• Le Syndicat d’Initiative de Flamanville Dielette en 1960

     

     

     

    Le Syndicat d’Initiative de Flamanville Dielette en 1960

     

     

    Depuis sa création à la fin de 1958, le Syndicat d’Initiative de Flamanville Dielette n’a cessé d’œuvrer pour animer la vie touristique de la région, dont il avait la charge. Son premier but a été de rattraper le temps perdu, et de faire prendre conscience, aussi bien aux autorités qu’au public, de la vocation touristique de la localité. C’est pourquoi son action s’est appliquée en premier lieu à la propagande et à l’information touristiques. Les premiers résultats ont été aussi encourageants que spectaculaires, comme en témoignait l’abondant courrier reçu par le S.I, surtout cette saison. Cette action de propagande, en très bonne voie, s’intensifiera régulièrement dans les jours à venir.

     

    L'épicerie Bonnemains

     

    Une autre tâche, corollaire de la précédente, attend à présent ce Syndicat d’Initiative : ces gens attirés par la propagande, il s’agit maintenant de les accueillir convenablement, et de tout mettre en œuvre pour rendre leur séjour agréable et reposant. Or, dans ce domaine, presque tout reste encore à faire.

    C’est à un tel souci que répond le projet qui vient d’être dressé par le S.I de Flamanville-Diélette et dont nous exposons ci-dessous l’essentiel.

     

    Ce projet a été dicté par un besoin urgent d’organisation et de prévision : il faut savoir, dès le départ, quels sont les buts à fixer, sous peine d’être pris de court à brève échéance, comme on l’a déjà constaté maintes fois. Certains points du programme demanderont peut-être une dizaine d’années pour être réalisés, car les auteurs du projet ne se font guère d’illusions en ce domaine. La tâche entreprise est donc immense, mais elle peut se faire progressivement ; et les résultats obtenus au fur et à mesure de sa réalisation, ne pourront qu’encourager son accomplissement.

     

    Potentiel touristique de la commune

     

    Le site de Flamanville-Diélette présente un immense intérêt touristique : en effet, ses falaises granitiques, qui s’étendent sur plus de dix kilomètres et atteignent 90 mètres de hauteur, comptent parmi les plus belles de France. Leur caractère sauvage leur confère un attrait puissant, et elles constituent une richesse touristique authentique.

    La plage de Diélette, à l’abri des jetées du port, est à la fois pittoresque et très sûre. Le site de Diélette tout entier est susceptible de se prêter à des aménagements faciles, qui en feraient une station balnéaire équivalente à Carteret, et même supérieure à certains points de vue.

    De plus, Diélette est le seul port d’escale, sur la côte ouest de la Manche, entre Carteret et le cap de la Hague. Sa situation et aussi sa proximité des îles anglo-normandes, sont susceptibles d’en faire, aux moindres frais, un port de plaisance et une escale appréciée.

     

    Le sémaphore

     

    Les autres richesses touristiques de la commune sont loin d’être négligeables : Un arrière-pays vallonné et verdoyant, coupé de bois très pittoresques ; un très beau château du XVIIème siècle ; la présence d’un sémaphore au plus haut point des falaises, et enfin quelques curiosités comme la grotte du « Trou Baligan » et un dolmen druidique. Un attrait touristique d’un autre ordre, est constitué par la mine de fer sous-marine, la seule de son genre en Europe continentale, et qui est déjà à elle seule, un but d’excursion.

    Les richesses touristiques de la localité ont du reste été soulignées dans le « Programme d’expansion et de mise en valeur du tourisme et des vacances dans la Manche », établi récemment par les services préfectoraux.

     

    La population sédentaire de Flamanville-Diélette est de 1.645 habitants. Il vient s’y ajouter actuellement environ 1.500 estivants, répartis en locations et dans les trois hôtels de Diélette (d’une capacité totale de 50 chambres), sans compter plusieurs colonies de vacances et une clientèle de passage très importante. Cette population estivale est appelée à s’accroître constamment, si l’on en juge par la progression constatée d’une année à l’autre, C’est ainsi que pendant le premier mois de la saison 1960, le Syndicat d’Initiative a dû refuser, faute de place, une trentaine de demandes de location. A ce propos, les constructions d’HLM. entreprises par la Municipalité devraient permettre de libérer prochainement un certain nombre de logements, qui accroîtront ainsi les possibilités d’hébergement de la commune.

     

    Plan d'aménagements du port de Dielette

     

    Projet d’équipement touristique

     

    La région de Flamanville-Diélette peut donc être appelée dès maintenant à un développement qui en fera une station balnéaire et touristique fréquentée, comme elle le mérite par ses nombreuses richesses.

    Mais ce développement futur est conditionné par la mise en œuvre de plusieurs réalisations, dont l’intérêt et la nécessité ont déjà été mentionnés dans le « Programme d’expansion » cité plus haut.

    C’est au premier plan de ces réalisations que se situe le projet de route touristique.

     

    La route touristique des falaises de Flamanville

     

    Parmi les conditions de développement touristique de la côte ouest du Cotentin, s’est fait jour la nécessité d’une route côtière de bord de mer, partant de Granville pour aboutir à Siouville dans le cadre de la réalisation de cette voie côtière départementale, la nécessité d’une route touristique cernant les falaises de Flamanville a été soulignée à plusieurs reprises, tant dans le « Programme d’expansion » que dans le « Rapport de synthèse » final.

    Et c’est là qu’on côtoie un redoutable écueil

    En novembre dernier, lors de la publication du « Programme départemental d’expansion touristique », l’un des collaborateurs de « La Presse de la Manche », M.Jean Mabire, jetait dans ses colonnes le prem1er cri d’alarme :

    « Accrocher une route au flanc des falaises de Flamanville, écrivait-il, est une monstruosité …Transformer certaines zones un peu lépreuses de la côte plate en autostrade ? Oui, peut-être. Saboter une splendide falaise, déjà abîmée par des carrières et une mine ? Non et non. »

     

    Traçé de la route touristique

     

    C’est pourquoi le S.I. de Flamanville-Diélette a jugé bon de prendre les devants sans plus attendre, et de présenter aux autorités compétentes un avant-projet accompagné de recommandations. Celles-ci devraient faire prendre conscience à tous les promoteurs de la future route touristique d’un impératif primordial : il faut avant toute chose sauvegarder la beauté des falaises de Flamanville et laisser intact l’un des seuls points de la côte française qui a pu jusqu’ici garder son aspect primitif, à l’heure où le site de Jobourg et toute la Hague sont gravement menacés par l’implantation d’une usine chimique et de ses installations annexes (ce qui sera peut-être un bien pour l’économie de la région… mais ce qui est à coup sûr, un sacrilège sur le plan touristique).

    C’est à cela que répond le tracé très prudent établi par le S.I. Puisque de toute façon cette route se fera, qu’on le veuille ou non, à plus ou moins brève échéance, exigeons du moins qu’elle ne nuise en rien à la beauté et au calme des sites qu’elle doit desservir.

    Une telle route touristique peut être considérée comme existante au nord et au sud des falaises de Flamanville : en effet, la route départementale n°4, venant de Siouville, longe la mer sur près d’un kilomètre avant d’arriver à Diélette par une descente splendide ; elle se continue par la route joignant Diélette à la mine qui, pendant 1.200 mètres, serpente au pied de la falaise, à 10 mètres au-dessus des vagues, pour aboutir malheureusement à un cul-de-sac, puisque son seul but actuel est de desservir la mine de fer. Côté sud, la route départementale n°517, venant du Rozel via Sciotot, passe tout le long de la grande plage de sable, puis gravit la falaise en une montée très pittoresque, mais parvenue au sommet, elle bifurque brusquement pour rejoindre la route Les Pieux-Flamanville.

    Et après ?

     

    Robert LEROUVILLOIS. S.I. de Flamanville-Diélette.

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