• Lambi ou strombe géant

    En français, c’est un Strombe géant mais, en Guadeloupe et en Martinique, tout le monde l’appelle Lambi, qui vient des temps lointains où les petites Antilles étaient habitées par des peuples indiens venus d’Amérique du Sud. On l’appelle aussi Lambí à Haiti et à Saint Domingue.
    Les biologistes l’appellent Strombus gigas; c’est son nom scientifique, c’est à dire celui qui permet de le reconnaître pour les biologistes du monde entier, quelle que soit la langue qu’ils parlent.

     

    Conque  ou lambi (1)

     

    Il a été très utilisé depuis que les hommes ont colonisé les îles et les pays de la région Caraïbe. Les peuples amérindiens en faisaient des outils, des hameçons et aussi des œuvres d’art; ils mangeaient sa chair probablement grillée sur les plages où on retrouve des restes de coquilles qui portent des traces de feu.
    Plus tard, au temps de l’esclavage, il permettait de communiquer de colline en colline pour annoncer les grands événements de la vie; naissance, mariage, mort, mais aussi les révoltes. Il annonçait l’arrivée des canots de pêche et donnait le signal de la récolte des ignames. C’était à la fois la radio, le téléphone et un instrument de musique. Les plus belles coquilles décoraient les tombes des pêcheurs. Les autres ont été utilisées pour faire des digues et il reste encore des fours à chaux, témoins de son utilisation industrielle. Il faisait partie de la vie de tous les jours, des jours de fête et des jours de deuil.

     

    Conque  ou lambi (2)

     

    Aujourd’hui, sa chair fait partie de la cuisine traditionnelle dans beaucoup de pays de la Caraïbe. Sa coquille, recouverte à l’intérieur de nacre rose, est vendue aux touristes comme souvenir. Il retrouve sa place comme instrument de musique et participe aux fêtes traditionnelles comme le carnaval.
    Aujourd’hui, en Guadeloupe, on fait même du boudin de lambi et du poulet farci au lambi! Si on va plus au nord, aux Bahamas, on mange du lambi en salade mais surtout des conch fritters et une délicieuse soupe qui s’appelle conch chowder.
    Savez-vous que les lambis font de très jolies perles roses et que leur coquille est sculptée et très utilisée en bijouterie aux Bahamas et dans certaines îles de la Caraïbe? Malheureusement, au soleil, et même à l’ombre, avec le temps, la nacre perd aussi sa couleur rose!
    Mais le malheur des lambis est qu’ils sont tellement appréciés pour leur coquille et pour leur chair partout dans la Caraïbe, que les pêcheurs, les consommateurs et les entrepreneurs ne sont pas convaincus que la mer pourra toujours en fournir. Ils ont oublié qu’il s’agit d’une ressource naturelle renouvelable à condition de l’utiliser raisonnablement.

     

    Conque  ou lambi (3)

    Actuellement ce commerce international qui peut représenter un bon revenu pour certains pays de la Caraïbe, est une source d’enrichissement rapide pour les entrepreneurs de certains pays de la Caraïbe, mais il peut aussi conduire au désastre écologique que serait la disparition de cette ressource surexploitée un peu partout, si on n’arrive pas à établir et à respecter des règles de pêche durable.
    Pour une exploitation durable, les captures doivent être limitées à la capacité de régénération de la ressource qui tient compte du rythme de reproduction et de la vitesse de croissance de l’espèce exploitée.
    Depuis plusieurs années, petit à petit, les lambis sont devenus plus rares. Ils ont même disparu dans certains endroits et on a fini par se demander “mais que faut-il faire pour conserver cette ressource?”

     

    Conque  ou lambi (4)

     

    Lambis : une importante activité illégale de mareyage mise à jour

    Les gendarmes de la brigade territoriale de Morne-à-L’Eau ont mis au jour le samedi 1er février une importante activité de mareyage illégale destinée à commercialiser du lambi vraisemblablement d’importation
    Saisie record de lambis en Martinique le 21/02/2014
    Une saisie de 1 852 kilos de lambi a été effectuée le mercredi 19 février en Martinique. Ce coquillage très prisé aux Antilles se vend autour de 20 euros le kilo au détail.
    La saisie a été effectuée sur un navire dérouté vers le port de Cosmi à Trinité, sur la côte atlantique.
    Elle fait suite à plusieurs mois d’une enquête conjointe des garde-côtes de la Douane et de la direction régionale de la mer de Martinique, qui a mobilisé « quatre équipes terrestres (deux des affaires maritimes, une de la gendarmerie nationale, une des douanes) ainsi que l’hélicoptère des douanes », a précisé la préfecture dans un communiqué.
    La majorité des lambis saisis pesaient moins que les 250 grammes réglementaires, a indiqué Olivier Mornet, directeur de la Mer en Martinique.
    Deux suspects ont été interpellés, le patron de pêche et l’importateur, qui est le donneur d’ordre et a reconnu les faits.

     

    Conque  ou lambi (5)

     

    Pêche illégale : la main dans le sac !
    • Nadine FADEL
    • Publié le 23/10/2013 | 09:16, mis à jour le 23/10/2013 | 09:16
    Ils avaient notamment à leur bord une grande quantité de lambis, trop petits pour être pêchés, selon les normes en vigueur. Ces deux plaisanciers, pris en flagrant délit lors d’un contrôle, se sont exposés à de lourdes peines.

    Pris sur le fait
    C’est lors d’un contrôle inopiné que deux plaisanciers ont été abordés par la police des pêches, dans le Grand Cul-de-Sac Marin. Il s’agissait d’une opération menée par l’unité littorale des Affaires Maritimes de la Direction de la Mer.

    Durant leur partie de pêche illicite, ils ont eu le temps de prendre 6 langoustes royales de très petite taille, ainsi que 192 lambis, tous juvéniles. Toute cette marchandise a été saisie et rejetée en mer. Saisi aussi, le moteur de l’embarcation, après son retour à quai, à Sainte-Rose.
    Une réglementation très stricte
    La préfecture, qui fait part de cette « prise », rappelle tout d’abord que la pêche de lambis n’est autorisée qu’aux pêcheurs professionnels. Cette restriction s’explique par la rareté de l’espèce, très prisée par les consommateurs locaux. Une pêche anarchique fait, en effet, peser une menace forte sur le renouvellement de ce coquillage… d’autant plus s’il s’agit d’individus juvéniles.
    Dans le cadre de la pêche aux lambis, les professionnels doivent, par ailleurs, s’assurer que le pavillon du mollusque est bien formé. Ce produit de la mer ne peut être commercialisé, décortiqué, que lorsque son poids est supérieur à 250 grammes.
    Enfin, la commercialisation de produits de la pêche de loisir est formellement interdite.

    En vue du respect de cette réglementation, les contrôles sont coordonnés sous l’autorité de la préfète de la Guadeloupe, dans le cadre d’un Plan Régional de contrôle des produits de la pêche maritime.

    Les plaisanciers qui ne les respectent pas sont passibles d’amendes administratives et pénales, pouvant aller jusqu’à 22 500 euros et six mois d’emprisonnement.

     

     

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