• Le dernier combat du corsaire « Le Renard »

     

     

    Le dernier combat du corsaire « Le Renard »

     

     

    Robert Surcouf
    (1773 Saint-Malo – 1827 Saint-Servan)

     

     

    Il fut le dernier corsaire et grand armateur Malouin. Né dans une famille d’armateurs et de corsaires, Robert Surcouf se dirige tout naturellement vers la mer.

     

     

    Surcouf_Dielette (2)

     

    Mousse à 13 ans, il embarque sur des navires négriers qui naviguent au Mozambique et à Madagascar.
    D’un caractère ferme et résolu, il s’engage comme volontaire à 15 ans et demi sur « L’Aurore ». Cet embarquement lui fait découvrir l’océan Indien, Pondichéry et l’île de France (actuellement l’île Maurice) qui seront le principal théâtre de ses exploits. À partir de 1794, il participe, comme corsaire, à des combats pour la marine royale, infligeant de sévères pertes au commerce anglais.
    A 22 ans, il est Capitaine du « Cartier », avec ses 18 compagnons, il capture le » Triton », navire de commerce armé de 26 canons, monté par 150 hommes d’équipage et faisant 1000 tonneaux.
    Au cours de brillantes campagnes dans l’Océan Indien et dans l’Atlantique, de 1795 à 1798, il fait une vingtaine de prises qui lui valent son surnom d’« Ogre du Bengale » et une fortune considérable. Le tableau de chasse se complète notamment par un trois mâts de 800 tonneaux, et un « Indiaman » de 1200 tonneaux.
    Sa légende est née et ne sera qu’amplifiée 5 ans après par la prise du « Kent », vaisseau britannique fort de 26 canons, 12 caronades, 437 hommes et faisant 1200 tonneaux, par son navire « La Confiance », une petite merveille de 364 tonneaux, armé de 18 canons et de 185 hommes d’équipage.
    Mais il refuse de travailler pour la marine impériale et de 1803 à 1816, Surcouf devient armateur et fait naviguer pour son compte une quinzaine de bâtiments. Tout au long de sa carrière, il se signale par des qualités de marin et une audace exceptionnelle, alliées souvent à une part de chance qui lui valent sa grande popularité en Bretagne.

     

     

    Surcouf_Dielette (1)

     

     

    Dans les derniers mois de l’année 1812, Robert Surcouf arme le « Renard », un cotre de 70 tonneaux, 10 caronades et 4 canons, embarquant 46 hommes d’équipage. Comme à son habitude, il met en application les derniers perfectionnements maritimes pour faire de son bateau un navire rapide et puissant. C’est au « Renard » que reviendra le triste et glorieux privilège de remporter le dernier combat corsaire.

     

     

    C’est sur les indications de Robert Surcouf lui-même que vers la fin de l’année 1812, le Renard va être construit. Les plans de ce bâtiment ne sont malheureusement pas parvenus jusqu’à nous mais on sait que Surcouf avait choisi le type cotre, ce qui conférait au navire une très bonne marche et une excellente maniabilité. D’inspiration nettement britannique, le cotre ou « cutter » est étroitement apparenté au sloop. Son gréement très caractéristique ne comporte qu’un seul mât, généralement « à pible », c’est-à-dire en une seule partie. Le beaupré peut-être fixe ou amovible ce qui, dans ce dernier cas, permet d’en augmenter ou d’en diminuer la longueur. Tous les cotres sont munis d’une grande voile aurique et la plupart disposent également d’une vergue permettant d’établir une fortune carrée pour le vent arrière. On y ajoute souvent un hunier et parfois même un perroquet. La marine de guerre utilise également des cotres et des lougres.

     

     

    Certains constructeurs, tels Denys, Segondat, Guignace et quelques autres vont faire naître des séries particulièrement réussies et il est très probable que le constructeur du Renard s’en soit largement inspiré. On sait que le Renard était long d’environ 30 mètres, ce qui peut sembler beaucoup pour la réalisation d’un bordé à clins (encore que des unités plus importantes aient été construites de cette manière). Il est cependant plus vraisemblable qu’il est été bordé à francs bords, la carène étant dans ce dernier cas protégée par un doublage en cuivre rouge.
    Dans un cas comme dans l’autre, on disposait d’un bâtiment à la fois robuste, rapide et maniable. Par ailleurs, Robert Surcouf en étant l’armateur, tout laisse à penser que la construction du Renard avait été particulièrement soignée. Lors de sa première campagne sous les ordres du capitaine Aimable Sauveur, le Renard portait quatorze canons, probablement de 4 ou de 6 livres. Par la suite, cet armement va être modifié.

     

     

    En 1774, la fonderie de Carron en Écosse, réalise à la demande de la Compagnie des Indes Orientales, une bouche à feu d’un type nouveau. Il s’agit d’un canon court et léger, destiné à lancer soit de la mitraille, soit un obus. Très rapidement, la marine militaire va adopter la caronade qui perdra un « r » en se popularisant. En France, on ignore superbement cette nouvelle artillerie et on ira même jusqu’à prétendre qu’elle est plus dangereuse pour ses servants que pour ceux dont elle est la cible. La capture de la frégate l’Hébé en septembre 1782 par le Rainbow armé de caronades de 68 et 42 va apporter un cruel démenti à cette opinion. Notre marine militaire utilisera des caronades de 12, 18, 24, et 36 livres. Les navires marchands et les corsaires utiliseront quant à eux, des pièces de moindre calibre.

     

     

    Sur le Renard, 10 canons vont être remplacés par des caronades de 8 à brague fixe. Elles sont pratiquement identiques aux caronades de 12 utilisées par la marine militaire. Pour les servir, elles n’exigent que quatre hommes : un chef de pièce, deux servants et un pourvoyeur qui va chercher la poudre pendant le combat. Les caronades du Renard ne tirent plus de boulets explosifs ; ce serait trop dangereux à cause des nombreuses matières inflammables qui sont à proximité. On les charge à mitraille. Le projectile est constitué par un disque en bois d’un diamètre égal au calibre de la pièce. Sur ce disque, un axe également en bois autour duquel sont disposées des billes de fer retenues par un filet à grosses mailles. Les hommes ont surnommé cet ensemble « la grappe de raisins ». Pour qui la reçoit, l’effet est dévastateur. Bien entendu, la caronade peut également lancer un boulet mais dans ce cas, sa portée est inférieure à celle d’un canon, même d’un calibre plus petit.
    C’est pourquoi, le Renard conservera quatre canons de 4, probablement disposés à l’avant et à l’arrière. A cet armement collectif, vient s’ajouter un impressionnant arsenal d’armes à feu individuelles ainsi qu’une grande variété d’armes blanches destinées à servir en cas d’abordage.

     

    Gérard Piouffre

     

    Combat Naval du côtre RENARD et la goélette ALPHÉA

     

    Contrat d’Armement du RENARD de Robert SURCOUF.

     

    (En cliquant sur les pages, elles s’ouvrent dans un nouvel onglet dans lequel vous pouvez zoomer.)

     

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    Sur les douze pages suivantes figure le rôle d’équipage du Renard en date du 4 mars 1813. Le cutter le Renard, de 70 tonneaux, armé de 14 canons, appartenant à M. Robert Surcouf et armé par lui pour aller faire la course, était commandé à cette date par le capitaine Aimable Sauveur. Mais à la date du 10 septembre 1813, il était commandé par le capitaine Le Roux Emmanuel-Yves, de Saint-Malo.

     

     

     

    Liste des membres d’équipage du RENARD à la date du 10 septembre 1813 :

    Le RouxEmmanuel-YvesCapitaineSaint-Malo
    CalipetFrançois, Pierresecond CapitaineSaint-Servan
    HerbertJean, Simon2ème lieutenantSaint-Servan
    DevosRobert1er lieutenantSuède
    HinelJean, PierrechirurgienSaint-Malo
    LavergnePierre, BenicenseigneSaint-Malo
    RobberechtsJean, GuillaumeenseigneSaint-Malo
    RogerFrançoismaître d'équipageBaltimore (E-U)
    RobinMichel, AlaincontremaîtreSaint-Servan
    JouanneFrançoiscommis aux vivresSaint-Malo
    CarbonnierPierre, FrançoiscuisinierParis
    PleslinJean, Louiscuisinier coqSaint-Servan
    CherdelLouisengagé volontairePlessy Moncontour
    GlareJosephtonnelierSaint-Malo
    DuboisJean-Julienengagé volontairePlerguer
    MartinGuillaumecanonnierSaint-Servan
    OriaFrançois-MariematelotDinan
    ChristopheJeanmatelotNantes
    Le MarchandJulien, FrançoismatelotSaint-Coulomb
    ClarettaAntoine-JosephmatelotSéruval (Portugal)
    De OliveiraAntoniomatelotPortugal
    DacognaJosephmatelotPortugal
    De SouzaManuelmatelotAçores
    JoaoFranciscomatelotPorto
    Da RochaJosephmatelotPorto
    MartinManuelmatelotportugal
    CondepeicesAntoniomatelotAçores
    Da SilvaManuelmatelotPorto
    BrulonJosephmatelotSaint-Servan
    DimitryGeorgesmatelotPhiladelphie
    ChartonJeanmatelotPlouër
    BorgstromEricmatelotSuède
    De OliveiraJuanmatelotAçores
    PonaManuelmatelotNice
    VayvaFrançois-Jean-MariematelotSaint-Servan
    HelbertFrançois-MathieumatelotCancale
    PelletierThomasmousseSaint-Malo
    GuénardPierremousseSaint-Servan
    ThomasPierremousse
    MonnierPierremousseSaint-Malo
    Le RoyJeanmousseSaint-Malo
    Le BailJean-MariepiloteLannion
    GeorgesManuelmatelotÎle de Rhodes
    BassetThomasmaître-canonnierBaltimore
    AbbyAbadiahmaître-charpentierConnecticut
    RodereckPetermatelotNew-York
    KeiderMartin, Manuelmatelot
    CookgeorgesmatelotPhiladelphie
    BragajaMathieumatelotTrieste
    LoganThomasmatelotNew-York
    DenisPierrenoviceSaint-Malo
    MorelToussaintmousseSaint-Servan
    ArbeuvThomasmatelotNorvège
    GauthierAugustevolontaireÉtables
    RiouYvesmatelotPlouarer
    Le FlemYvesmousseLannion
    Duval-RamerieLouis Michel2ème lieutenantErnée
    GonéensGabrielmatelotBréhat
    PocheVincentmatelotPommerit-Jourdit
    Le BellJeanvolontaireBrest
    MenouPierrevolontairePlouhan
    BerthelotAuguste2ème lieutenantÎle de France

     

     

     

     

    Combat-Renard (1)Combat-Renard (2)Combat-Renard (3)Combat-Renard (4)Combat-Renard (5)Combat-Renard (6)Combat-Renard (7)Combat-Renard (8)Combat-Renard (9)Combat-Renard (10)Combat-Renard (11)Combat-Renard (12)Combat-Renard (13)Combat-Renard (14)Combat-Renard (15)Combat-Renard (16)Combat-Renard (17)Combat-Renard (18)

     

     

    A quoi ressemblait le port de Dielette au 18ème siècle.

     

     

    Plan levé et gravé par Villaret (1731)

     

    Surcouf_Dielette (6)

     

     

    et un extrait du cadastre Napoléon

     

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    Vues du Port de Diélette à la fin du 19 ème siècle

     

     

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    Surcouf_Dielette (8)

    Surcouf_Dielette (9)

    Surcouf_Dielette (10)

     

     

    FIN

     

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