• Vaquelotte ou canot de Barfleur ?

     

     

     

    Vaquelotte ou canot de Barfleur ?

     

     

    Sujet grandement débattu en Basse et Haute Normandie et départements limitrophes, d’où vient ce mot « vaquelotte », qui ne figure dans aucun écrit bas-normand ! La vaquelotte est-elle une invention dieppoise ? Sur une indication, de Serge Loit du Comité Régional du Patrimoine Maritime Normand, indication que j’ai exploré avec méthode, je suis tombé sur quelques passionnés dont François Pochon que je ne remercierai jamais assez, les « Amys du Vieux Dieppe » et bien d’autres que je mentionnerai dans d’autres articles qui leurs seront consacrés. Je vous fait donc part de mes trouvailles, en commençant par un article de Gérard Bignot.

     

    Cet article de Gérard Bignot, comme tous ceux qu’il a écrit dans les bulletins de l’Association des Amys du Vieux Dieppe ou ailleurs, sont toujours précis, documentés et fort intéressants. Malheureusement le très apprécié et sympathique érudit qu’était Gérard Bignot, nous a quitté, il y a quelques années en juin 2007.

     

    LA VAQUELOTTE, UNE INVENTION DIEPPOISE ?

     

    De par la multiplicité des besoins qui les ont fait naître, la variété des bateaux de commerce et de pêche est extrême. Chaque région a ses modèles avec, pour chacun, une dénomination particulière. Un type peut avoir des noms distincts suivant les ports, et inversement un même terme désigne parfois un navire différent. A cause de ces imprécisions, les documents anciens laissent souvent le lecteur en proie à l’incertitude, et le recours aux dictionnaires même spécialisés est généralement décevant. L’iconographie devrait -à priori- être plus objective mais, en dehors des cartes postales anciennes et des quelques photographies qui les ont précédées, il faut se contenter de maquettes, de tableaux, de gravures, de graffitis, œuvres plus ou moins précises d’artistes inégalement compétents. Au total, à l’exception des bâtiments de guerre nationaux et de ceux des grandes compagnies commerciales, notre savoir est léger concernant les caractéristiques des navires du passé, leur construction et leur utilisation.

     

    Les bateaux de pêche restent parmi les plus mal connus, en dépit de rares et savantes monographies, telle celle de F. Beaudoin (1970) sur « le bateau de Berck ». Depuis ce travail de pionnier, les descriptions des « Bateaux de Normandie » et des « Bateaux des côtes de France », respectivement dues à F. Renault (1984) et à F. Beaudoin (1990), ainsi que divers articles parus dans la revue « le Chasse-Marée », ont fait connaître les bateaux traditionnels du littoral normand. Pour sa part, F. Pochon (1992 & 1995) s’est attaché aux canots à bourcet-malet ou vaquelottes du Cotentin. Ces petites embarcations à voile, aptes à toutes les besognes: lamanage, promenades en mer et évidemment pêche côtière, aux filets fixes (tramaux, folles), dérivants (manets à maquereaux, étentes à harengs) et traînants (chaluts), aux cordes (= appelets), aux lignes traînantes (= bal(l) es ou libourets), aux casiers, etc …, connurent une vogue méritée.

     

    Leurs principales caractéristiques sont les suivantes:

     

    – Coque à quille.
    – Dimensions limitées: 5 à 8 mètres de long.
    – Construction entièrement en bois, à plat-bord, avec bordages jointifs (les coques à plat-bord s’opposent à celles à clins, où les bordages se recouvrent partiellement comme les ardoises d’un toit).
    – Arrière à tableau plat, plus ou moins incliné, en forme de lyre, la pointe vers le bas (trait qui évoque la poupe des vaisseaux de ligne du Grand Siècle).

     

    Vaquelotte1Vue perspective de la vaquelotte non pontée Joseph Berthe (Di 754) de 3,57 tonneaux, construite à Dieppe, aux Chantiers Corue, en avril 1919, pour Eugène Bignot.
    Misaine et tape-cul sont hissés sur des bords différents.
    Le patron tient la barre et l’écoute de misaine.
    Notez la présence des avirons, bien utiles quand le vent mollit.
    AR: vue de l’arrière avec le tableau en forme de lyre: mt-c = mât de tape-cul;
    q = emplacement où est emmanché le boute-hors de tape-cul (= queue de malet).
    AV : vue de l’avant: mm = mât de misaine, b = collier du boute-hors de foc
    (= beaupré).
    Dessin à main levée à partir de photographies.
    – Deux mâts légèrement inclinés. L’un, le misaine, à peu près égal à la longueur du bateau, emplanté très en avant dans un trou de la coëffe. L’autre, le tape-cul, plus petit, tout à l’arrière et à tribord, emplanté dans un trou du couronnement.
    – Deux grandes voiles quadrangulaires, au tiers, c’est-à-dire soutenues par une vergue sur laquelle le point de drisse est fixé au tiers de la longueur. Le mât de misaine porte une voile, dite bourcet, à deux ou trois rangs de ris, à ralingue de chute attachée au croc d’amure (à l’avant) plus courte que celle aboutissant au point d’écoute (à l’arrière), aussi la vergue est-elle fortement penchée (ou apiquée) vers le bas. L’autre voile, le tape-cul, dit aussi malet, quelquefois bômé, tendu à l’arrière par un long boute-hors (ou queue de malet). Gréement complété par un foc triangulaire développé entre le mât de misaine et le boute-hors d’étrave (ou beaupré) fixé à bâbord. Boutes-dehors horizontaux, amovibles, emmanchés dans des colliers.

     

    En août 1990, un rassemblement de vaquelottes à Querqueville, près de Cherbourg, a été présenté (Pochon 1990) comme la commémoration du centenaire de ces bateaux. Il s’en fallait de deux ans puisque la première vaquelotte cotentinoise, l’Assomption (LH 851, puis LH 207 dans la nouvelle matricule), a été immatriculée le 9 juin 1888. (La première vaquelotte cotentinoise n’est pas, comme il a été écrit, l’Ernest (LH 901, puis LH 253 dans la nouvelle matricule), immatriculée en 1890 au quartier de la Hougue, mais l’Assomption, bien que celle-ci soit indiquée « bateau » dans la table du registre. La première vaquelotte du quartier de Cherbourg est l’Auguste Edouard (CH 1507), du 16 juin 1893.)

     

    Elle précédait une série de plusieurs centaines d’exemplaires, la plupart sortis des chantiers de Barfleur et de Saint-Vaast-la-Hougue. Il en subsiste beaucoup de nos jours, motorisés et adaptés à la plaisance (François Pochon 1992 & 1995).

     

    L’aire d’extension des vaquelottes ne se limite pas au Cotentin comme pourrait le laisser supposer la lecture des publications précédentes. Vers la même époque, des canots, tout à fait identiques à leurs cousines cotentinoises, sont nombreux dans les ports de Saint-Valery-en-Caux, de Dieppe, du Tréport et de Saint-Valery-sur-Somme. Hélas, dans cette région l’on est moins conservateur que dans le Cotentin. Au cours de la Deuxième Guerre mondiale, la Carpenterie du Pollet a été le théâtre du dépeçage en bois de chauffage de nombre de vaquelottes vétustes. Combien en reste-t-il de nos jours en Haute-Normandie? Quelques unités tout au plus, et passablement modifiées.

     

    La dénomination vaquelotte apparaît le 29 septembre 1879 dans les registres matricules de l’Inscription Maritime du quartier de Dieppe, avec l’enregistrement de la Michel Marie-Jeanne (Di 785, puis Di 26), jaugeant 5,45 tonneaux, et contruite à Dieppe pour le compte d’Augustin Cointrel. (Après une laborieuse carrière, ce canot était en cours de démolition quand le 7 janvier 1895, une barque l’ayant abordé, il rompit son amarre et « s’en est allé à la dérive en mer ». Belle fin pour un bateau!)

     

    Avant cette date, tous les bateaux de pêche dieppois de faible tonnage s’appellent canots. Après 1879, vaquelottes et canots (pontés ou non) coexistent dans les registres sans qu’aucune distinction ne puisse se fonder sur le tonnage (seule donnée quantitative disponible) : 2,60 à 7,06 tx pour les unes, 0,25 à 7,15 pour les autres. Par ailleurs, il arrive à propos d’un même bateau que le mot canot soit barré et que lui soit substitué celui de vaquelotte. Enfin, plusieurs fois, une vaquelotte enregistrée comme telle est revendue quelques années plus tard en tant que canot. Autant que l’on puisse en juger, les deux dénominations sont synonymes et désignent un même type de bateau.

     

    1879 est également l’année où est immatriculée, le 31 octobre, la première vaquelotte (Cécile, F 252) de Saint-Valery-en-Caux, construite à Dieppe. En 1893 seulement apparaît la première vaquelotte (Henri Georgina, F 1456) à Fécamp; ce vieux bateau, construit à Dieppe en 1879, sera vite copié. Au Havre, la pêche est pratiquée artisanalement avec de très petits canots (1 à 2 tx) à clins appelés localement camins ou -à tort- picoteux (X …1983). A Saint-Valery-sur-Somme, si le mot manque dans les registres, les vaquelottes sont là sous les noms d’étadier et de sauterellier. Il en est de même à Boulogne-sur-Mer, où l’on rencontre des lougres et des canots à bourcet -malet.

     

    Jusqu’en 1922, on relève des vaquelottes dans les registres de l’Inscription Maritime de Dieppe. Si le mot a été employé autrefois par les marins dieppois, les plus anciens, de nos jours, semblent l’avoir oublié. En évoquant la petite pêche de leur jeunesse, ils parlent de canots de lamaneurs, ou encore de bal(l)eux et de cariotins.

     

    Cette situation actuelle est à souligner car, au siècle dernier, le mot vaquelotte fait partie du vocabulaire courant. Il se rencontre maintes fois dans la presse locale et dans celle, saisonnière, à l’usage des estivants. Le 11 juillet 1873, la « Gazette des Bains » invite ses lecteurs à assister au lancement aux Chantiers Corue du vaquelotte Noël de la Morinière (Di 665) de 50 tonneaux, que nous retrouvons sous le nom de lougre dans les registres de l’Inscription Maritime. Les programmes des régates publiés de 1858 à 1864, tant dans la « Vigie de Dieppe » que dans le « Journal des Baigneurs » et dans le « De Paris à Dieppe », mentionnent deux épreuves réservées aux pêcheurs, l’une pour les « bateaux de pêche non pontés n’excédant pas 8 mètres », l’autre pour les « barques, vaquelottes et flambarts pontés ».

     

    L’apparition précoce du terme vaquelotte dans les registres de l’Inscription Maritime du quartier de Dieppe ne fait qu’officialiser un mot du vocabulaire local. Son usage, dès le milieu du XIX’ siècle, suggère que le navire qu’il désigne pourrait bien être une invention des constructeurs et des pêcheurs dieppois, invention qui aurait été adoptée ultérieurement par les marins du Cotentin.

     

    Cette conclusion, flatteuse pour les Dieppois, reste cependant une hypothèse car une phrase extraite du « Manuscrit du Pollet » laisse perplexe. Dans ce journal, tenu par un Polletais anonyme très averti des choses de la mer, il est écrit (p. 256) à la date du 19 mai 1851 :

    « Les vacloques (bateaux pêcheurs de Boulogne) viennent journellement pêcher les maquereaux au manet, devant Dieppe. Tous les jours, ils apportent dans notre port, au moyen de leurs canots, le produit de leur pêche … »
    On retrouve ici la synonymie canot = vacloque, mais s’agit-il bien du même type de navire désigné à Dieppe sous ces noms ? En tout cas, le mot vacloque (ou vaquelotte), absent des registres du quartier de Boulogne et du « Glossaire du patois des matelots boulonnais » d’E. Deseille (1884), paraît bien être d’origine dieppoise.

     

    Notons encore à l’attention des linguistes que:
    – ce nom manque dans la dizaine de dictionnaires spécialisés (marine, vieux français, … ) que j’ai consultés;
    – son orthographe n’est pas fixée: vaquelotte, vaquelote ou vacloque ;
    – son genre est incertain : masculin une fois dans la « Gazette des Bains », féminin partout ailleurs; aussi est-ce cette position que j’adopte, compte tenu de la terminaison en -otte ;
    – son étymologie est inconnue.

     

    Bien que leur lieu de naissance ne soit pas définitivement établi, il est tentant de reconstituer l’origine des vaquelottes. A ce sujet, les spécialistes (Beaudouin 1970 & 1990, Renault 1984, Louf & Guennoc 1988) n’ont pas manqué de souligner que le gréement de bourcet-malet est identique à celui du lougre auquel on aurait ôté le grand mât, tout en maintenant les deux mâts restants dans leurs positions initiales. Vue ainsi, la vaquelotte apparaît comme un lougre en miniature, avec les qualités nautiques du modèle dont elle dérive, mais plus facile à manier et de construction, d’utilisation et d’entretien moins onéreux. Autre avantage, la disparition du grand mât dégage la partie centrale du pont, disponible dès lors pour les opérations de pêche et le maniement des avirons.

     

    A côté des bateaux à franc-bord qui fréquentent les ports en eau profonde, les pêcheurs normands et picards utilisent aussi des bateaux comparables, plus robustes, construits à clins, et capables de supporter l’échouage et le traînage sur les plages de galets. A la fin du siècle dernier, ils sont représentés par les chaloupes du Calvados (Renault 1984), les camins du Havre (X … 1983), les caïques (ou clinques) d’Etretat et d’Yport (X … 1982), les flobarts picards et boulonnais (Beaudouin 1970, Louf & Guennoc 1988). Certains gréés en lougre, avec un grand mât rabattable vers l’arrière sur un chevalet (= gibet ou miche) sont, comme l’écrit F. Beaudouin: « tour à tour lougres pleins ou canots à bourcet-maLet selon les besoins ». Vers 1912, le grand mât disparaît: caïques et flobarts ont désormais un gréement identique à celui des vaquelottes. Cette évolution s’est accompagnée d’une réduction de la taille du navire. Comme pour les navires à clins, la transformation de Lougre en vaquelotte à franc-bord, qui s’est accomplie antérieurement, a présenté un stade intermédiaire à mât central rabattable, dont on peut voir une maquette, l’Adélaïde (Di 176) au Château-Musée de Dieppe. (l’Adélaide (Di (76), « bateau » (selon l’administration) de 47,33 tonneaux, a été construit à Dieppe, en 1852, pour François Cointrel, marin-pêcheur polletais. Pendant 15 années ce lougre travaille à la pêche fraîche, à celle du maquereau et du hareng sur les côtes britanniques. Des photographies et les plans de la maquette du Château-Musée de Dieppe ont été données par Beaudouin (1990, p. 226-228).

     

    Signalons enfin qu’après (et quelquefois avant) la Première Guerre mondiale, l’administration désigne les vaquelottes (désormais pour la plupart motorisées) sous le nom de lougre : confusion du scribe ou obscure réminiscence de la parenté entre les deux types de navires?

     

    Préciser la date d’apparition de la vaquelotte dieppoise relève de la gageure. Essayons cependant. Le lougre est inconnu des pêcheurs de la fin du 18e siècle, et selon l’ingénieur normand Forfait ce type de navire a été adopté par la marine royale au cours de la Guerre de l’Indépendance américaine (1776-1783). Il a ensuite été préféré par les corsaires et les contrebandiers de la Première République et de l’Empire. (Pour s’en convaincre, il faut revoir l’élégante maquette, également conservée au Château- Musée de Dieppe, (photographies dans Beaudouin 1990, p. 220) du lougre corsaire boulonnais (ou dunkerquois) l’Adolphe, construit à Dieppe en 1804. Avec 50 hommes et quelques canons, le capitaine JJ. Fourmentin écuma la Manche orientale durant 3 ans. Seul ou en association avec d’autres collègues, il amena 8 prises à Dieppe avant d’être lui-même capturé, le 4 décembre 1807, par le HMS Leda. L’équipage, qui comprenait plusieurs Dieppois, resta emprisonné jusqu’en mai 1814). Les pêcheurs dieppois, empêchés d’exercer leur métier à cause du blocus imposé par les frégates britanniques, n’eurent d’autres ressources que de fournir des équipages à ces navires, dont ils purent ainsi apprécier la maniabilité et la vitesse. Après 1815, quand il fallut reconstituer la flottille de pêche, pourquoi les constructeurs et les marins dieppois, renonçant à leurs antiques et lourdes gondoles, ne se seraient-ils pas inspirés des lougres en les adaptant à leurs besoins et à leurs disponibilités financières ? Lougres francs de grande taille, à trois mâts, pour les riches armateurs (Un autre modèle dérivé du lougre connut également un beau succès: c’est le flambart, à deux mâts, sans tape-cul, qui à Dieppe pratiqua la pêche au chalut à perche jusque vers 1890, date à laquelle il fut abandonné au profit des grandes barques chalutières gréées en cotre), modèles réduits à deux mâts, les vaquelottes, pour les moins fortunés.

     

    C’est une belle histoire, complexe à souhait, qui est résumée ici. Ne dissimulons pas toutefois qu’elle est largement conjecturale. Cependant le mot vaquelotte semble bien être d’origine dieppoise. Quant au navire lui même, les marins et constructeurs dieppois paraissent avoir joué un rôle important, peut-être décisif, dans sa mise au point. C’est ce que j’ai tenté de montrer dans cet essai, dont l’intérêt est autant de susciter les critiques que d’ouvrir de nouvelles voies de recherche.

     

    Vaquelotte2

     

    Evolution probable du lougre à la vaquelotte par
    – réduction de la taille;
    – disparition du grand mât;
    – agrandissement relatif de la voile de misaine qui devient la grandvoile de la vaquelotte.
    Légende:
    b = boute-hors de foc = beaupré;
    ch = chevalet = miche = gibet;
    f= foc;
    gm = grand mât (du lougre) ;
    h = hunier (du lougre) ;
    m = misaine, bourcet ;
    mm = mât de misaine;
    mt-c = mât de tape-cul;
    q = boute-hors du tape-cul=queue de malet;
    t-c = tape-cul;
    t-v = taille-vent = grand’voile (du lougre) ;
    v = vergue de misaine, de taille-vent, de tape-cul, de hune.

     

    Vaquelotte3

    l’Emile Julia (Di 317), vaquelotte non pontée (« canot » pour l’ administration) de 8,12 tx, construite à Dieppe en 1897 pour Emile Cointrel, entrant dans le port de Dieppe en compagnie de deux autres vaquelottes non identifiées. Notez le guindeau, l’absence de foc, le tape-cul bômé et l’utilisation des avirons.

     

    Vaquelotte4

    l’Evode Elise (Di 457), vaquelotte pontée (« lougre » pour l’administration) de 3,55 tx, appartenant à Louis Lecoq, à marée basse, dans l’avant-port du Tréport, armée pour la pêche aux harengs. Construite à Saint-Valery-sur-Somme vers 1896 et immatriculée à Dieppe en 1904. Notez le long boute-hors de foc apiqué vers le bas, le cabestan à volant et manivelle à main, les étentes en train de sécher, et les voiles serrées autour des vergues.

     

    Vaquelotte5

    Le Saint Joseph (Di 737), vaquelotte pontée (« canot » pour l’administration) de 12 tx, construite à Cayeux en 1908. Achetée en 1918 par M. Lenfant du Tréport. Bien que faisant momentanément (le dimanche ?) des promenades en mer, la vaquelotte est armée pour la pêche au chalut à perche (visible ici à tribord) à l’aide d’un cabestan à volant et manivelle à main. Un ris dans le bourcet et tape-cul serré autour de sa vergue. La photographie montre bien les détails de l’avant avec la coëffe portant l’emplanture du mât de misaine (à section carrée à la base), le boute-hors emmanché à bâbord dans un collier, et le croc d’amure de la voile.

     

    Vaquelotte6

    L’Idéal (Di 766), vaquelotte pontée (« cotre » [sic !] pour l’administration) de 15 tx, construite à Fécamp en 1911, immatriculée à Dieppe-le-Tréport entre 1919 et 1927. Le gréement est bien complet de ses trois voiles : le bourcet et le tape-cul avec vergues très apiquées, le foc et les boute-hors.

     

    Vaquelotte7

    Une vaquelotte à moteur des années 1930 : La Croix Bleue (Di 1100), vaquelotte pontée de 11,54 tx nets et 4,51 bruts, à moteur de 40 CV, construite à Fécamp en 1932 pour Joseph Victor Vatinel, et armée à Dieppe de 1932 à 1954. En haut: exposée sous grand pavois (probablement le jour de son baptême) dans le Bassin Duquesne. Boute-hors de foc légèrement apiqué. Vergue du bourcet autour de laquelle la voile est serrée, reposant sur un petit chevalet. Moteur protégé sous une tire située en avant du cabestan et de l’entrée du poste.

     

    Vaquelotte8

    Le long du Quai du Carénage à Dieppe, prête à partir à la pêche. Pont encombré de mannes (= paniers) où sont rangées les lignes. Les voiles ne semblent plus d’un usage constant: le mât de misaine est rabattu et le tapecul serré autour de sa vergue.
    Auprès de la Croix Bleue, la Notre-Dame-de-Lorette (Di 1117), vaquelotte pontée de 17,32 tx nets et 2,75 bruts, construite à Dieppe en 1932 pour Adrien Lourmel, du Tréport.

    Gérard Bignot

     

     

    Barfleur-vaquelotte

    Sur cette photo de Barfleur, on voit bord à bord l’Ernest (LH 253), le Saint Pierre (LH 244) et l’Aimée Marie (LH 185). Cette dernière, qui est de toute évidence une « vaquelotte » a été enregistrée comme bateau. Elle a été construite en 1887 soit avant l’Assomption (LH 207) qui a été construite un an plus tard. Le LH 244 a également été enregistré comme bateau.

     

    LH 185

    LH 207

    LH 244

    LH 253

     

    Il est sans doute impossible de retrouver quel est le premier canot de Barfleur que l’on pourrait considérer comme une vaquelotte : de toute évidence ce n’est ni Ernest ni l’Assomption ; mais Ernest est le premier qui a été enregistré comme tel dans le registre des matricules qui est en ma possession.

    François Pochon

    J’espère que cet article vous aura plu et été utile, et peut-être verrez vous les canots de Barfleur autrement !

    Lebosco

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    1. Marcel Debêque
      Publié dans 14/03/2018 le 07:29

      excellent article , bien documenté et précis , qui éclaire encore un peu plus sur l’origine de ces petites embarcations gréées en bourcet-malet , et leur évolution en Normandie …

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