• Le Homard bleu

    Homard (1)

    Homard (2)

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    C’est un des crustacés les plus recherchés, un mets raffiné et le trophée du pêcheur à pied.
    Carte d’identité du homard
    Classe: crustacés
    Ordre : décapodes
    Famille : néphropidés
    Nom : Homarus gammarus

    Comment reconnaître le homard ?

    Description
    C’est l’un des plus gros crustacés de nos côtes, avec son abdomen bien développé et ses pinces puissantes. Ces dernières sont asymétriques, l’une étant broyeuse et l’autre coupante. La pince broyeuse est plus massive et présente des tubercules de forme irrégulière, la pince coupante est longue et frangée de petits denticules.
    En général foncé, les homards peuvent arborer de superbes tons bleutés. Les antennes et les antennules sont oranges. Le reste des caractéristiques est commun aux membres de la famille des néphropidés, des crustacés à l’abdomen bien différencié mais cependant adaptés à la marche sur le fond. Faites très attention aux pinces, la pression de la pince broyeuse rivalise avec celles des tourteaux.

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    Taille maximale
    Quand on considère les homards servis sur la table, on peine à croire que cet animal peut peser 7 kilogrammes. Une seule pince d’un tel animal est beaucoup plus grande que le homard standard des restaurants.
    Un homard peut atteindre l’âge de 50 ans.
    Le homard et ses cousins

    Le homard fait partie des malacostracés décapodes. Le terme décapode fait référence aux cinq paires soit 10 pattes présentes chez de nombreux crustacés, aussi bien chez le homard que les crabes ou les crevettes, qui sont également des décapodes.
    Chez ces animaux, la partie antérieure du corps résulte de la fusion de la tête et du thorax et se dénomme céphalothorax, elle porte les antennes, les antennules, plusieurs paires de pièces masticatrices et les 5 paires de pattes.
    Les yeux pédonculés et les branchies sont aussi insérés sur le céphalothorax. Plus postérieurement, l’abdomen présente une grande variabilité de forme, pouvant se replier brutalement pour assurer un déplacement rapide, comme chez le homard ou les crevettes, ou restant replié sous le céphalothorax, comme chez les crabes.

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    Enfin, les bernard-l’hermite ont un abdomen réduit et mou, en relations avec leur mode de vie, ces animaux se servant de coquille de gastéropodes morts pour s’abriter. La classification des décapodes est donc la suivante : les décapodes nageurs comprennent les crevettes et les décapodes marcheurs comprennent les brachyoures (les crabes), les anomoures (bernard-l’hermite, galathée) et les macroures (homard, langoustes).

    On peut donc se souvenir de la classification globale suivante :

    Crustacés
    Malacostracés
    Décapodes
    Décapodes nageurs (les crevettes)
    Décapodes marcheurs
    Macroures (abdomen développé, ex : homard)
    Anomoures (abdomen réduit, ex : bernard-l’hermite)
    Brachyoures (abdomen replié, ex : crabes)

    Ajoutons cependant que des recherches récentes remettent en cause cette classification qui refléterait mal les relations de parenté réelles. Mais devant la perpétuelle évolution des résultats, le novice trouvera dans la classification proposée ci-dessus une première approche pratique et relativement simple à retenir.

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    La famille des néphropidés

    Homard européen, dit homard breton – Homard américain, dit homard du Maine
    Le homard est un néphropidé, une famille regroupant des animaux assez ressemblants, qui ont un abdomen long, bien développé, mais qui peut se replier brutalement pour nager vers l’arrière. Notons que son cousin des côtes américaines, très ressemblant, se nomme Homarus americanus, ou homard américain si on veut utiliser un nom commun.

    Un des cousins les plus connus des homards, et appartenant à la même famille, est la langoustine (Nephrops norvegicus). Malgré son nom, la langoustine est plus proche parent du homard que de la langouste, comme l’atteste la présence de pinces bien développées chez cet animal, alors que la langouste na pas de pinces.

    La langoustine ne se rencontre jamais à marée basse. Elle n’est présente à partir de 20 m de profondeur. De couleur orangée à rosâtre, elle présente des pinces effilées mais néanmoins puissantes. Très abondante par endroit, elle subit une pression de pêche importante.

    Les prédateurs
    Malgré son armure et ses pinces, le homard peut être dévoré par de nombreux poissons, en particulier ceux qui vivent dans le même environnement, comme le congre. On dit souvent que congre et murène ne mangent que des homards qu’après la mue, quand son corps est mou. C’est vrai que les homards sont plus vulnérables à ce moment-là, mais un gros congre n’a aucunement besoin d’attendre la mue pour dévorer un homard, ses mâchoires lui suffisent. De même, les juvéniles de homard sont à la portée de n’importe quel poisson de bonne taille. Un gros bar peut en avaler un en une seule bouchée, ainsi qu’il avale d’ailleurs les crabes. Pour cette raison, le homard ne se sent jamais autant en sécurité que lorsqu’il est bien profondément dans son repère rocheux.

    Ethologie du homard

    Alimentation
    Le homard se nourrit de nuit. Il est aussi bien prédateur que nécrophage. Sa pince broyeuse lui permet de casser les coquilles de bivalves et de gastéropodes, il attaque également les autres crustacés, y compris ses congénères. Il apprécie les poissons morts, aussi les pêcheurs boettent-ils leurs casiers avec des daurades, des chinchards et autres lieus jaunes.

    Activité
    Il est bien rare d’observer un homard durant le jour, du moins si on ne l’a pas extrait soi-même de son trou.

    Il passe sa journée dans son abri, une crevasse naturelle dans les rochers ou un trou creusé dans le sédiment à la base du rocher. C’est la nuit, en toute discrétion mais avec efficacité, que le homard explore les fonds marins. Il peut y avoir de grandes quantités de homards sur le même rocher, lorsque ce dernier offre suffisamment d’abris et de nourriture.

    Rappelons que, comme tous les crustacés, le homard grandit par mues successives. Il s’extrait de son exosquelette devenu trop petit, et présente alors un corps mou, le temps que sa nouvelle armure durcisse. Il est très vulnérable durant ces quelques jours et reste précautionneusement dans son trou.

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    Le homard européen (Homarus gammarus) est presque identique au homard d’Amérique. Il est son proche cousin. Il vit dans les eaux de l’Atlantique Nord-Est à partir de la Norvège jusqu’au Maroc. On le trouve également dans la Mer du Nord, dans la partie occidentale (ouest) et centrale de la Méditerranée ainsi que dans la partie occidentale de la Mer Noire. Il a souvent une teinte plus bleutée, parfois un peu plus verte que le homard d’Amérique.

    .Dans la classification des espèces animales, le homard fait partie :
    •Des invertébrés car il ne possède pas de colonne vertébrale ni de squelette interne.
    •De l’embranchement des arthropodes car il possède des pattes articulées.
    •De la classe des crustacés car il possède une carapace qui lui sert de squelette externe.
    •De l’ordre des décapodes car il possède cinq paires de pattes (10 pattes en tout).
    •De la famille des néphropidés.
    •Du genre Homarus.

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    .Reproduction et cycle de vie.

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    .Accouplement et ponte
    Les homards s’accouplent dans un abri durant l’été quand la femelle vient de muer et que sa carapace est encore molle. Le mâle retourne la femelle sur le dos puis transfère ses spermatozoïdes dans la femelle à l’aide de sa première paire de pléopodes (les gonopodes). Une fois l’accouplement terminé, le mâle remet la femelle sur ses pattes et la protège pendant quelques jours, le temps que sa carapace durcisse. Une fois accouplée, la femelle garde le sperme du mâle pendant plusieurs mois (jusqu’à un an et même plus).

    .Spermatozoïdes : Les spermatozoïdes se trouvent dans une petite capsule appelée spermatophore. Le mâle dépose ses spermatophores à l’intérieur de la femelle dans une cavité que l’on appelle réceptacle séminal.

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    Pour la plupart des femelles, la ponte des œufs se fera l’année suivant l’accouplement. Les œufs sont fertilisés à l’extérieur de la femelle au moment de la ponte. Une fois pondus, les œufs restent accrochés sous la queue, sur les pléopodes, grâce à une sorte de substance collante. Par la suite, la femelle garde sa queue repliée sous elle et porte ses œufs ainsi pendant presque un an (entre 9 et 12 mois). Les femelles s’accouplent donc une fois tous les deux ans environ. Une femelle peut pondre quelques milliers d’œufs lorsqu’elle est jeune et plusieurs dizaines de milliers d’œufs lorsqu’elle est plus âgée.
    La femelle peut perdre jusqu’à 50 % de ses œufs pendant la période d’incubation. Cette perte peut être causée par la maladie, les parasites, la prédation ou encore la prise répétitive, la manipulation et la remise à l’eau des femelles œuvées par les pêcheurs.

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    . Éclosion
    Quand les œufs sont prêts pour l’éclosion, la femelle lève son abdomen et des milliers de larves de homard montent à la surface de l’eau. La température est un élément très important pour l’éclosion des œufs. Les larves sont libérées en été quand la température de l’eau en surface augmente. L’éclosion a donc lieu entre le mois de mai et le mois de septembre suivant l’endroit mais la plupart du temps elle a lieu en juin, juillet et août.

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    .Stades 1,2 et 3

    Les larves sont très différentes des homards adultes. Elles ressemblent à une minuscule crevette de quelques millimètres. Lorsqu’elles sortent de l’oeuf (stade 1), les larves nagent près de la surface de l’eau. On dit qu’elles sont planctoniques. Durant cette période, elles muent deux fois pour atteindre le stade 2 puis le stade 3.

    .Postlarve
    La troisième mue est une métamorphose. Quand la larve de stade 3 mue, elle se transforme et ressemble pour la première fois à un minuscule homard que l’on nomme « postlarve ». Elle mesure entre 11 et 14 mm. C’est une étape importante car c’est à ce stade que le homard s’installe sur le fond. La postlarve nage dans l’eau tout en faisant de courtes explorations sur le fond jusqu’au moment où elle trouve un endroit propice pour s’installer. En nature, à partir de l’éclosion, il faut entre 3 et 12 semaines suivant la température de l’eau pour atteindre le stade de postlarve.

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    .Phases : cryptique, émergente, vagile, adolescente et adulte
    Quand la postlarve a trouvé un bon habitat, elle s’installe sur le fond dans un abri et mue rapidement. On dit que le homard devient benthique.
    Au début de sa vie benthique le homard est cryptique. Il reste caché presque tout le temps pour se protéger des prédateurs. Si le jeune homard doit sortir pour se nourrir ou pour se trouver un abri plus grand, il le fera de nuit. Quand son céphalothorax atteint entre 15 et 25 mm de long, le homard est émergent. Ses pinces sont un peu plus développées et il sort un peu plus, tout en restant près de son abri. Quand son céphalothorax atteint entre 25 et 40 mm, le homard devient vagile. Il sort et s’éloigne beaucoup plus et il chasse plus librement. Il devient adolescent quand son céphalothorax dépasse 40 mm. Ses organes reproducteurs se développent et le homard est adulte lorsqu’il est capable de se reproduire. La taille à la maturité sexuelle varie considérablement suivant les régions et le sexe. La maturité est généralement atteinte à des tailles plus grandes que 60 mm. Sur 10 000 larves au départ, on estime qu’environ une seule survivra jusqu’à l’âge adulte.

    .Croissance et mue.
    Pour grandir, le homard doit muer c’est-à-dire changer de carapace. La carapace du céphalothorax se fend en deux et le homard sort son corps, ses pinces, ses pattes puis sa queue. Une fois sorti, le homard est mou comme s’il était en gélatine. Le homard absorbe une grande quantité d’eau pour augmenter de volume. Au début, la nouvelle carapace est très souple et pas très solide. Elle va durcir avec le temps. Il faut environ un mois pour que la carapace durcisse complètement. Après avoir mué, le homard est 15 à 20 % plus grand qu’avant et son poids augmente d’environ 40 à 50 %.
    Au début de sa vie benthique, le homard grandit rapidement et change très souvent de carapace. Il peut muer 4 à 5 fois la première année. Une fois adulte, il mue environ une fois par année. Quand il atteint une certaine taille, il grandit moins vite et il se passe parfois plusieurs années avant qu’il ne change de carapace. Avant d’arriver à sa taille commerciale le homard aura mué environ 20 fois. En général, les homards muent en été lorsque la température de l’eau est plus chaude. La croissance et la mue sont très influencées par la température. Le homard mue plus souvent et grandit plus vite quand l’eau est chaude. Ainsi, deux homards de même taille peuvent avoir des âges différents suivant l’endroit où ils ont vécu. On estime que le homard atteint sa taille commerciale autour de 8 ans. Cependant, le homard peut atteindre la taille commerciale autour de 5 ans dans certaines régions où l’eau est plus chaude. Dans les régions où la température de l’eau reste froide à l’année cela peut prendre jusqu’à 10 ans.
    Pour l’instant, il n’existe pas de technique pour déterminer l’âge exact d’un homard. Chaque fois qu’il grandit, le homard change de carapace. Il n’y a donc aucune trace de croissance sur son corps qui pourrait nous indiquer son âge (comme par exemple les anneaux de croissance sur les écailles d’un poisson). On ne sait donc pas jusqu’à quel âge un homard peut vivre. L’âge est estimé en fonction de sa taille et de son taux de croissance en fonction de la température. On sait cependant qu’il peut vivre très vieux (au moins 20 ans) et atteindre de très grandes tailles. En 1977, on a pêché un homard de 20 kg qui mesurait environ 1 mètre (longueur totale).

    .Âge : On tente cependant de développer une technique pour déterminer l’âge du homard basée sur un pigment (la lipofuscine) présente dans le cerveau.

     


    crédit :
    Saint-Laurent-OGSL, http://ogsl.ca
    http://chezmonpoissonnier.fr/blog/

     

     

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