• Le poisson Flûte

    Pêcheur monégasque, Gérard Rinaldi a accidentellement capturé dans ses filets trois spécimens d’une espèce tropicale, originaire de mer Rouge et qui répond au nom de « Fistulaire ». Plus couramment appelée « Poisson-flûte », elle n’avait encore jamais fait parler d’elle sur le littoral des Alpes-Maritimes. Aussi, cette pêche inattendue dans les environs de Monaco, à 23m de profondeur, constitue-t-elle une première. Les poissons-flûtes ont été confiés à Pierre Gilles, Responsable des aquariums du Musée océanographique de Monaco.

     

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    Le poisson flûte intègre la soixantaine d’espèces de poissons tropicaux originaires de mer Rouge, introduits en Méditerranée via le canal de Suez. L’espèce fut observée pour la première fois en 2000 en Israël, avant de s’implanter largement en Méditerranée orientale. Elle s’observe désormais en Méditerranée occidentale.
    Inspirant son surnom, le poisson flûte se caractérise par un corps aplati verticalement. Vert, son dos présente deux lignes bleues ou deux rangées de points bleus, et évolue vers une couleur argentée au niveau du ventre. De couleur orange, ses nageoires dorsale et anale deviennent transparentes à leur base. Doté d’un filament de queue en forme de fouet, il a pour particularité d’avoir ses quatre premières vertèbres soudées.

     

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    Vivant à proximité du fond, le poisson flûte fréquente les récifs, jusqu’à une profondeur de 128 m (excepté dans les zones de ressac), ainsi que les fonds sableux adjacents aux zones de récifs. Se nourrissant notamment de petits poissons et crustacés, la fistulaire présente peu d’intérêt économique. Le plus souvent réduite en farine de poisson, elle est également mise sur marché, à l’échelle locale, sous forme de produit frais, salé, séché ou fumé.
    Exemplaire, cette découverte témoigne de l’évolution permanente des milieux marins et souligne une tendance croissante, à savoir la migration et la colonisation de nouveaux espaces par certaines espèces végétales ou animales sous l’impulsion des changements climatiques en cours.
    Cécile Cassier
    – Musée océanographique de Monaco
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    Un nouveau poisson en provenance de la Mer Rouge arrive dans nos eaux. Il a été aperçu dans des fonds rocheux, des fonds rocheux et sableux, ou au-dessus des herbiers de posidonie à – 50 m de profondeur mais l’espèce vivrait jusqu’à 100 m.
    Taille max. 1,6 m – Poids max : 1,2 kg
    Poisson carnivore (crustacés, petits poissons : rouget, picarel, bogue…), inoffensif, indifférent aux plongeurs, et de faible valeur commerciale.
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    Museau long et étroit, corps très allongé, queue prolongée par un filament blanc. Dos généralement de couleur brun à vert, ventre blanc – argenté. Couleur parfois marbrée, notamment la nuit. Deux lignes et deux rangées de points bleus peuvent être visibles sur le dos. Hors de l’eau, le poisson vire au gris-vert. Nageoires anale et dorsale, de forme triangulaire, opposées et situées près de la queue. Elles sont de couleur rosée ou orangé et transparentes à la base.

    Ces espèces exotiques, apparues récemment en Méditerranée, ont emprunté le canal de Suez et fini par coloniser la Grande Bleue. La Méditerranée serait aujourd’hui la mer où l’on dénombre le plus d’intrus au sein du règne animal. « Du fait notamment du réchauffement de l’eau, de nombreuses espèces sont apparues, comme les barracudas que l’on ne voyait pas il y a vingt ans, sans parler des méduses qui prolifèrent depuis dis ans », détaille Denis Allemand, du Centre scientifique de Monaco.
    Une invasion aux conséquences parfois irréversibles pour l’écosystème : la crevette arrivée de mer Rouge est devenue la principale espèce pêchée en Méditerranée orientale. Quant à l’algue Ostreopsis ovata, sans doute importée accidentellement par les eaux de ballast des cargos, elle inquiète sérieusement les scientifiques. La recrudescence de cette plante tropicale, dont les embruns contaminés sont toxiques pour l’homme, a conduit les autorités françaises à fermer plusieurs plages au cours de l’été 2009. Le musée océanographique de Monaco effectue des prélèvements deux fois par semaines pour surveiller sa progression.

     

     

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