• La Seiche

    La seiche

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    Parmi les céphalopodes qui sont tous des animaux extraordinaires, la seiche est l’une des espèces de ce groupe les plus faciles à observer. Il suffit d’aller les pêcher pour avoir entre ses mains une petite merveille de la nature commune mais pas banale.

     

     

    Des animaux pas comme les autres

    Les céphalopodes qui ont une durée de vie très courte donc une croissance très rapide constituent une véritable manne pour les espèces marines supérieures. Seiches et calamars (on peut aussi dire calmars, et pourquoi pas encornets), par leur nombre et leurs capacités de reproduction, sont (comme les sardines et les harengs) une des bases de la nourriture des marlins, des morues mais également des cachalots et des dauphins.

    Les seiches sont des céphalopodes, ce qui littéralement signifie qu’elles ont les pieds dans la tête ou la tête dans les pieds… Les seiches, et les céphalopodes en général, sont les plus intelligents des mollusques. Des expériences de laboratoire ont mis en évidence leur capacité à mémoriser des événements simples comme le trajet pour trouver de la nourriture. Cependant, leurs capacités, certes exceptionnelles pour des mollusques, sont très souvent exagérées. Les céphalopodes restent d’intelligence faible par rapport à la plupart des vertébrés.

    La seiche est un mollusque à « réaction » qui se déplace en contractant et en libérant brusquement l’eau qu’elle contient dans un siphon. La seiche peut orienter son siphon pour choisir sa direction, lorsqu’elle se propulse, notamment pour fuir un prédateur.

    La poche d’encre de la seiche existe aussi chez les calmars ou les pieuvres. Elle permet de générer un écran noir protecteur au moment de la fuite. L’encre est éjectée par le siphon. La seiche n’est pas le seul animal de nos côtes à se cacher derrière un écran protecteur. L’aplysie ou lièvre de mer, un mollusque ressemblant à une limace brune avec des « oreilles », emploie aussi la technique de l’écran protecteur. Il est facile de les provoquer dans les mares à marée basse lorsqu’en janvier elles s’approchent de l’estran (zone du littoral découverte et recouverte deux fois par jour par les marées) pour se reproduire. Devant la menace, elles émettent un épais rideau d’encre de couleur violette du plus bel effet. Attention, la chair de l’aplysie est toxique !

    Si vous trouvez un os de seiche sur la plage, vous verrez qu’il est très léger. Il contient en effet de l’air, ce qui permet à la seiche de rester parfaitement immobile entre deux-eaux.

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    Ethologie de la seiche

    Alimentation

    Les tentacules sont très longs en proportion des bras, ce qui permet à la seiche d’attraper ses proies avant qu’elles ne se sauvent, les proies pensant être toujours à bonne distance. Malheureusement pour la crevette ou le crabe qui passe trop près de la seiche, l’extrémité des tentacules est couverte de ventouses qui agrippent fermement la proie pendant qu’elle est amenée jusqu’aux bras. Une fois prisonnière des 8 bras de la seiche, la proie ne peut plus rien faire, d’autant que le bec chitineux (vient de chitine, la substance cornée des invertébrés, le bec des céphalopodes mais aussi l’exosquelette des arthropodes (araignées et scorpions). Ne pas confondre avec la kératine qui elle est la substance cornée qui entre dans la composition des tissus durs des invertébrés comme les ongles ou le bec. Ce bec permet de briser les carapaces des crustacés. Les effets d’une toxine secrétée par les glandes salivaires peut la rendre la morsure douloureuse.
    La seiche peut manger tout animal de petite taille passant à sa portée, mais les crustacés constituent l’essentiel de son régime alimentaire.

    Activité
    C’est un animal côtier que l’on rencontre dans des profondeurs modérées, en général à une quinzaine de mètres de la surface de l’eau. Elle se promène à proximité du fond, sur toute sorte de substrat, mais elle semble préférer les fonds mixtes, alternant rochers, prairies, et sables. Elles y trouvent leur large spectre de proies, notamment les crustacés et les petits poissons. En tant normal, elle nage à vitesse modérée grâce aux expansions latérales du manteau, qui ondulent et permettent une nage vers l’avant. La propulsion liée au siphon provoque une accélération utilisée surtout dans un mouvement de fuite vers l’arrière.

    Reproduction
    Les seiches effectuent des mouvements migratoires liés à la reproduction, s’éloignant des côtes durant l’hiver, mais s’en rapprochant à la belle saison. Selon les régions, il peut y avoir un pic de reproduction du printemps à l’automne. Cette activité est visible sur nos côtes qui voient apparaitre nombre de cadavres sur l’estran puisque les seiches meurent à l’issue de leurs accouplements.

    Durant la reproduction, la seiche se livre à des danses nuptiales et des changements de coloris spectaculaires, incluant des vagues sombres traversant le corps et un ventre vert phosphorescent. L’accouplement se fait tête contre tête, le male déposant ses spermatophores, des capsules contenant les spermatozoïdes, dans le manteau de la femelle, à l’aide de son bras transformé, le bras hectocotyle. Les œufs sont fécondés dans le corps de la femelle. Ils seront ensuite déposés par cette dernière sur un obstacle quelconque. C’est d’ailleurs un piège pour les seiches qui ont tendance à déposer leurs œufs sur les casiers et à entrer à l’intérieur au passage. Les œufs sont noirs et forment une grappe, rappelant l’aspect d’une grappe de raisin. Des grappes décrochées se trouvent assez souvent le long de la plage à marée basse.

    Il n’y a pas de stade larvaire, ces œufs contiennent des miniatures de seiches déjà prêtes à larguer leur encre si elles se sentent menacées.

    Un moyen infaillible pour ne plus les confondre : La seiche a un os, le calamar (ou calmar) a une plume, la pieuvre n’a plus aucun élément de squelette résiduel.

     

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    Comment reconnaître la seiche ?
    Sur les côtes françaises, on rencontre la seiche commune, parfois appelée seiche officinale, ou simplement seiche. C’est un animal tellement particulier qu’il est facile d’identifier la seiche. La confusion reste cependant possible avec ses cousins céphalopodes, notamment le calmar.
    Sur les côtes normandes il est courant de pêcher des sépions qui sont des juvéniles de la seiche. Mais attention, encore une confusion possible, existent aussi les sépioles également connues sous le nom de souchot qui constituent une espèce à part entière.

    Ethologie
    Description
    La seiche présente d’abord les particularités du groupe des céphalopodes décapodiformes, c’est-à-dire la présence de 8 bras et 2 tentacules préhensiles.
    Au milieu des bras, se trouve la bouche de l’animal, armée d’un bec ressemblant à celui d’un perroquet. Ce bec d’apparence cornée est en chitine, et il peut découper les carapaces des crustacés dont se nourrit la seiche.

     

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    Les organes sont entourés par le manteau, qui est la partie consommable et communément appelée « blanc de seiche ». Ventralement, entre le manteau et la tête, se trouve le siphon de l’animal, qui communique avec la cavité palléale. C’est par le siphon que l’eau est expulsée lorsque l’animal se propulse, c’est également par le siphon que la seiche crache son encre.
    La seiche respire à l’aide de branchies, facilement visible en retroussant le manteau.
    Le corps de la seiche est rigide, en raison de la présence d’une coquille interne calcaire. Plus souvent appelée « os de seiche », c’est un élément plat et allongé, un reste de l’antique coquille externe, qui correspond à l’état primitif des mollusques. On trouve souvent ces « os de seiche » le long des plages, notamment après la saison de reproduction et la mort des géniteurs. Ces os sont d’excellents apports nutritionnels particulièrement pour les petits oiseaux en cage auxquels ils apportent des éléments essentiels à la fabrication de la coquille de leurs oeufs.

     

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    Pour ceux qui veulent observer l’anatomie interne, il suffit d’ouvrir le manteau pour avoir accès à une multitude d’organes très particuliers. On notera par exemple la poche d’encre, l’organe sexuel impair, les glandes nidamentaires.

    Experte en camouflage
    Le tégument (ensemble des tissus qui constituent le revêtement externe de certains animaux) est recouvert de cellules pigmentaires, les chromatophores, qui en se rétractant ou se dilatant, permettent à la seiche d’arborer autant de robes mimétiques qu’elle le souhaite. La seiche utilise également les variations de son patron de coloration durant la nage nuptiale.
    Il est possible de différencier les mâles des femelles en repérant un bras transformé partiellement dépourvu de ventouses chez le mâle. C’est le bras hectocotyle, il sert à déposer les spermatophores dans le manteau de la femelle. La seiche est d’apparence plus massive que le calamar, et l’œil est très différent également. Alors que l’oeil du calmar est rond, celui de la seiche présente une pupille ondulée. La forme de l’œil permet également d’éviter la confusion avec la sépiole.
    On remarquera aussi que la seiche dirige ses bras vers le bas en position normale.

    Taille et poids
    Le manteau à lui seul peut mesurer une cinquantaine de centimètres, ce qui fait de la seiche commune une grande espèce de sa famille. Les seiches peuvent atteindre un poids allant jusqu’à 2 kg.

    Longévité
    Très courte, seulement 2 ans, ce qui suffit pour une croissance jusqu’à la taille adulte et la reproduction.

     

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    Sepia officinalis
    Seiche commune
    Sepia officinalis est un céphalopode qui peut atteindre 40 cm de long. Son corps, d’une couleur brunâtre variant suivant le milieu ambiant, est de forme ovale, assez large et aplati. Il est bordé depuis la tête jusqu’au bout par des replis natatoires qui ondulent lorsque la seiche se déplace ou qu’elle reste en position statique. La tête possède deux grands yeux dont l’iris à la forme d’un « W ». La bouche est entourée de dix tentacules, deux longs et huit courts, dont elle se sert pour chasser. Sa technique est redoutable: elle adapte sa couleur à celle du milieu ambiant, reste immobile en suspension au dessus du fond face à sa proie et dresse au dessus de sa tête deux de ses tentacules courts comme pour l’hypnotiser. D’un seul coup, elle propulse ses deux longs tentacules munis de ventouses sur sa cible qui a peu de chance d’en réchapper, et les ramène ensuite très rapidement pour engloutir l’animal dans son bec.
    Sepia officinalis peut se déplacer très vite pour échapper à un danger en expulsant de l’eau par un siphon situé près de sa tête et masquer sa fuite en lançant de l’encre; cette encre était autrefois utilisée pour écrire.
    Le plus souvent, Sepia officinalis vit sur les fonds sableux soit un peu enfouie dans le sable soit en position statique à quelques centimètres au-dessus du fond. Elle pond des œufs noirs en grappe qu’elle fixe sur un support, algues, zostères, ou roches.
    On la rencontre depuis la surface jusqu’à 250 m de profondeur en Atlantique, Manche, Mer du Nord et Méditerranée.

     

     

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