle, qui s’implante à Brest, pour la circonstance. La mise à l’eau se déroule, en grande pompe, lors du rassemblement de Brest 92, sous le regard ému de milliers de spectateurs.

    Bateau ambassadeur et propriété de la Ville de Brest, elle témoigne de la tradition mais aussi de la modernité de la vocation maritime de la pointe Bretagne. Elle participe aux grands événements nautiques, rassemblements de bateaux du patrimoine et départs des grandes courses.

     

    La Recouvrance (9)

     

    La vie à bord
    L’équipage,
    Il est composé de 5 marins professionnels dont :
    – 1 Capitaine
    – 1 Maître d’équipage
    – 3 matelots dont un cuisinier
    Il vous accueille pour vous faire partager leur passion de la mer. Ils vous feront participer à la vie à bord et aux manœuvres, en fonction de vos compétences et de votre motivation. Avant tout, ils veillent à votre sécurité.
    Le confort à bord :
    – 12 couchettes disposées en espalier par groupe de 3 dans un espace confortable et coloré.
    – 2 ensembles WC – douches et 3 lavabos avec eau chaude
    – Le carré, comme l’ensemble des aménagements intérieurs, est décoré dans le style Restauration des cabines de Commandant de l’époque.

     

    La Recouvrance (10)

     

    La Recouvrance accessible à tous :

    A bord de la Recouvrance, il y a toujours un programme adapté à votre attente : croisières ou sorties à la journée depuis les ports de Bretagne ou d’ailleurs, une invitation à embarquer pour des aventures qui dureront le temps de votre choix.

    Caractéristiques :
    Longueur hors tout : 42 mètres
    Longueur de coque : 25 mètres
    Largeur : 6.40 mètres
    Tirant d’eau : 3.20 mètres
    Tirant d’air : 28 mètres
    Déplacement : 150 tonnes

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