• Un phénomène inquiète les plaisanciers de Cherbourg

     

     

     

    Un phénomène inquiète les plaisanciers de Cherbourg

     

     

    Une électrolyse qui fait des dégâts

     

    Depuis plusieurs mois, un phénomène accéléré d’électrolyse endommage un certain nombre de pièces sur des navires au mouillage au port Chantereyne à Cherbourg. Les plaisanciers de Cherbourg s’interrogent sur l’origine de ce phénomène demeurant indéterminée.

    Pour un bateau de plaisance qui demeure dans l’eau pour une longue période ou qui est en permanence au mouillage, les composantes métalliques submergées (embases, hélices, gouvernail, arbres) sont sujettes à deux formes différentes de corrosion : la corrosion galvanique ou corrosion dite « naturelle » et la corrosion électrolytique, généralement provoquée par la fuite d’un courant électrique interne ou externe. Dans les deux cas, l’eau sert de milieu conducteur et les différents alliages métalliques submergés et reliés au bateau sont attaqués par une corrosion plus ou moins rapide selon le mode de protection déjà installé sur le bateau.

    Le phénomène de l’électrolyse est un phénomène naturel bien connu des plaisanciers de Cherbourg, que l’on peut gérer avec des anodes bien calibrées et bien disposées. Mais ce phénomène s’accélère lorsqu’intervient un courant électrique, provenant d’un réseau mal isolé.

     

    anodes

     

    Mystère autour des anodes

     

    Depuis plusieurs semaines, les plaisanciers de Cherbourg qui s’affairent sur le port Chantereyne pour remettre en état leurs embarcations avant de reprendre la mer, constatent une accélération du phénomène d’électrolyse qui les touche. « À chaque carénage, on renouvelle nos anodes. Une noix sur la ligne d’arbre et une anode en bout d’hélice en règle générale. J’ai changé la mienne en décembre, achetée au salon nautique. Trois mois après, elle est déjà morte. C’est inquiétant, reconnaît M. Avoine. Mon bateau est amarré au ponton G. Et je ne suis pas le seul dans ce cas. Des propriétaires voisins sur d’autres pontons ont également vu certaines pièces se détériorer. Un voisin a vu son hélice pliante attaquée de manière significative par l’électrolyse. Une des pales a été rongée. Ailleurs, c’est une mèche de safran qui a été endommagée. »

     

    Un problème qui perdure

     

    Le plaisancier dit avoir rencontré la direction du port. « Ils ont pris note. La direction qui ne se sentait pas responsable de cette situation, m’a simplement répondu qu’un contrôle avait été effectué il y a deux ans sur les pontons. Mais, vous savez, en deux ans, il a pu se passer beaucoup de choses. Une borne électrique est peut-être vieillissante. À moins que cela soit l’absence d’anodes sur les pontons. »

    Au chantier naval Aries AMS Marine, on se dit également inquiet, « Cela fait plusieurs mois que cela dure. Il y a un an, nous avions relevé déjà une attaque des anodes sur nos bateaux. Nous avions même envoyé un plongeur, à nos frais, pour examiner sous les pontons. Nous n’avions rien noté de particulier. »

     

    Le mystère reste entier.

     

    Ludovic AMELINE, Presse de la Manche