• Pêche au bar et échouages de dauphins en Charente et Vendée

     

     

     

    Pêche au bar et échouages de dauphins en Charente et Vendée

     

     

    Situation préoccupante pour les dauphins communs du golfe de Gascogne

    La mortalité s’intensifie, et inquiète !

     

    Depuis le début du mois de février, la litanie fait état de plus de 800 cétacés récupérés sans vie après échouage sur des plages de toute la façade atlantique, néanmoins les départements de la Vendée et de la Charente Maritime enregistrent des records avec près de 490 échouages de dauphins, soit plus de 60 % des échouages recensés.

    Dans plus de 90 % des cas il s’agit de dauphins communs dont l’état des carcasses indiquait une mort survenue entre 3 et 20 jours avant leur découverte à la côte.

    Les tempêtes ne sont pas responsables de la mort des animaux, elles n’ont eu pour effet que de rendre visible cette mortalité en concentrant les échouages sur une période très courte.

    Une grande majorité des dauphins portait des traces d’une capture accidentelle dans un engin de pêche. Ces traces externes sont causées soit directement par les engins de pêches (traces de maillages), soit par la manipulation des animaux lors de leur remontée à bord des navires (fractures, amputations antérieures à l’échouage).

     

    échouages de dauphins

     

    L’Observatoire PELAGIS a procédé à des observations complémentaires au cours d’examens approfondis pour lesquels des prélèvements ont été réalisés. Ces investigations ont porté sur 134 animaux et 119 (soit environ 90 %) de ces examens ont confirmé la cause de la mort par capture accidentelle dans un engin de pêche (condition corporelle bonne, absence de lésions pathologiques, mort traumatique, alimentation récente, femelle gestante, etc.). Ces observations et prélèvements sont autant d’informations qui serviront à mieux comprendre les circonstances de leur capture et l’effet de cette mortalité additionnelle sur la population.

     

    échouages de dauphins

     

    Et en une semaine seulement, près d’un tiers d’entre eux a été relevé par l’Observatoire Pelagis, qui rassemble des programmes d’observation et d’expertise sur la conservation des populations de mammifères et d’oiseaux marins.

    Le phénomène n’est pas nouveau, avec environ un millier de ces échouages de dauphins répertoriés chaque année le long de la façade Atlantique. L’inquiétude éprouvée aujourd’hui par la communauté scientifique vient davantage de l’intensification de la mortalité observée sur des périodes de plus en plus courtes. Comme si les dauphins se retrouvaient pour mourir.

     

    Mais pourquoi et à cause de quoi ?

     

    Cette analyse permet de mettre en évidence deux zones de mortalité distinctes : soit une capture récente dans les engins de pêche près des côtes de Charente-Maritime et de Vendée, soit une capture survenue plusieurs jours avant plus au large à proximité du talus continental.

    Des observations réalisées à bord des chalutiers pélagiques pêchant en bœuf (Chalut trainés par deux chalutiers) ont confirmé l’existence des captures accidentelles de cétacés, principalement lors de la pêche au bar.

     

    échouage de dauphins

     

    D’autres métiers pourraient être concernés tels que les pêcheries industrielles utilisant les chaluts à très grande ouverture verticale, comme le chalut naberan. Le risque de capture est très élevé lorsque poissons, dauphins et pêcheries se retrouvent concentrés ponctuellement aux mêmes endroits, et par exemple lorsque bars ou thons et dauphins s’alimentent simultanément sur les mêmes proies. Ceci est confirmé par certains pêcheurs, qui indiquent que de nombreux groupes de dauphins ont été observés en ce début d’année sur leur zone de pêche.

     

    Voir la vidéo de France 3 du 23/03/2017 : 

      Les échouages de dauphins se multiplient sur nos côtes

     

    Que retenir ?

     

    • Près de 800 échouages de dauphins le long de la côte atlantique recensés depuis début 2017 : ce chiffre est sans précédent.
    • 90 % des animaux examinés sont morts accidentellement dans des engins de pêche.
    • Les tempêtes n’ont pas causé la mort, elles ont juste ramené les carcasses à la côte.
    • Les captures accidentelles sont connues dans les chaluts pélagiques en bœuf, mais d’autres pêcheries pourraient être impliquées.
    • L’estimation basse serait de 3 500 dauphins morts en mer depuis le début de l’année.
    • L’impact de ces captures sur les populations de dauphins communs doit être évalué.
    • La recherche de solutions doit être réalisée de manière concertée avec les pêcheurs.

     

    Lire le communiqué du 22 mars 2017 de l’Observatoire PELAGIS (Université de La Rochelle / CNRS) ci-dessous :

     


     

     

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